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dimanche 25 juin 2017
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AP, 16 février 2011

Corruption : 1,3 milliard d’euros de financements bancaires a été accordé aux familles de l’ancien couple présidentiel tunisien


Vue du siège de la Banque centrale de Tunisie, à Tunis

Les familles Ben Ali/Trabelsi du président tunisien déchu et de son épouse ont bénéficié de financements bancaires évalués à 2,5 milliards de dinars (près de 1,3 milliard d’euros), a révélé, mercredi 16 février 2011, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Mustapha Kamel Nabli.


Tunisie

Lors d’une conférence de presse, le patron de la Banque centrale de Tunisie a précisé que ce montant qui équivaut à 5 % de l’ensemble des financements octroyés par les établissements bancaires, est allé à 23 groupes comptant 182 entreprises économiques détenues par les proches de l’ex-couple présidentiel. Plus de la moitié des crédits, soit 1,3 milliard de dinars (675 millions d’euros) sont allés à quatre grands groupes. Il s’agit, a-t-il dit, de "Carthage Cement" et "Société tunisienne de sucre" dont les capitaux sont détenus en partie par Belhassen Trabelsi, frère de l’épouse de Zine El Abdine Ben Ali, Leïla, qui a fui au Canada, de l’opérateur téléphonique privé "Tunisiana", dont 25 % du capital a été racheté majoritairement par le gendre des Ben Ali, Mohamed Sakhr Materi, et "Orange Tunisie", dont 51 % du capital est détenu par un autre gendre des Ben Ali, Marouane Mabrouk et son épouse Cyrine. Selon le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, 71 % de ces financements, soit 1,77 milliard de dinars (916 millions d’euros) sont à "faible risque" du fait des garanties financières et immobilières pouvant les couvrir. En revanche, 430 millions de dinars (222 millions d’euros) présentent des risques à des degrés divers. Aux yeux de M. Nabli, ce n’est pas tant l’enveloppe des financements qui importe, mais plutôt leur impact sur la situation des banques prêteuses, dans la mesure où la moitié de ces 222 millions d’euros peuvent ne plus être récupérée. Il a fait valoir que ces banques peuvent néanmoins résorber ces pertes, mais ceci se répercutera sur leurs bénéfices. M. Nabli a plaidé pour la poursuite des activités des entreprises en question, pour préserver les emplois et en assurer la rentabilité économique, tout en gérant leur propriété par voie judiciaire. Interrogé sur les avoirs détournés par les responsables de l’ancien régime et leurs proches à l’étranger, le gouverneur de la banque centrale de Tunisie a relevé "l’impossibilité à l’heure actuelle d’avancer des chiffres précis". "La procédure est loin d’être facile et prendra du temps. Nous espérons en récupérer la plus grande partie et nous avons mis des mécanismes pour agir rapidement. C’est une course contre la montre", a-t-il dit.

Associated Press

Mustapha Kamel Nabli

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source