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Reuters, 25 février 2011

Algérie : L’état d’urgence est officiellement levé

par Christian LOWE et Philippe BAS-RABERIN


Manifestation d’étudiants, à Alger, le 21 février 2011

L’Algérie a officiellement levé, jeudi 24 février 2011, l’état d’urgence en vigueur depuis dix-neuf ans dans le pays, répondant ainsi à une exigence de l’opposition dans un contexte de révoltes populaires à travers le monde arabe.


Algérie

Un décret signé par le président, Abadelaziz Bouteflika, et levant l’état d’urgence, est entré en vigueur après sa promulgation au Journal officiel. L’état d’urgence avait été décrété, en 1992, dans le cadre de la lutte menée par les autorités contre l’insurrection islamiste. Mais celle-ci est retombée depuis quelques années et les opposants au gouvernement estiment que l’état d’urgence est utilisé pour limiter les libertés publiques. La levée du dispositif aura peu d’implications concrètes, le gouvernement ayant aussi adopté de nouvelles règles qui autorisent l’armée à jouer un rôle dans la sécurité intérieure, comme elle le faisait précédemment. Le président Bouteflika, âgé de 73 ans, a indiqué, ce mois-ci, que les manifestations de protestation resteraient interdites dans la capitale pour une durée indéterminée. La levée des mesures d’exception était une revendication commune à tous les mouvements d’opposition qui ont participé à des manifestations hebdomadaires dans la capitale en prenant exemple sur les soulèvements survenus en Egypte et en Tunisie. L’un des organisateurs des manifestations a toutefois déclaré cette semaine à Reuters que la levée de l’état d’urgence était positive, mais insuffisante, et que le gouvernement devait renforcer les libertés démocratiques.

La police agresse des manifestants, à Alger, le 21 février 2011

Le gouvernement a approuvé, cette semaine, des mesures de lutte contre le chômage, qui s’élève à 10 % de la population active, selon les statistiques officielles, mais affecte un pourcentage de jeunes beaucoup plus important. Il est notamment prévu d’attribuer 1,38 milliard de dollars aux banques publiques pour le financement d’investissements à long terme, de réduire les cotisations sociales des entreprises pour les encourager à embaucher davantage et de soutenir le secteur agricole, l’un des principaux employeurs du pays, par des prêts à faible intérêt.

Christian LOWE et Philippe BAS-RABERIN

La police agresse des manifestants, à Alger, le 21 février 2011

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