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AFP, 28 avril 2011

Côte d’Ivoire : Ibrahim Coulibaly a été tué


Des soldats, à Abidjan, le 27 avril 2011

Les forces du président ivoirien, Alassane Ouattara, ont tué, mercredi 27 avril 2011 au soir, l’ex-putschiste Ibrahim Coulibaly, dit "IB", chef du "commando invisible" dans le nord d’Abidjan, qui était perçu comme une menace par le pouvoir, même s’il avait contribué à la chute de Laurent Gbagbo.


Côte d’Ivoire

Ibrahim Coulibaly, l’un des personnages les plus mystérieux de la scène ivoirienne depuis une décennie, avait revendiqué, ces derniers jours, sa part dans la chute de M. Gbagbo, tout en assurant se placer sous l’autorité d’Alassane Ouattara, dont il avait été le garde du corps. Le "commando invisible" avait contribué à la chute de l’ex-président, Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011, en déstabilisant son régime par la prise de contrôle progressive du nord d’Abidjan au début de l’année. Le président Ouattara a appelé, vendredi 22 avril, l’ex-putschiste de 1999 et 2002 à désarmer ses hommes, sous peine d’y être contraint par la force. Ibrahim Coulibaly avait demandé à être reçu par le chef de l’Etat pour se mettre à sa disposition. Son entourage avait accusé le premier ministre, Guillaume Soro, de faire obstacle à cette demande. M. Soro a été l’adversaire historique d’Ibrahim Coulibaly au sein de la rébellion responsable du putsch raté de 2002 contre M. Gbagbo, force dont il prit finalement la tête et qui forme désormais le gros des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).

Ibrahim Coulibaly

Plusieurs centaines de membres des FRCI, équipés de pick-up surmontés de mitrailleuses lourdes et de lance-roquettes, ont lancé, mercredi 27 avril 2011 au matin, une attaque d’envergure contre le fief d’Ibrahim Coulibaly, dans le quartier populaire d’Abobo. Après cette "opération de sécurisation et de pacification", "Ibrahim Coulibaly est allé se réfugier dans une cour [d’habitations], non loin d’une usine, à PK-18 [secteur nord d’Abobo]", a déclaré le porte-parole du ministère de la Défense. Dans cette cour, Ibrahim Coulibaly "a pris en otage toute une famille. Les FRCI ont effectué des tirs de sommation à deux reprises et il a réagi avec des tirs nourris. Les FRCI n’ont eu d’autre choix que de riposter, et la riposte lui a été fatale", a ajouté le porte-parole. L’affrontement qui a eu lieu vers 20h00, a fait "deux soldats tués et plusieurs blessés" côté FRCI, et "sept morts" dans le camp adverse, dont Ibrahim Coulibaly lui-même, a-t-il précisé. Les FRCI avaient durant la journée progressé dans son fief sans rencontrer de réelle résistance. "On demandait une semaine, dix jours, le temps de bien expliquer aux combattants qu’ils doivent désarmer sans conditions. Il faut les convaincre qu’ils peuvent déposer les armes sans craindre pour leur vie", avait déclaré, au début de l’offensive, Félix Anoblé, numéro deux du "commando invisible".

Des soldats s’apprêtent à emmener des captifs à bord d’un véhicule, à Abidjan, le 27 avril 2011

Dans un entretien au quotidien français La Croix, M. Ouattara a évalué à près de 3000 morts le bilan des violences post-électorales en Côte d’Ivoire, tandis que l’ONU fait état de près de 1000 morts. Dans cette même interview, le président ivoirien annonce la création, "d’ici à deux semaines", d’une commission Vérité et Réconciliation "à l’image de ce qui a été fait en Afrique du Sud", précisant qu’il va recevoir, la semaine prochaine, l’ancien directeur général de l’ONU, Kofi Annan, et Desmond Tutu, "pour en discuter ensemble". M. Ouattara déclare également la nomination d’un gouvernement d’union nationale, avant fin mai 2011.

Agence France Presse

Des soldats s’apprêtent à emmener des captifs à bord d’un véhicule, à Abidjan, le 27 avril 2011

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