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AFP, 10 avril 2011

Egypte : L’armée est défiée place Tahrir


Une barricade composée de camions militaires calcinés, au Caire, le 10 avril 2011

Deux mois après la chute de Moubarak, les manifestants protestent, au Caire, contre l’armée, et à sa tête le maréchal Hussein Tantaoui, accusé de freiner les réformes.


Egypte

Des dizaines de milliers de manifestants avaient réclamé, vendredi 8 avril 2011, sur la place Tahrir, au Caire, le jugement de M. Moubarak et d’autres hauts responsables de son régime, sur fond de critiques contre l’armée. La présence de sept officiers en uniforme parmi les manifestants avait laissé poindre des divisions au sein d’une institution militaire traditionnellement hermétique sur ses débats internes. L’intervention de la police militaire, appuyée par la police anti-émeutes, contre les manifestants, dans la nuit de vendredi 8 avril à samedi 9 avril, a fait un mort et 71 blessés, selon un bilan officiel. Des sources médicales avaient auparavant fait état de deux morts. Amnesty International a dénoncé, dans un communiqué, "l’usage excessif de la force par l’armée égyptienne", citant sur la foi de témoignages l’usage de matraques électriques et l’envoi de véhicules blindés qui ont fait de nombreux blessés en entrant dans la foule. L’armée a nié avoir agi avec brutalité et démenti des accusations selon lesquelles elle aurait ouvert le feu sur des manifestants. Elle les a qualifiés de "hors-la-loi" en laissant entendre qu’ils pourraient agir à l’instigation de partisans de Hosni Moubarak.

Des manifestants, au Caire, le 10 avril 2011

Plus d’un millier de manifestants occupait toujours, dimanche 10 avril 2011, la place Tahrir, mettant en évidence les tensions autour de l’armée accusée de freiner les réformes, deux mois après la chute du président Moubarak. Les manifestants, qui ont passé la nuit sur la place dont les accès étaient bloqués par des barbelés et des poutrelles, continuaient de lancer des slogans hostiles au maréchal Hussein Tantaoui, chef de l’institution militaire au pouvoir depuis la chute de Hosni Moubarak, le 11 février. "Le peuple demande le renversement du maréchal", qui fut pendant 20 ans ministre de la Défense de M. Moubarak, lancaient notamment les manifestants, dont le nombre s’est renforcé en début d’après-midi. Les épaves de plusieurs véhicules calcinés étaient toujours présentes sur la place et aux abords, et le sol était jonché de pierres. Certains manifestants avaient dressé des tentes improvisées sur le rond-point central. Ces événements témoignent d’une récente montée des tensions autour du rôle de l’armée, après une période de large consensus sur son action pour stabiliser le pays et organiser le retour à un pouvoir civil élu promis pour la fin de l’année.

Agence France Presse

Des manifestants, au Caire, le 10 avril 2011

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