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AFP, 19 février 2011

Informations internationales : Navi Pillay dénonce la répression des manifestants arabes


Un manifestant blessé, à l’hôpital de Taiz, au Yemen, le 18 février 2011

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a condamné, vendredi 18 février 2011, les réactions "illégales et excessivement répressives" de gouvernements au Moyen-Orient et en Afrique du nord contre des "demandes légitimes" de la population.


Des manifestants blessés par balles, à Manama, au Bahrein, le 18 février 2011

Dans le sillage des révoltes populaires qui ont entraîné la chute de Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie et celle de Hosni Moubarak en Egypte, la vague de contestation contre les régimes autoritaires continuait de s’étendre, vendredi 18 février 2011, à travers le monde arabe, réprimée par des démonstrations de force qui ont fait des dizaines de morts cette semaine.

Le cadavre d’un manifestant est lavé avant son enterrement, à Sitra, au Bahrein, le 18 février 2011

"La nature et l’ampleur des violations des droits de l’homme qui ont lieu dans plusieurs pays de la région en réponse à ceux qui manifestent pacifiquement pour défendre leurs droits fondamentaux et leur liberté sont alarmantes", s’est inquiétée Mme Pillay, citée dans un communiqué. Mme Pillay "condamne les réactions illégales et excessivement répressives de nombre de gouvernements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord face aux demandes légitimes de la population". "Les informations selon lesquelles des responsables de la sécurité en tenue civile sont utilisés contre des manifestants sont très préoccupantes", a-t-elle poursuivi. Elle a dénoncé les décès, détentions arbitraires, tortures, interdictions arbitraires contre le droit de manifester ou encore les restrictions d’accès à internet qui ont été rapportés dans la région. "Le Moyen-Orient et la région d’Afrique du nord débordent de colère", en raison de la crise, mais aussi à cause de "décennies durant lesquelles les aspirations des populations à exercer leur droits civils et politiques mais aussi économiques, sociaux et culturels ont été négligés", a souligné Mme Pillay. "La volonté du peuple doit être la base de l’autorité d’un gouvernement", a rappelé la responsable onusienne, déclarant que les principes clés de la liberté d’expression et du droit à se réunir de la Déclaration universelle des droits de l’homme devaient être respectés dans tous les pays de la région. "Les manifestants appellent à la justice, au respect de leurs droits", a-t-elle martelé. "Les gouvernements doivent répondre (à ces appels). En ayant recours à des mesures répressives, ils ne font qu’attiser les frustrations, la colère, l’instabilité, ce qui n’est certainement pas dans l’intérêt national". "Il est urgent de faire des réformes politiques et économiques", a exhorté l’ancienne juge sud-africaine. Déplorant les décès ces dernières semaines de manifestants en Algérie, en Iran, en Irak, en Libye, au Yémen ou à Bahreïn, Mme Pillay a particulièrement condamné "l’utilisation de la force par des représentants de la sécurité en Libye qui auraient provoqué la mort de plus de 20 personnes". Elle s’est montré "extrêmement préoccupée" par le fait que des parlementaires iraniens aient réclamé l’exécution de certains responsables de l’opposition. Elle a condamné l’utilisation contre les manifestants d’armes à électrochocs ou de matraques au Yémen, de balles réelles en Libye et à Bahreïn. La responsable des droits de l’homme de l’ONU s’est dite "perturbée" par "les attaques délibérées des forces de sécurité visant certaines professions", relevant "les agressions contre les journalistes, les avocats ou les défenseurs des droits de l’homme".

Agence France Presse

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