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AFP, 1er avril 2011

Côte d’Ivoire : Les pro-Ouattara sont à Abidjan


Vue d’Abidjan, le 31 mars 2011

Quatre mois après le début de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, le président ivoirien reconnu par la communauté internationale, Alassane Ouattara, n’a jamais été aussi près de la victoire, jeudi 31 mars 2011 au soir : au quatrième jour d’une offensive militaire éclair, alors que son rival, le chef d’Etat sortant, Laurent Gbagbo, gardait le silence, les troupes de M. Ouattara, présentes dans la moitié nord depuis 2002, ont pris le contrôle de la grande majorité du pays et encerclent Abidjan, tandis que le chef des armées de Laurent Gbagbo a fait défection.


Côte d’Ivoire

Depuis le début de la crise post-électorale, fin novembre 2010, qui a fait près de 500 morts selon le dernier bilan de l’ONU, M. Gbagbo, au pouvoir depuis 2000, a résisté aux sanctions internationales, tant politiques qu’économiques. Mais l’offensive militaire des derniers jours et la défection, mercredi 30 mars 2011 au soir, du chef-d’état major des armées, le général Philippe Mangou, qui s’est réfugié à l’ambassade d’Afrique du Sud, semblent avoir été décisives. Après de nouvelles défections au sein de l’armée et de la police, jeudi 31 mars au soir, les heures du régime Gbagbo semblaient donc comptées.

Des soldats de Laurent Gbagbo à Abidjan, le 31 mars 2011

La capitale économique, hérissée de barrages de jeunes partisans de M. Gbagbo, était sous haute tension, la plupart des habitants préférant rester chez eux dans la crainte d’une bataille finale dans cette métropole d’au moins quatre millions d’habitants. Le blocus de l’Hôtel du Golf, à Abidjan –qui servait de base à Alassane Ouattara depuis l’élection présidentielle du 28 novembre 2010–, a été levé jeudi 31 mars 2011. "Les 50000 policiers et gendarmes armés ont tous quitté Gbagbo. Il n’y a que les forces spéciales de la Garde républicaine et les Cecos (commandos de forces spéciales)" qui restent, a déclaré le chef de l’ONU en Côte d’Ivoire, Choi Young-jin sur, France-Info, précisant que les forces encore fidèles à Laurent Gbagbo sont positionnées au "palais présidentiel" et à la "résidence" de ce dernier. Dans la soirée, les troupes de l’ONUCI ont pris le contrôle de l’aéroport d’Abidjan. Le camp d’Alassane Ouattara a par ailleurs pris la parole dans de nombreux médias pour accentuer sa pression psychologique. Le président élu, Alassane Ouattara a, dans un discours télévisé, tendu la main aux "hésitants", qu’ils soient "officiers généraux, officiers supérieurs, sous-officiers, militaires du rang", et les a appelés à se "mettre à la disposition" de leur pays et à "rallier" leurs "frères d’armes, des forces républicaines". En direct à plusieurs reprise sur France24, le premier ministre d’Alassane Ouattara, Guillaume Soro, a lancé en fin de journée, "c’est terminé", laissant à Laurent Gbagbo jusqu’à 19h00 pour quitter le pouvoir. L’heure passée, Alassane Ouattara a décrété un couvre-feu à Abidjan, de 21h00 à 06h00, de jeudi 31 mars au soir jusqu’à dimanche 3 avril au matin. Trente minutes après l’expiration de l’ultimatum, Alain Toussaint, conseiller de Laurent Gbagbo, a indiqué que ce dernier n’avait nullement l’intention de démissionner.

Des soldats de Laurent Gbagbo à Abidjan, le 31 mars 2011

A Paris, sur BFM-TV, le nouvel ambassadeur ivoirien nommé par M. Ouattara, Ally Coulibaly, a assuré, à propos de M. Gbagbo, qu’"il sera traité avec toute l’humanité qu’il faut". "Rien n’arrivera à Laurent Gbagbo, a-t-il affirmé. C’est ce que le président, Alassane Ouattara, a demandé : qu’il ne soit en aucun cas inquiété et que son intégrité physique soit préservée."

Agence France Presse

Des partisans de Laurent Gbagbo à Abidjan, le 31 mars 2011

Des partisans de Laurent Gbagbo à Abidjan, le 31 mars 2011

Un partisan de Laurent Gbagbo à Abidjan, le 31 mars 2011

Un partisan de Laurent Gbagbo à Abidjan, le 31 mars 2011

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