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AFP, 14 février 2011

Côte d’Ivoire : Deux banques privées ferment


Le siège du Trésor national en feu, à Abidjan, le 8 février 2011

Les filiales ivoiriennes de la banque française BNP Paribas et de l’Américaine Citibank ont fermé, lundi 14 février 2011, une décision jugée "illégale" par le gouvernement du président sortant, Laurent Gbagbo, en bataille financière avec son rival, Alassane Ouattara.


Côte d’Ivoire

Le camp Ouattara tente de couper les vivres au régime Gbagbo, qui réplique en s’efforçant notamment de mettre sur pied un système bancaire viable à l’échelle ivoirienne. Cette bataille fait suite à la reconnaissance de M. Ouattara comme président ivoirien par la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), basée à Dakar. Les sièges de la la Banque internationale pour le commerce et l’industrie en Côte d’Ivoire (BICICI, groupe BNP Paribas) et de la banque américaine Citibank étaient fermés, lundi 14 février 2011, à Abidjan, a constaté un journaliste de l’AFP. Sur son site internet, la BICICI a indiqué qu’elle suspendait "provisoirement" ses activités à partir de lundi 14 février. "Ces derniers jours ont (...) vu s’accroître la confusion juridique et réglementaire liée à la situation particulière du pays", a-t-elle expliqué. "Nous ne sommes plus aujourd’hui en mesure d’assurer nos activités dans des conditions satisfaisantes de sécurité juridique et comptable pour nos clients, ni de sécurité physique pour nos employés", a-t-elle souligné. La BICICI, présentée comme la deuxième banque en Afrique francophone, espère "un retour à la normale dans les meilleurs délais". Devant le siège de la BICICI, à Abidjan, les nombreux clients qui trouvaient porte close lundi hésitaient entre dépit et colère. "C’est criminel", s’est écriée une cliente, tandis qu’un autre demandait : "c’est ça, l’asphyxie financière de la France ?" Une source au sein de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire (APBEFCI) a confirmé que Citibank avait également décidé de fermer pour le moment dans le pays.

Un marché, à Abidjan, le 9 février 2011

Dans un communiqué lu sur la télévision publique ivoirienne RTI, le ministre du Budget du gouvernement Gbagbo, Koné Katinan, a condamné "le caractère illégal" de la décision de fermeture des agences de la BICICI et de Citibank. "Cette décision se situe dans le prolongement des manoeuvres initiées pour punir le peuple ivoirien pour son soutien à la légalité constitutionnelle", a-t-il affirmé en référence à la réélection de M. Gbagbo, le 28 novembre 2010, contestée par M. Ouattara et une grande partie de la communauté internationale, dont l’ex-puissance coloniale française et les Etats-Unis. "La BICICI et la Citibank violent les droits des épargnants ivoriens en confisquant les dépôts de la clientèle", a-t-il accusé, avertissant que le gouvernement Gbagbo "ne saurait tolérer ces actes de défiance".

Agence France Presse

Justin Koné Katinan

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