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Le Figaro, 30 mars 2011

Côte d’Ivoire : Les pro-Ouattara se dirigent vers Yamoussoukro

par Thomas VAMPOUILLE


Des partisans d’Alassane Ouattara à Duékoué, le 29 mars 2011

Au troisième jour de leur offensive, les forces d’Alassane Ouattara ont poursuivi, mercredi 30 mars 2011, leur progression. Les combattants du président élu le 28 novembre 2010 et reconnu par la communauté internationale sont ainsi arrivés, mercredi 30 mars 2011, à 40 km de la capitale administrative ivoirienne, Yamoussoukro, prenant le contrôle de la ville de Tiébissou.


Côte d’Ivoire

Après des combats à l’arme lourde dans la nuit, les tirs ont cessé en début d’après-midi, selon une habitante. Prochain objectif probable, maintenant que la voie est ouverte : la capitale. En début d’après-midi, des combattants des Forces républicaines -le nouveau nom des forces pro-Ouattara- ont été vus quittant leur fief de Bouaké à bord de véhicules 4X4 surmontés d’une mitrailleuse, pour prendre la route du sud. « On s’en va maintenant à Yamoussoukro », a lancé l’un d’eux à un journaliste sur place. Vers la côte ouest, les forces d’Alassane Ouattara ont également pris, mercredi 30 mars 2011, la ville de Soubré, ont indiqué des habitants. Soubré est située à 130 km au nord de San Pedro, le plus important port d’exportation de cacao du monde. Mardi 29 mars, devant l’avancée de Forces républicaines (Duékoué, Daloa, Bondoukou et Abengourou), le camp du président sortant, Laurent Gbagbo, avait appelé au cessez-le-feu. « Une diversion », a dénoncé, mercredi 30 mars, le camp Ouattara. « C’est à Gbagbo de déposer les armes, c’est à Blé Goudé (leader des jeunes patriotes, fervents partisans du président sortant) d’arrêter de manipuler la jeunesse », a déclaré la porte-parole d’Alassane Ouattara.

Des partisans d’Alassane Ouattara à Duékoué, le 29 mars 2011

Désormais, le camp Ouattara -qui contrôlait déjà la moitié nord du pays, aux mains, depuis 2002, de la rébellion des Forces nouvelles- revendique la mainmise sur « trois quarts » du pays. « Il y a les trois quarts du territoire ivoirien qui sont aujourd’hui entre les mains des Forces républicaines. Ce sont des forces de libération », a déclaré sur RTL l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France nommé par Alassane Ouattara, Ally Coulibaly. « Il n’y aura pas de guerre civile. Les choses vont se régler assez rapidement », a-t-il assuré. Rien n’est pourtant moins sûr. Dans leur offensive, les forces pro-Ouattara, équipées notamment de mortiers et de lance-roquettes, progressent sur trois fronts vers Abidjan, coeur du régime Gbagbo. Craignant le pire, de nombreux habitants de la capitale économique ont d’ores et déjà commencé à fuir. Car en face, il y a fort à parier que Laurent Gbagbo ne pliera pas sans combattre. Selon un communiqué officiel lu sur la télévision d’État mardi 29 mars au soir, son armée devait d’ailleurs enrôler de nouvelles recrues à partir de mercredi 30 mars. Plusieurs milliers de jeunes s’étaient déjà inscrits, la semaine dernière, pour s’engager, à l’appel du camp Gbagbo.

Thomas VAMPOUILLE

Des civils fuient Abidjan, le 29 mars 2011

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