Le président par intérim, Fouad Mebazza, a signé, samedi 19 février 2011, un décret d’amnistie générale des détenus politiques, afin d’ouvrir la voie à des élections pacifiques dans le courant de l’année, rapportent les médias officiels. Cette mesure correspond à une promesse faite par le nouveau pouvoir moins d’une semaine après la chute, à la mi-janvier, du président, Zine El Abdine Ben Ali, à la suite d’un soulèvement populaire. D’après ces médias, le nouveau gouvernement espère que cette mesure mettra un point final à une ère de répression et fournira le cadre adéquat pour la tenue des élections. Selon des estimations émanant d’organisations de défense des droits de l’homme, le pays comptait un millier de détenus politiques après vingt-trois ans de régime du "raïs" de Carthage qui avait mis hors-la-loi l’opposition islamiste et réprimé d’une main de fer toute voix discordante.
Par ailleurs, quelque 15000 Tunisiens ont manifesté, samedi 19 février 2011, sur la principale artère de la capitale, pour dénoncer la mouvance islamiste en appelant à la tolérance en matière confessionnelle, au lendemain de l’annonce, par le ministère de l’Intérieur, de l’assassinat d’un prêtre polonais par un groupe extrémiste. "Le terrorisme n’est pas tunisien" et "La religion est une affaire privée", scandait notamment la foule. Les forces de sécurité sont restées très discrètes aux abords de l’avenue Bourguiba, même si un périmètre de sécurité a été maintenu devant le bâtiment du ministère de l’Intérieur. Depuis le renversement de Zine El Abdine Ben Ali, la mouvance islamiste tunisienne montre des signes d’organisation. Ces dernières semaines, les islamistes ont ainsi fait pression sur le pouvoir pour fermer au moins trois maisons de passe.
Tarek AMARA et Jean-Loup FIEVET