Une étude menée par les Universités de Neuchâtel, en Suisse, et de Cornell, aux Etats-Unis, a permis de décrypter le chaînon manquant expliquant la transition entre guêpes chasseuses et abeilles butineuses.
Les abeilles sont les descendantes de guêpes qui, voici plus de 120 millions d’années, ont renoncé au régime carnivore pour se nourrir de pollen. Les abeilles sont issues d’un groupe de guêpes particulier, les guêpes sphécides ou guêpes fouisseuses. Ces guêpes paralysent des proies, généralement d’autres insectes, et les ramènent dans leur nid en guise de nourriture pour leurs larves. L’étude publiée, mercredi 13 avril 2011, dans la revue scientifique britannique « Proceedings of the Royal Society B » permet de comprendre cette évolution des abeilles. L’abeille domestique n’est qu’une parmi les quelque 20000 espèces d’abeilles connues dans le monde. Si quelques centaines d’espèces sont sociales -abeilles domestiques, bourdons et quelques autres-, la vaste majorité mène un mode de vie solitaire. Chaque femelle construit son nid et s’occupe exclusivement de sa progéniture. Les recherches conduites par Christophe Praz, maître assistant au laboratoire d’entomologie évolutive de l’Université de Neuchâtel, en collaboration avec des chercheurs de l’Universités de Cornell, mettent en évidence un groupe très ancien d’abeilles. Celui-ci constitue un chaînon manquant entre abeilles et guêpes. Ce groupe, qui existe depuis plus de 120 millions d’années, est de nos jours limité aux déserts d’Afrique australe (Afrique du Sud et Namibie) et de l’Atacama (Chili). Les nids des abeilles y sont très particuliers et ressemblent encore étrangement aux nids ancestraux construits par les guêpes, relève l’Université de Neuchâtel. Ces nids ne sont d’un simple terrier dans le sable, sans protection aucune pour la provision de pollen. Les autres espèces d’abeilles, celles que l’on trouve en Suisse par exemple, rendent les cellules imperméables avec des matériaux récoltés dans la nature ou avec leurs propres sécrétions.
Agence télégraphique suisse