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AFP, 26 février 2011

Côte d’Ivoire : Malmené dans l’ouest du pays, le camp Gbagbo s’en prend à l’ONU


Des commerces incendiés, à Abidjan, le 24 février 2011

Les ex-rebelles ivoiriens des Forces nouvelles (FN), qui tiennent le nord du pays, ont pris, vendredi 25 février 2011, deux localités de l’ouest, dans la zone sous contrôle du président sortant, Laurent Gbagbo, a-t-on appris de sources concordantes.


Côte d’Ivoire

Dans la localité de Zouan Hounien, proche de la frontière libérienne, des combats avaient opposé, jeudi 24 février 2011, éléments de l’ex-rébellion, alliée à Alassane Ouattara, reconnu chef d’Etat par la communauté internationale, et Forces de défense et de sécurité (FDS) fidèles à M. Gbagbo. Vendredi 25 février, les éléments des Forces nouvelles occupaient "toute la ville", a témoigné un habitant, interrogé par téléphone depuis Abidjan. Un responsable des Forces de défense et de sécurité dans la zone a confirmé la prise de la ville par le camp adverse, assurant qu’il s’agissait d’un "repli tactique" des forces pro-Gbagbo. Toutes les unités Forces de défense et de sécurité prépositionnées sur l’ancienne ligne de front coupant d’ouest en est le pays depuis les affrontements de 2002-2003 sont "en état d’alerte", a-t-il ajouté. En allant un peu plus au sud, les Forces nouvelles ont également pris, vendredi 25 février, la petite localité de Bin Houyé, ont rapporté des habitants. "Nous avons constaté que la ville est entièrement occupée par les soldats des Forces nouvelles. On les reconnaît à leurs treillis", a dit à l’AFP un instituteur. "Nous allons à Bloléquin (ville au sud-est de Bin Houyé) nous mettre à l’abri", a-t-il ajouté. Plus au sud, dans la même zone, des combats ont fait rage durant la journée à l’entrée de la grande ville de Toulépleu, ont indiqué des habitants. "On entend des coups de feu, des armes lourdes", a raconté l’un d’eux.

Une victime des soldats de Laurent Gbagbo se fait extraire une balle, à Abidjan, le 24 février 2011

Plus tôt dans la journée, Charles Blé Goudé, ministre de la Jeunesse et chef des "patriotes" partisans de Laurent Gbagbo, avait appelé les jeunes à "s’organiser en comités pour empêcher par tous les moyens", la force de l’ONU dans le pays de circuler, s’adressant à quelque 3000 personnes dans le quartier pro-Gbagbo de Yopougon. "Aujourd’hui, ce ne sont pas les rebelles qui nous font la guerre, c’est l’ONUCI qui nous la fait", a-t-il affirmé, appelant à créer des "comités d’autodéfense dans les quartiers". "Il faut éviter de tomber dans le piège de la guerre civile", a-t-il toutefois déclaré. "C’est le piège que nous tend l’ennemi. Je ne veux pas qu’à leur casse vous répondiez par la casse", a dit le ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo. La réunion publique s’est terminée dans une ambiance houleuse, et Charles Blé Goudé a été chahuté à sa sortie. Des militants ont manifesté leur colère, réclamant un mot d’ordre d’aller combattre le camp Ouattara. "On veut libérer, on veut libérer, on veut se battre !", criaient certains. "Nous sommes dans nos quartiers en train de souffrir et lui nous parle d’être calmes ! C’est de la foutaise ! On veut aller assiéger l’ONUCI. On va mourir, c’est vrai, mais on va libérer notre pays !", a expliqué à l’AFP un groupe de jeunes militants. Dans un communiqué publié à l’issue du conseil des ministres de jeudi 24 février, le gouvernement Gbagbo a dénoncé "l’attitude complice des forces onusiennes" dans "l’infiltration" de "rebelles" dans plusieurs quartiers d’Abidjan. Le camp Gbagbo réclame, depuis décembre 2010, le départ de l’ONUCI, qu’il accuse d’avoir pris parti pour son adversaire. Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a "fermement déploré" ces menaces. "Le secrétaire général déplore fermement les menaces proférées par le camp de Monsieur Gbagbo à l’encontre des Nations Unies, y compris l’appel récent d’entraver à partir d’aujourd’hui (vendredi 25 février) les mouvements des casques bleus à Abidjan", a-t-il dit, cité par son porte-parole, Martin Nesirky. "Il exige la cessation immédiate de ces menaces et des obstructions aux activités des casques bleus, notamment leurs efforts visant à protéger la population civile", a-t-il ajouté.

Agence France Presse

Des civils fuient les combats, à Abidjan, le 25 février 2011

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