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AFP, 2 mars 2011

Afrique : Le traité sur le partage des eaux du Nil est prêt


Le Nil vu par satellite

Le Burundi a signé le traité sur le partage des eaux du Nil, ouvrant la voie à la ratification de cet accord qui supprimera de facto le droit de veto historique de l’Égypte sur l’utilisation des eaux du fleuve, a-t-on appris, mardi 1er mars 2011, auprès de l’Initiative du bassin du Nil.


Le Nil Blanc en Ouganda

Le Nil, fleuve de 6700 km de long, est alimenté par le Nil Blanc qui prend sa source au Lac Victoria, en Afrique de l’Est, et le Nil Bleu qui trouve son origine sur les hauts plateaux éthiopiens. En mai 2010, après une décennie d’âpres discussions, quatre États du bassin du Nil -Ouganda, Rwanda, Tanzanie, Éthiopie- ont signé ce texte autorisant les pays en amont du fleuve à développer des projets d’irrigation et des barrages hydroélectriques sans être tenus d’obtenir l’accord préalable du Caire. Le traité de 2010 remet en cause un autre traité remontant à 1929 (amendé en 1959), signé entre le Caire et la Grande-Bretagne, puissance coloniale de l’époque, accordant la part du lion à l’Égypte et au Soudan. Aux termes de celui-ci, l’Égypte dispose d’un droit de veto sur tout projet en amont, barrage, station de pompage, grands travaux d’irrigation, etc. Les textes de 1929 et 1959 attribuent des quotas très favorables à l’Égypte (55,5 milliards de m3) et au Soudan (18,5 mds de m3), soit au total 87% du débit du fleuve.

Les chutes du Nil Bleu, en Ethiopie

La signature du Burundi, lundi 28 février 2011, et du Kenya, courant 2010, porte à six le nombre de pays signataires du traité du Nil, le minimum prévu par le traité pour son entrée en vigueur. Les Parlements des six pays signataires peuvent désormais ratifier le traité. L’Érythrée et le Sud-Soudan ont été autorisés à suivre les négociations sur le nouveau partage des eaux, mais n’ont pas le statut de partie au traité. Le Soudan et l’Égypte, qui ont boycotté la cérémonie de signature du nouveau traité, font valoir que de tels projets réduiraient considérablement le débit du fleuve sur leur territoire. L’Égypte, 80 millions d’habitants, tire du Nil environ 90 % de son eau. Le pays prévoit que, même en conservant les accords actuels, le fleuve ne suffira plus à ses besoins à partir de 2017. « Après la signature du Burundi, l’accord peut à présent entrer en vigueur », a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’organisation installée en Ouganda, Daniel Meboya. Les pays membres de l’Initiative du bassin du Nil ont écarté l’idée de rouvrir des négociations, mais l’organisation avait prévu en janvier un sommet extraordinaire pour aplanir les divergences. Cette réunion a été reportée en raison du soulèvement populaire en Égypte et pourrait avoir lieu à Nairobi prochainement, selon M. Meboya.

Agence France Presse

Le confluent du Nil Bleu et du Nil Blanc, à Khartoum, au Soudan

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