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AFP, 25 mai 2011

Côte d’Ivoire : Les violences se poursuivent, selon Amnesty International


Des soldats en patrouille à Fengolo, le 19 mai 2011

Six semaines après l’arrestation de l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, de premières informations paraissent sur les massacres perpétrés dans le pays durant les six mois de crise post-électorale. Dans un rapport publié mercredi 25 mai 2011, Amnesty International affirme que les forces de l’ancien chef d’Etat ivoirien et celles du nouveau, Alassane Ouattara, ont commis des "crimes de guerre" et des "crimes contre l’humanité" en Côte d’Ivoire pendant ces affrontements fratricides.


Côte d’Ivoire

Depuis décembre 2010, près de 3000 personnes ont été tuées et un million déplacées du fait des violences qui ont frappé le pays, selon les autorités ivoiriennes. L’organisation humanitaire a enquêté notamment sur des massacres signalés dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, en interrogeant des victimes et des témoins de viols, de chasses à l’homme et de tueries dans cette région. L’organisation fait ainsi état du meurtre de centaines d’hommes à Duékoué, chef-lieu de la région, par les soldats ouattaristes "sur la base de considérations politiques et ethniques". Des crimes qui se poursuivent, selon Amnesty International. Et l’ONG de souligner que "les populations appartenant à des groupes ethniques considérés comme partisans de Laurent Gbagbo continuent d’être la cible d’attaques". Amnesty International dénonce aussi la violence des soldats fidèles à Laurent Gbagbo, qui ont "depuis décembre 2010 (...) également commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité". Pour preuve, l’organisation cite des témoignages qui évoquent des personnes brûlées vives parce qu’elles étaient musulmanes, et le bombardement, fin février 2011, du quartier populaire d’Abobo, à Abidjan, contrôlé par des pro-Ouattara. Le président, Alassane Ouattara, a promis de mettre en place une commission "dialogue, vérité et réconciliation" et demandé à la Cour pénale internationale d’enquêter sur les massacres. Une démarche saluée par l’ONG, qui estime que "sans justice pour toutes les victimes, les appels à la réconciliation risquent de déboucher sur un compromis instable et insatisfaisant qui pourrait faire le lit de violences et de vengeances futures". Dans son rapport, Amnesty International critique enfin "l’inaction" de la mission des Nations Unies en Côte d’ivoire (ONUCI), "basée à seulement un kilomètre du principal lieu des tueries commises à Duékoué".

Agence France Presse

Un soldat en patrouille à Fengolo, le 19 mai 2011

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