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dimanche 23 juillet 2017
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La seconde guerre mondiale en photos 23

Les îles Salomon

Guadalcanal


Une formation de Avengers

Après la bataille de Midway, début juin 1942, la situation des alliés, dans le Pacifique, s’est améliorée. Les îles Hawaï n’étant plus menacées, les Américains ont décidé de prendre l’offensive contre les Japonais.


Guadalcanal

Cette offensive devait débuter par l’occupation des îles Santa Cruz et des Salomon orientales, en particulier Tulagi et Guadalcanal. Ce projet a été devancé par les Japonais. Le 5 juillet 1942, des avions de reconnaissance américains ont signalé que les Japonais construisaient un aérodrome à Guadalcanal, une île couverte de montagnes boisées. En raison du danger de voir des bombardiers japonais opérer depuis cette piste, les Américains ont décidé de s’en emparer en priorité.

L’aérodrome Henderson, sur l’île de Guadalcanal

Le 7 août 1942, une puissante force navale américaine débarquait des Marines à Tulagi et Guadalcanal. Dès le lendemain matin, l’aérodrome japonais de Guadalcanal, presque achevé, était occupé. Les Japonais se sont enfuis dans la jungle. La plupart étaient des ouvriers. Les Américains ont baptisé l’aérodrome de Guadalcanal Henderson Field et en ont aussitôt organisé la défense contre une éventuelle attaque terrestre. Le lendemain soir, les derniers Japonais avaient également été balayés de Tulagi.

Le croiseur USS Astoria au large de Tulagi, le 6 août 1942

Le croiseur australien HMAS Canberra au large de Tulagi, pendant le débarquement américain, le 7 août 1942

Arrimage d’une bombe sous un SBD Dauntless, à bord du porte-avions américain Enterprise, avant une attaque contre Guadalcanal et Tulagi, le 7 août 1942

Déchargement d’un tank Stuart M3A1 du cargo américain Alchiba, pendant les opérations du débarquement sur Guadalcanal, le 7 août 1942

Le 8 août 1942, aux premières lueurs du jour, la flotte américaine de débarquement était attaquée par 7 croiseurs japonais, à proximité de l’île de Savo. Les porte-avions américains s’étaient retirés pour se ravitailler. Sur 5 croiseurs alliés présents, 4 ont été coulés et le dernier a été gravement endommagé par les Japonais.

Le croiseur américain USS Quincy illuminé par des projecteurs japonais au cours de la bataille de l’île de Savo, le 9 août 1942

Heureusement, l’amiral japonais, redoutant une contre-attaque aérienne des porte-avions américains, s’est retiré sans avoir attaqué la masse des transports de troupes, désormais sans défense, qui mouillaient devant Guadalcanal.

Le 18 août 1942, des destroyers japonais ont débarqué 1500 soldats à proximité de Henderson Field, de part et d’autres de l’aérodrome, qui a aussitôt été attaqué. Les 1500 Japonais se sont fait balayer par les Marines. Le 19 août 1942, un nouveau convoi de débarquement japonais a appareillé de Rabaul, en Nouvelle-Bretagne, avec seulement 2000 soldats destinés à Guadalcanal, mais avec une puissante escorte dont l’objectif était la destruction du reste de la flotte américaine. Cette escorte comptait trois porte-avions, 2 cuirassés et 3 croiseurs. Avertis à temps par des guetteurs côtiers équipés de radios, les Américains ont rassemblé, au Sud-Est de Guadalcanal, une puissante force navale comptant trois porte-avions.

Des Marines sur l’île de Guadalcanal

Un tank Stuart M3A1 sur l’île de Guadalcanal

Le 20 août 1942, les Marines avaient achevé Henderson Field et l’aérodrome entrait en service. Mais la couverture aérienne est restée limitée.

Les débris d’un bombardier en piqué SBD Dauntless détruit au cours d’une attaque aérienne japonaise sur l’aérodrome Henderson, à Guadalcanal

Le 24 août 1942, le porte-avion japonais Ryujo a été repéré et coulé par les bombardiers des porte-avions américains. Lorsque les deux autres porte-avions japonais ont lancé leurs attaques, leurs avions étaient attendus par ceux des Américains. Sur 80 appareils japonais, plus de 70 ont été abattus. Le porte-avion Entreprise était le seul navire américain gravement endommagé. Au cours de la nuit, les deux flottes ennemies se sont retirées, chacune de leur côté.

Le porte-avions japonais Ryujo est attaqué par l’aviation américaine, le 24 août 1942

Une bombe japonaise explose sur le pont d’envol du porte-avions américain Enterprise, le 24 août 1942

Sous-estimant l’importance du débarquement américain à Guadalcanal, l’état-major japonais a procédé à une succession de petits débarquements sur l’île, dans le but de reprendre l’aérodrome et de chasser les Américains. A chaque fois, les navires japonais convoyaient quelques milliers de soldats escortés de bâtiments de guerre. Ces convois réguliers ont été surnommés « le Tokyo Express » par les Américains. Toutes les troupes débarquées qui ont attaqué l’aérodrome défendu par les Marines ont été repoussées avec de lourdes pertes.

Un soldat japonais s’apprête à lancer une grenade contre les positions américaines, sur l’île de Guadalcanal, en septembre 1942

Des mitrailleurs japonais sur l’île de Guadalcanal

En septembre 1942, des sous-marins japonais ont coulé les porte-avions américains Saratoga et Wasp, ce qui ne laissait que le Hornet en attendant que l’Enterprise ait achevé ses réparations.

USS Saratoga

Tandis que le porte-avions américain Wasp brûle à l’arrière plan, le destroyer O’Brien est torpillé par un sous-marin japonais, le 15 septembre 1942

Le porte-avions Wasp en feu

En octobre 1942, par suite des renforts convoyés, il y avait 22000 Japonais et 23000 Américains à Guadalcanal. L’aérodrome Henderson a été dévasté par un bombardement naval japonais. Une puissante attaque terrestre de l’aérodrome a de nouveau été repoussée par les Marines.

Des tanks japonais détruits à l’embouchure de la Matanikau, en octobre 1942

Plusieurs batailles navales ont encore eu lieu dans les environs de Guadalcanal. Le 26 octobre 1942, c’était la bataille des îles de Santa-Cruz, où le porte-avion américain Hornet était coulé et l’Entreprise à nouveau endommagé, tandis que les porte-avions japonais Shokaku et Zuhio étaient touchés. 70 avions japonais ont été abattus.

Des chasseurs s’apprêtent à décoller du porte-avions japonais Shokaku, le 26 octobre 1942

Un chasseur A6M2 s’apprête à décoller du porte-avions japonais Shokaku, le 26 octobre 1942

Le porte-avions américain Enterprise est attaqué par l’aviation japonaise, le 26 octobre 1942

Un bombardier en piqué japonais attaque le porte-avions américain Hornet, le 26 octobre 1942

Le 13 novembre 1942, les Américains ont perdu 2 croiseurs, tandis que les Japonais perdaient un cuirassé. La nuit du 14 au 15 novembre, les navires américains ont attaqué un convoi japonais escorté qui transportait 11000 soldats et du ravitaillement pour renforcer la force déjà à Guadalcanal. 7 transports de troupes ont été coulés pendant leur approche et 4 autres ont été détruits par l’aviation américaine après avoir atteint Guadalcanal, où seulement 4000 Japonais ont pu débarquer avec très peu de ravitaillement. Au cours de la bataille navale, les destroyers américains ont subi de lourdes pertes, mais le cuirassé japonais Kirishima a été détruit.

Le cuirassé Hiei manoeuvre pour échapper aux bombes de B-17, au nord de l’île de Savo, le 13 novembre 1942

Deux navires de transport japonais en feu, après une attaque aérienne américaine, sur le rivage de l’île de Guadalcanal, le 15 novembre 1942

Un canon antichar de 37 mm japonais abandonné sur l’île de Guadalcanal, en novembre 1942

Le 4 janvier 1943, l’état-major japonais s’est résigné à évacuer ses dernières troupes de Guadalcanal, où elles ne parvenaient qu’à mourir de faim et de maladies, dans la jungle, tandis que les Américains n’avaient cessé de se renforcer. Cette évacuation japonaise s’est achevée le 7 février 1943. Dans toute l’épopée de Guadalcanal, les Japonais avaient perdu 25000 hommes et au moins 600 avions avec leurs équipages bien entraînés.

Un chasseur américain F4F Wildcat sur l’aérodrome Henderson, à Guadalcanal, le 2 février 1943

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