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Reuters, 11 avril 2011

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo a été arrêté avec l’aide des forces françaises

Suivi d’un commentaire

par Gérard BON, John IRISH, Elizabeth PINEAU et Yves CLARISSE


L’arrestation de Laurent Gbagbo, à Abidjan, le 11 avril 2011

Le président ivoirien sortant, Laurent Gbagbo, a été arrêté, lundi 11 avril 2011, dans sa résidence d’Abidjan, mais ses proches et Paris donnent des versions divergentes du rôle précis joué par les forces françaises dans l’opération.


Côte d’Ivoire

Cette action s’est déroulée alors qu’une trentaine de véhicules blindés du détachement français "Licorne", appuyés par un hélicoptère, s’approchaient de la résidence où Laurent Gbagbo s’était retranché depuis des jours dans le quartier de Cocody. Pour le camp pro-Gbagbo, ce sont des forces spéciales françaises qui ont permis de mettre la main sur le président sortant, qui refusait de céder le pouvoir à Alassane Ouattara, dont la victoire électorale avait été reconnue par la communauté internationale. Selon Toussaint Alain, représentant pour l’Europe du président sortant et qui a le premier annoncé à Reuters l’arrestation, Laurent Gbagbo "a été arrêté par les forces spéciales françaises et remis à des chefs de la rébellion". "Des chefs de la rébellion ont été convoyés sur place par les forces françaises qui ont pénétré dans la résidence avec des chars", a-t-il dit. "Le président était dans son bureau." Un porte-parole du camp Ouattara, Hervé Cohx, basé à Paris, a lui aussi confirmé dans un premier temps que Laurent Gbagbo avait été "arrêté par les forces françaises qui l’ont remis aux forces républicaines". Une version aussitôt démentie par les autorités françaises et par l’ambassadeur de Côte d’Ivoire à Paris, Ali Coulibaly, selon qui ce sont les forces d’Alassane Ouattara qui ont mené l’opération. Thierry Burkhard, porte-parole de l’état-major français à Paris, a affirmé que Laurent Gbagbo s’était rendu. "Aujourd’hui peu après 15h00, l’ex-président, Laurent Gbagbo, s’est rendu aux forces républicaines de Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara", a-t-il dit. "A aucun moment les soldats de la force française Licorne, qui étaient déployés le long des grands axes depuis ce matin, ne sont entrés ni dans la résidence, ni dans le jardin de la résidence", a-t-il ajouté. Il a confirmé que l’ex-président, Laurent Gbagbo, avait été emmené avec ses proches, dont son épouse, Simone, à l’hôtel du Golf "par les forces républicaines de Côte d’Ivoire." Selon les Nations Unies, à New York, le président sortant s’est rendu aux forces du président élu et se trouve sous la garde des forces républicaines d’Alassane Ouattara.

L’arrestation de Laurent Gbagbo, à Abidjan, le 11 avril 2011

Laurent Gbagbo et son épouse Simone ont été conduits à l’hôtel du Golf, siège du gouvernement d’Alassane Ouattara, le président reconnu par la communauté internationale, depuis l’élection présidentielle contestée du 28 novembre 2010. Selon une source militaire française, le gouvernement Ouattara a estimé que l’hôtel du Golf, où la télévision ivoirienne a filmé le président déchu en bonne santé apparente et sans menottes dans une chambre, était le lieu où "il serait le mieux en mesure d’assurer la sécurité de Laurent Gbagbo". "Cela devrait entraîner rapidement la reddition des forces pro-Gbagbo. A Treichville, un quartier de la capitale économique, 200 membres de la garde républicaine se sont rendus à la mi-journée. Ali Coulibaly a ajouté que le président déchu serait jugé. "Laurent Gbagbo va bien et son épouse est avec lui. Il va pouvoir répondre de ses actes", a-t-il dit. "Après les mois horribles qu’a connus la Côte d’Ivoire, le pouvoir légitime, reconnu par la communauté internationale, va pouvoir s’installer", a déclaré le ministre français de l’Intérieur, Claude Guéant. "Enfin, après les malheurs qui ont frappé, ce pays va connaître la paix."

Gérard BON, John IRISH, Elizabeth PINEAU et Yves CLARISSE

Des Ivoiriens fêtent l’arrestation de Laurent Gbagbo, à Abidjan, le 11 avril 2011

Commentaire

Si on avait commencé par là, aussitôt après l’élection du 28 novembre 2010, quand Laurent Gbagbo a refusé de céder le pouvoir, on aurait fait l’économie de la tragédie humanitaire et des massacres perpétrés par les deux camps depuis lors. Voilà le prix des tergiversations des surdoués du politiquement correct.

Frank BRUNNER

Des Ivoiriens fêtent l’arrestation de Laurent Gbagbo, à Abidjan, le 11 avril 2011

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