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lundi 26 juin 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (7ème partie) : Du 16 juin 2004 au 30 juin 2004
AP, 20 juin 2004

Le gouvernement transitoire irakien apparaît toujours davantage comme la docile potiche de l’occupant

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BAGDAD (AP) - Dans un contexte de violences qui ont fait, dimanche 29 juin 2004, de nouvelles victimes dans Bagdad et ses environs, le chef du gouvernement transitoire irakien Iyad Allaoui a lancé un appel à l’aide étrangère pour la réorganisation des forces irakiennes.

Parallèlement, au lendemain du raid meurtrier mené sur Falloujah, la version américaine a été contestée côté irakien.


Selon le Premier ministre, qui s’exprimait devant la presse à dix jours de la date prévue pour le transfert de souveraineté, toutes les ressources de l’Irak vont devoir être consacrées à la lutte contre la résistance, mais les forces irakiennes ont pour cela besoin d’aide, particulièrement en matière de matériel. "Jusqu’à ce que nos forces soient pleinement capables, nous continuerons à avoir besoin de l’aide de nos amis. Nous espérons qu’une nouvelle aide internationale viendra prochainement en réponse à la résolution 1346 du Conseil de sécurité des Nations Unies, également de la part des pays arabes et musulmans", a-t-il déclaré.

M. Allaoui a par ailleurs annoncé la création d’un Centre des opérations chargé de "contrôler toutes les activités liées à la sécurité nationale". Une mesure motivée par la poursuite des violences contres les forces d’occupation et leurs collaborateurs irakiens.

De violents heurts entre militaires américains et résistants ont ainsi coûté la vie à dix Irakiens, dimanche 20 juin 2004, à Samarra, ville du "triangle sunnite" à une centaine de kilomètres au nord de la capitale, selon la police locale. Neal O’Brien, porte-parole de la 1ère Division d’infanterie, a ajouté que des hélicoptères américains avaient tué au moins quatre rebelles. Parallèlement, un US Marine a été abattu dans la province d’Anbar, non loin de Falloujah. A Bakouba, un Irakien et son épouse ont été tués par un tir de mortier qui a atteint leur maison. Dans le nord, Azzedine al-Bayati, un conseiller municipal de Takrit, a été abattu par des inconnus en voiture près de la ville natale de Saddam Hussein.

Près de l’aéroport international de Bagdad, une bombe a explosé au passage d’un camion transportant des soldats du corps irakien de la Défense civile, faisant deux morts et 11 blessés, tous irakiens, selon un commandant américain.

A Bagdad, un tir de mortier près de la Banque centrale a fait dix blessés, dont six policiers, a annoncé un haut responsable de la police.

Dans la soirée, une fusillade a éclaté derrière l’hôtel Palestine, siège irakien de plusieurs médias internationaux. Des gardes de l’hôtel ont répliqué aux tirs, et des soldats américains se sont mis en faction autour de l’enceinte du bâtiment.

Par ailleurs, un officier de la Brigade Falloujah, mise en place dans cette ville sunnite pour assurer la sécurité depuis le retrait des US Marines fin avril, a contesté, dimanche 20 juin 2004, la version américaine selon laquelle l’habitation détruite la veille lors d’un raid aérien abritait des membres du réseau du terroriste jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui. Au moins 16 personnes ont été tuées dans cette attaque visant un quartier résidentiel. Les membres de la Brigade Falloujah qui ont enquêté sur place "nous ont affirmé que les habitants des maisons étaient des familles ordinaires, avec des femmes, des enfants et des personnes âgées", a objecté le colonel Mohammed Aouad. "Il n’y avait pas de signes que des étrangers vivaient dans la maison", a ajouté l’officier irakien.

Par ailleurs, le coordinateur du Tribunal spécial irakien (TSI) chargé du procès de l’ancien président Saddam Hussein et d’autres membres de son régime a estimé dimanche que l’Irak pourrait exécuter son ex-raïs après l’avoir jugé. Selon Salem Chalabi, qui était interrogé depuis Bagdad par la BBC, le nouveau gouvernement irakien aura la possibilité, après le 30 juin, d’annuler le moratoire sur la peine de mort imposé par l’actuel administrateur américain du pays Paul Bremer.

Enfin, le ministre allemand de l’Intérieur Otto Schily a annoncé que des experts allemands avaient fini d’entraîner un premier groupe de 220 policiers irakiens dans le cadre d’un programme visant à rétablir la sécurité intérieure dans le pays. Berlin avait envoyé 18 policiers aux Emirats arabes unis pour travailler avec des recrues. Celles-ci doivent rentrer en Irak pour former à leur tour leurs collègues, a précisé M. Schily.

Associated Press

Commentaire

Le gouvernement transitoire irakien apparaît toujours davantage comme la docile potiche de l’occupant et on peut s’attendre à ce qu’il se discrédite toujours davantage aux yeux de la masse des Irakiens.

Alors même que la résistance a pour raison d’être l’occupation militaire étrangère, les membres du gouvernement transitoire ne cessent de faire appel à la poursuite de l’occupation. Dans le même temps, ils prétendent hypocritement que, si l’occupation se prolonge, c’est à cause de la poursuite de la résistance...

Alors qu’il ne se passe pas une journée sans que l’occupant tue des Irakiens, alors même que les généraux américains se vantent de tuer au moins dix Irakiens pour chaque Américain tué, le gouvernement transitoire irakien manifeste la plus grande complaisance à l’égard de l’occupant et feint de croire que les morts sont tous des victimes de la résistance.

Le gouvernement transitoire irakien se comporte comme si l’occupant jouissait d’une légitimité, tandis que la résistance en serait dépourvue. Autant on se montre complaisant à l’égard de l’occupant, autant on fustige la résistance. Et c’est à l’occupant qu’on demande de pourchasser les résistants.

N’est-ce pas là l’attitude mentale et la politique caractéristique d’une équipe de collabos ? Quel est le peuple qui reconnaîtrait la légitimité d’un tel gouvernement ?

Frank BRUNNER

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