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jeudi 25 mai 2017
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ATS, 19 juin 2004

L’Iran va revoir sa suspension de l’enrichissement d’uranium

Suivi d’un commentaire


Les installations nucléaires d’Arak, vues par satellite

TÉHÉRAN - L’Iran va revoir sa décision de cesser l’enrichissement d’uranium. Téhéran a toutefois affirmé ne cacher aucun site nucléaire et continuer à coopérer avec l’Agence internationale de l’énergie nucléaire (AIEA). L’agence de l’ONU a adopté, vendredi 18 juin 2004, une résolution très critique à l’encontre du pays.


"Les Européens s’étaient engagés, en octobre 2003, à ce que le dossier iranien soit fermé en juin 2004. De notre côté, nous nous sommes engagés à suspendre l’enrichissement, mais nous allons peut-être, dans les jours prochains, prendre et annoncer une autre décision, puisque les Européens n’ont pas tenu leurs engagements", a indiqué le dirigeant chargé du dossier nucléaire iranien.

Hassan Rowhani

Ce dernier a précisé que l’Iran continuerait à se soumettre aux inspections sans préavis découlant de son acceptation du protocole additionnel de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Pour les Etats-Unis, le programme nucléaire iranien est un écran cachant des visées militaires.

Téhéran affirme de son côté n’avoir que des visées énergétiques civiles. Toute reprise des activités d’enrichissement d’uranium -processus visant à purifier le minerai afin qu’il soit utilisé dans des centrales nucléaires voire dans des bombes- provoquerait une grave crise entre l’Iran et les Occidentaux.

Agence télégraphique suisse

Les installations nucléaires de Natanz, vues par satellite

Commentaire

Le psychodrame qui se joue, entre le gouvernement iranien et l’Agence internationale de l’énergie atomique, laisse une impression artificieuse.

Tout d’abord, on relèvera que les pays les plus virulents à l’égard du gouvernement iranien -ceux qui l’accusent de vouloir produire des bombes nucléaires- sont eux-mêmes détenteurs d’armes nucléaires auxquelles ils n’entendent nullement renoncer. D’un point de vue moral, il est difficile de comprendre à quel titre ces pays prétendent faire la leçon à l’Iran en matière de désarmement nucléaire.

Bombardier B-52

D’autre part, si on considère les choses du point de vue des Iraniens, il serait tout à fait légitime, de leur part, de vouloir acquérir l’arme nucléaire, dès lors qu’ils sont capables de la produire. En effet, sans armes nucléaires, comment l’Iran pourrait-il dissuader une invasion américaine comparable à l’invasion de l’Irak ? Et il se trouve que l’Iran -tout comme la Corée du Nord- se trouve sur la liste des pays démonisés par les extrémistes américains.

Ainsi, même si l’Iran déclarait publiquement sa détermination de produire des armes nucléaires, il n’y aurait pas lieu de dramatiser davantage les choses qu’à propos de l’Inde ou du Pakistan.

Au demeurant, la paix mondiale est davantage menacée par les Etats-Unis que par l’Iran.

Frank BRUNNER

Bagdad, le 2 avril 2003

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