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Reuters, 19 février 2011

Côte d’Ivoire : Tirs à balles réelles contre des manifestants

Suivi d’un commentaire

par Loucoumane COULIBALY, Guy KERIVEL et Philippe BAS-RABERIN


Scène d’émeute à Abidjan, le 19 février 2011

Les forces de sécurité ivoiriennes ont fait usage de balles réelles et de grenades lacrymogènes, samedi 19 février 2011, à Abidjan, pour disperser des centaines de manifestants qui réclamaient le départ de Laurent Gbagbo, ont rapporté des témoins en faisant état de deux morts.


Côte d’Ivoire

L’ancien Premier ministre Alassane Ouattara, reconnu par la communauté internationale comme vainqueur du second tour de l’élection présidentielle, le 28 novembre 2010, avait appelé ses partisans à manifester à partir de samedi 19 février 2011 pour forcer Laurent Gbagbo à abandonner le pouvoir. Inspiré par les récents exemples tunisien et égyptien, Alassane Ouattara espère que ce mouvement de protestation entraînera la chute de son rival. En réponse à cet appel, le camp Gbagbo a annoncé l’instauration d’un couvre-feu nocturne durant le week-end. Il doit être levé, dimanche 20 février 2011 au matin. Depuis le scrutin contesté de la fin novembre 2010, la violence politique a fait 300 morts dans le pays, en majorité des partisans d’Alassane Ouattara, selon les Nations Unies. La semaine dernière, les forces loyales à Laurent Gbagbo ont tué au moins 6 personnes à Abobo.

Scène d’émeute à Abidjan, le 19 février 2011

Selon des témoins, des centaines de jeunes s’étaient rassemblés dans le quartier abidjanais d’Abobo, favorable à Alassane Ouattara, mais des soldats et des policiers les ont dispersés. Abobo a souvent été le théâtre d’accrochages entre civils et forces de sécurité. "Les jeunes de l’opposition ont commencé à se rassembler sur un rond-point d’Abobo, ce matin, mais les forces de sécurité sont arrivées avec des véhicules blindés. Elles ont lancé des grenades lacrymogènes et tiré en l’air", a déclaré Tieba Doumbia, âgé de 30 ans, un commerçant du quartier. L’une des grenades lacrymogènes est tombée sur un marché voisin, forçant des dizaines de femmes à prendre la fuite, a-t-il ajouté. Une femme a été tuée par une balle perdue, a dit un témoin, Abdoulaye Traoré, dont l’information a été confirmée par un responsable au siège de l’état-major de l’armée. D’autres témoins ont dit qu’un manifestant avait aussi été blessé par balle. Des manifestants ont également pillé un grand magasin appartenant à un homme d’affaires libanais considéré comme un proche du président sortant. La Côte d’Ivoire abrite une influente communauté libanaise et beaucoup de commerçants libanais passent pour des partisans de Laurent Gbagbo. L’ambassadeur du Liban avait été l’un des deux ambassadeurs accrédités à Abidjan, avec celui de l’Angola, à avoir assisté à la prestation de serment du président sortant. Par ailleurs, à Koumassi, autre quartier d’Abidjan, une personne au moins a été tuée et cinq autres ont été blessées par balles, a déclaré un habitant, Didier Houndesso. "J’ai vu le corps et les blessés. Les forces de sécurité tirent des coups de feu depuis ce matin", a-t-il dit.

Loucoumane COULIBALY, Guy KERIVEL et Philippe BAS-RABERIN

Scène d’émeute à Abidjan, le 19 février 2011

Commentaire

On constate, une fois de plus, que les forces de l’ONU, censées protéger la population, ne lèvent pas le plus petit doigt pour empêcher les crimes et les exactions.

Frank BRUNNER

AUTEURS 

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