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Reuters, 6 mai 2011

Côte d’Ivoire : L’ONU enquête sur des exactions présumées des forces ivoiriennes


Des membres de la Croix-Rouge évacuent des cadavres, à Abidjan, le 4 mai 2011

GENEVE (Reuters) - L’ONU enquête sur des exactions présumées commises, cette semaine, à Abidjan, par des soldats ivoiriens, lors d’affrontements avec des miliciens, a dit, vendredi 6 mai 2011, sa commission des droits de l’homme.


Côte d’Ivoire

Les forces du président, Alassane Ouattara, ont déjà été accusées de viols, de pillages et d’exécutions au cours de l’offensive qu’elles ont lancée, en mars 2011 et avril, pour chasser du pouvoir l’ancien président, Laurent Gbagbo, qui refusait de reconnaître la victoire électorale de son rival. Un porte-parole de l’armée ivoirienne a déclaré, jeudi 5 mai, que les militaires avaient repris une base navale aux derniers miliciens encore actifs, éliminant la dernière poche importante de résistance dans la cité lagunaire. "Notre personnel en Côte d’Ivoire enquête sur des allégations de violations des droits de l’homme dans le quartier Yopougon à Abidjan qui auraient été commises tant par les FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire) que par des miliciens pro-Gbagbo qui tenaient ce quartier", a dit Rupert Colville, porte-parole de la Commission des droits de l’homme de l’ONU. "Il enquête en particulier sur une attaque visant une église baptiste qui aurait été commise, cette semaine, par les FRCI", a-t-il ajouté sans autre précision, lors d’un point de presse. Le personnel de l’ONU enquête aussi sur des informations relatives à un charnier dans ce même quartier de Yopougon, le dernier tenu par des miliciens pro-Gbagbo après la capture de ce dernier, le 11 avril 2011, dans le palais présidentiel d’Abidjan. La Croix-Rouge a annoncé, cette semaine, que son personnel avait récupéré à Yopougon des dizaines de cadavres de victimes de combats récents ou plus anciens et qu’il avait découvert une fosse commune qui, selon des habitants, contiendrait une trentaine de corps. L’ONU n’a pas dit s’il s’agissait du charnier évoqué.

Des soldats, à Abidjan, le 4 mai 2011

Le président Ouattara a ouvert une enquête sur Laurent Gbagbo et ses proches accusés d’atteintes aux droits de l’homme pendant le conflit qui a suivi l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Trois avocats parisiens chargés de la défense de Laurent Gbagbo disent avoir été refoulés, vendredi 6 mai 2011, de Côte d’Ivoire, où ils venaient assister au premier interrogatoire de Laurent Gbagbo, à Korhogo, dans le nord du pays. "Les trois avocats ont été refoulés dans des conditions qui caractérisent un traquenard", dit un communiqué publié à Paris au nom de Jacques Vergès, de Lucie Bourthoumieux et de Marcel Ceccaldi.

Stephanie NEBEHAY, Mark JOHN, Ange ABOA, Gérard BON, Nicole DUPONT et Gilles TREQUESSER

Des soldats, à Abidjan, le 5 mai 2011

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