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ATS, 19 juin 2004

Haïti : Des milliers de Haïtiens manifestent en faveur de Jean-Bertrand Aristide

Suivi d’un commentaire


Manifestation en faveur de Jean-Bertrand Aristide, à Port-au-Prince, le 18 juin 2004

PORT-AU-PRINCE - Plus de 5000 partisans du président haïtien déchu Jean-Bertrand Aristide ont manifesté à Port-au-Prince leur soutien à un homme qu’ils considèrent toujours comme leur dirigeant légitime. Ils ont accusé les Etats-Unis d’avoir enlevé M. Aristide.


Affluant des bidonvilles de Port-au-Prince, les manifestants ont défilé pacifiquement dans le centre de la capitale haïtienne sous le regard attentif de plusieurs dizaines de US Marines et de membres de la police anti-émeutes haïtienne. Ils ont appelé l’administration Bush à laisser l’ex-président revenir en Haïti.

Manifestation en faveur de Jean-Bertrand Aristide, à Port-au-Prince, le 18 juin 2004

Jean-Bertrand Aristide a déclaré à plusieurs reprises avoir été enlevé sous la menace d’une arme par des agents de sécurité américains, et avoir été contraint à prendre contre son gré un avion pour la République centrafricaine le 29 février 2004. Washington affirme pour sa part qu’Aristide a démissionné volontairement face à l’encerclement de la capitale par des insurgés.

Les insurgés haïtiens accueillis par une foule en liesse, à Port-au-Prince, le 1er mars 2004, au lendemain du départ de Jean-Bertrand Aristide

"S’ils veulent nous tuer tous, c’est d’accord, mais nous ne connaîtrons pas le repos tant qu’Aristide ne sera pas rentré", a expliqué Lesly Gustave, l’un des organisateurs de la manifestation. Des manifestants ont échangé des insultes avec des soldats américains, déployés en Haïti dans le cadre d’une force de maintien de la paix, et les a exhortés à quitter le pays.

Les protestataires ont gagné les grilles du Palais présidentiel, proférant des insultes contre le nouveau gouvernement, soutenu par Washington. Ils accusent le Premier ministre Gérard Latortue d’arrestations arbitraires de membres du parti politique de la Famille Lavalas, la formation de M. Aristide.

Agence télégraphique suisse

Désigné par un "comité de sages" au poste de Premier ministre intérimaire, Gérard Latortue a restauré l’honneur du gouvernement , préparé les prochaines élections présidentielles et effectué plusieurs voyages à l’étranger, afin d’obtenir le soutien d’autres Etats en faveur du peuple haïtien. Arrivé au pouvoir aussitôt après une insurrection armée, dans un pays militairement occupé, que menaçait alors une guerre civile, Gérard Latortue a trouvé les caisses vides, pillées par Jean-Bertrand Aristide, une administration totalement corrompue, et une police complice des gangsters. Compte tenu des moyens dont il disposait et des circonstances auxquelles il était confronté, Gérard Latortue a accompli un travail extraordinaire dont l’importance historique apparaîtra sans doute toujours davantage avec le recul du temps. Il a donné au peuple haïtien la possibilité de repartir sur des bases saines

Commentaire

On rappellera que, duramt sa présidence em Haïti, Jean-Bertrand Aristide s’est comporté à la fois comme un gangster et comme un dictateur. Au moment de son élection, Jean-Bertrand Aristide n’était qu’un pauvre prêtre des bidonvilles. Durant sa présidence, il a accumulé une fortune personnelle. Il s’appuyait sur le parti Lavalas, qui servait de relais auprès de gangs de tueurs recrutés dans les bidonvilles. Les opposants politiques étaient soit intimidés (jets de pierres ou tirs d’armes à feu contre les manifestants), soit assassinés, jusque dans leurs bidonvilles.

Vendeur de charbon, au marché de Port-au-Prince, le 2 juin 2004

Le parti Lavalas se moque éperdument du peuple haïtien. Ses dirigeants veulent revenir au pouvoir. Ils redoutent que des enquêtes, menées par le gouvernement intérimaire de Gérard Latortue, mettent à jour toutes leurs activités mafieuses passées, et se posent en victimes de "l’arbitraire" de ce gouvernement. Selon leur habitude, ils organisent des manifestations "spontanées", présentant Jean-Bertrand Aristide comme un martyr victime des Américains, ce qui leur permet de "récupérer" l’anti-américanisme d’un peuple miséreux et occupé.

Le programme alimentaire mondial de l’ONU distribue de la nourriture aux habitants de Mapou, le 13 juin 2004

On relèvera que le parti Lavalas dispose toujours de fonds lui permettant de commander T-shirts et parapluies à l’effigie de Jean-Bertrand Aristide, ainsi que de recruter des groupes de manifestants. Il serait intéressant de connaître l’origine de ces fonds.

Frank BRUNNER

Jean-Bertrand Aristide, accueilli par Thabo Mbeki, à son arrivée en Afrique du Sud, où il vit en exil

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