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AFP, 30 mars 2011

Côte d’Ivoire : Le camp Gbagbo appelle à un cessez-le-feu immédiat


Des partisans d’Alassane Ouattara à Blolequin, le 28 mars 2011

Au deuxième jour d’une offensive importante du camp d’Alassane Ouattara –président reconnu par la communauté internationale–, le camp adverse, celui de Laurent Gbagbo, a appelé, mardi 29 mars 2011 au au soir, à un "cessez-le-feu immédiat" en Côté d’Ivoire, par la voix de son porte-parole, Ahoua Don Mello. "Nous avons adopté une stratégie de repli. Nous espérons que le dialogue va s’ouvrir incessamment. Il ne sert à rien d’aller à l’affrontement pour augmenter le nombre de victimes", a assuré M. Don Mello.


Côte d’Ivoire

Les affrontements entre les deux camps ont déjà fait plus de 460 morts selon l’ONU, plongeant le pays dans la guerre civile. Alors que près de un million de personnes ont été déplacées et que 112000 Ivoiriens se sont réfugiés au Liberia, les Nations Unies se préparent à un fort afflux de réfugiés au Ghana. Les forces ouattaristes ont progressé, mardi 29 mars 2011, vers le sud du pays et la capitale économique, Abidjan, contrôlée par le président sortant. Les villes de Duékoué, Daloa, Bondoukou, Agnibilékrou et Abengourou seraient désormais aux mains du président élu. Choisissant clairement l’option militaire quatre mois après le début de la crise post-électorale, le camp Ouattara a ainsi poursuivi une grande offensive lancée lundi 28 mars. "Toutes les voies pacifiques pour amener Laurent Gabgbo à reconnaître sa défaite sont épuisées", ont affirmé, mardi 29 mars, M. Ouattara et ses alliés. De Bouaké, fief des Forces républicaines fidèles à Alassane Ouattara, leur porte-parole Seydou Ouattara, a affirmé, mardi 29 mars, qu’elles "maîtrisent Daloa, Bondoukou et Agnibilékrou". En fin de journée, des habitants d’Abengourou, située à 220 km d’Abidjan, et de Duékoué ont annoncé que les forces pro-Ouattara avaient pris ces deux villes. A Duékoué, carrefour stratégique qui conduit notamment à San Pedro, plus grand port d’exportation de cacao au monde, certains habitants ont cependant indiqué que ces manifestations de joie se limitaient aux quartiers favorables à M. Ouattara. Mardi 29 mars au matin, une source à l’état-major des Forces de défense et de sécurité (FDS), fidèles à M. Gbagbo, affirmait que "les combats se poursuivent à Duékoué". "Il y a des incursions rebelles. Ils se sont installés dans les quartiers qui leur sont favorables" à Duékoué, mais ne contrôlent pas toute la ville et "c’est la même chose à Daloa", selon cette source. Un hélicoptère de la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (ONUCI) qui effectuait un vol de reconnaissance au dessus de la ville aurait "essuyé des tirs" des forces pro-Ouattara, lundi 28 mars, selon l’ONUCI, qui a condamné "avec la dernière énergie cette attaque contre des casques bleus qui constitue un crime de guerre". Les forces d’Alassane Ouattara ont cependant démenti être à l’origine des tirs. "Nous connaissons très bien les hélicoptères de l’ONUCI, nous ne pouvons donc pas tirer sur eux", a déclaré Seydou Ouattara. "Cela ne peut venir que des miliciens et mercenaires (soutenant Laurent Gbagbo) en débandade dans les forêts", a-t-il ajouté.

Des partisans d’Alassane Ouattara à Blolequin, le 28 mars 2011

Par ailleurs, l’ONUCI a accusé, mardi 29 mars 2011, des membres des forces pro-Gbagbo d’avoir ouvert le feu sur des civils. "Des forces loyales au président Gbagbo ont tiré sur des civils innocents, lundi 28 mars après-midi, à Williamsville (secteur du quartier d’Adjamé, dans le nord de la ville), faisant une dizaine de morts", selon un communiqué de l’ONUCI. Selon l’ONU, un groupe de jeunes pro-Gbagbo aurait également torturé un jeune homme brûlé vif dans le quartier de la Riviera. "Un autre groupe a sauvagement agressé deux fonctionnaires de l’ONUCI qui vaquaient à leurs occupations", selon le texte. L’ONUCI "condamne cette vague d’exactions contre les populations civiles et ces actes ne sauraient rester impunis", conclut-elle.

Agence France Presse

Des partisans d’Alassane Ouattara à Blolequin, le 28 mars 2011

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