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28 mai 2011

Informations internationales : Censure et répression sexuelle au nom de « la morale »

par Frank BRUNNER


L’érotisme et la pornographie sont quasiment aussi anciens que l’art. Tous deux datent de la Préhistoire. Ce qui distingue l’érotisme de la pornographie, c’est que l’érotisme se limite à la représentation de corps plus ou moins dénudés, tandis que la pornographie représente un acte sexuel.


On relèvera que, de nos jours, les tabous officiels en la matière sont fondamentalement incohérents. Si des individus s’exhibent nus dans une ville, ils s’exposent à une arrestation, voire à de l’emprisonnement. Or, dans le même temps, on trouve des statues nues dans tous les parcs publics et les musées. Si un pédophile est surpris en possession de photos d’enfants ou d’adolescents nus, on le considère comme un affreux pervers, mais, là encore, on trouve des statues d’enfants ou d’adolescents nus exposées dans tous les parcs publics et les musées. La photo d’un couple faisant l’amour est de la pornographie. La même photo transformée en statue et exposée dans un parc public ou un musée devient une œuvre d’art.

Aux Etats-Unis, sous prétexte de « lutte contre la pédophilie », un projet de loi veut faire interdire les photos pornographiques non pas en fonction de l’âge réel des sujets, mais en fonction de leur âge apparent, ce qui est absurde. L’âge apparent peut dépendre simplement d’un angle de vue ou d’une expression. Il est possible de faire apparaître des personnes plus jeunes ou plus vieilles que leur âge au moyen d’artifices bien connus des cinéastes. Dans le film Little Big Man, Dustin Hoffman, alors âgé d’une trentaine d’années, interprétait le rôle d’un homme entre l’âge de 15 ans et de 121 ans. Dans le film Wyatt Earp, Kevin Costner, alors âgé d’une cinquantaine d’années, interprétait le rôle du shérif entre l’âge de 16 ans et d’une soixantaine d’années. Voici quelques années, pour illustrer un article consacré à la pornographie sur internet, interet-general.info avait publié la photo d’un couple sous la douche vu plus ou moins de dos. Cette photo avait été qualifiée de « pédophile » par un internaute convaincu que le personnage féminin était une fillette, alors qu’en réalité il s’agissait d’une femme âgée d’une quarantaine d’années. Comme elle était de petite taille et vue de dos, elle paraissait beaucoup plus jeune.

Une scène de Little Big Man

La censure prétend se justifier au nom d’une morale qui, bien souvent, se réduit à des préjugés. On peut établir un parallèle entre les homosexuels et les historiens révisionnistes, deux catégories d’individus persécutés au nom de la morale et démonisés dans le but de « justifier » les persécutions dont ils sont victimes.

Steven Monjeza et Tiwonge Chimbalanga, "coupables" d’homosexualité, ont été condamnés à 14 ans de prison, au Malawi, avant d’être grâciés à la suite des protestations internationales

Les historiens révisionnistes sont systématiquement présentés, dans les médias, comme des gens foncièrement malhonnêtes, des néo-nazis, des escrocs intellectuels qui ne croiraient pas eux-mêmes à leurs thèses et qui n’auraient pas d’autre motivation que la haine des juifs. Cette présentation caricaturale des historiens révisionnistes s’accompagne d’une censure des arguments qu’ils invoquent à l’appui de leurs thèses. On affecte un air indigné pour dire que les historiens révisionnistes nient l’existence des chambres à gaz nazies, mais on s’abstient systématiquement d’expliquer pour quelles raisons au juste ils le font. En présentant les historiens révisionnistes d’une manière caricaturale et calomnieuse, on prétend à la fois justifier la censure de leurs écrits et les persécutions dont ils sont victimes au mépris de leur liberté d’expression. Ainsi, par exemple, l’historien révisionniste français Robert Faurisson a été agressé à dix reprises par des juifs et ses agresseurs ont toujours bénéficié d’une totale impunité. Robert Faurisson avait été tellement démonisé que la violation de ses droits les plus élémentaires ne suscitait qu’une attitude complaisante chez ceux -magistrats et policiers- qui auraient dû défendre ces droits. Il n’est pas exagéré de dire que le gouvernement français était au moins tacitement complice de ces agressions et qu’il protégeait délibérément les agresseurs contre toute poursuite pénale. De même, des milices juives pouvaient -et peuvent encore- impunément vandaliser des librairies vendant des livres révisionnistes, au mépris du droit qu’a le public d’être informé.

Robert Faurisson

Alors que l’homosexualité était parfaitement admise dans l’Antiquité, l’Eglise catholique a démonisé les homosexuels et a encouragé leur persécution. Au cours des siècles, certains ont été brûlés vifs. Encore actuellement, les homosexuels risquent la peine de mort ou des années de prison dans de trop nombreux pays, et cette persécution est encouragée ou activement conduite par des religieux, qu’ils soient chrétiens ou musulmans. Même là où l’homosexualité n’est pas illégale, dans certains pays les homosexuels sont exposés à des agressions physiques, voire à des meurtres, qui bénéficient de la complaisance des policiers.

Pendaison de deux homosexuels en Iran

Ce qu’il faut voir, au-delà de la persécution des homosexuels, c’est la répression de la sexualité d’une manière générale. Jusqu’à ce qu’on a appelé « la libération sexuelle », dans les années 1960, la sexualité était présentée par l’Eglise comme « un péché » : le péché de la chair. C’est-à-dire que les gens qui avaient des rapports sexuels étaient censés se sentir coupables et imaginer le regard courroucé de Dieu assistant avec dégoût à leurs ébats. L’acte sexuel était présumé « sale ». Dans l’Angleterre victorienne, une jeune mariée s’apprêtant à passer sa nuit de noce s’entendait conseiller : « Ferme les yeux et pense à l’Angleterre ! » L’acte sexuel, pour être autorisé par l’Eglise, devait avoir pour but non pas le plaisir -quelle horreur !-, mais la seule procréation, ce qui excluait tout rapport homosexuel. Pour cette même raison, la masturbation était considérée comme un comportement interdit et honteux. Il existait des « ceintures de chasteté » destinées à empêcher les adolescents de se masturber. Il était admis que l’homme éprouve une jouissance dans l’acte sexuel, parce que l’orgasme était indispensable à l’éjaculation de son sperme, mais la femme n’était pas censée jouir. Dans les sociétés qui les pratiquent, les mutilations génitales féminines visent à priver les femmes de tout plaisir sexuel. Pour une femme, le fait d’éprouver de la jouissance pendant l’acte sexuel était considéré comme un signe de débauche. Une femme qui jouissait était « une pécheresse » et devait avouer ce péché en confession, après quoi elle devait accepter une pénitence et promettre qu’elle s’abstiendrait de jouir à l’avenir. Une femme qui avait des enfants hors mariage était appelée « une fille-mère », quasiment assimilée à une prostituée, stigmatisée et ostracisée. Dans les villages, on lui crachait dessus et on l’injuriait. Ses enfants étaient discriminés. Ce qui était présenté comme « la morale » n’était, en réalité, que de l’intolérance et une volonté tyrannique de dicter aux individus ce qu’ils doivent faire ou ne pas faire dans leur chambre à coucher.

Excision

D’une manière générale, les homosexuels étaient considérés comme « des anormaux », des gens dégoûtants parce qu’ils pratiquent la sodomie. L’image de l’homosexuel était celle d’un individu efféminé s’habillant en femme et se maquillant comme une femme. On faisait un amalgame entre homosexuel et travesti. Au mieux, les homosexuels étaient tournés en dérision. Celui qui avouait son homosexualité, ou dont l’homosexualité était divulguée, devenait la honte de sa famille et, bien souvent, sa carrière professionnelle était ruinée. Les gens « normaux » ne voulaient pas avoir affaire à lui, de crainte d’être eux-mêmes désignés comme des homosexuels. Il était tout aussi dangereux d’exprimer une quelconque sympathie à l’égard des homosexuels. Dans ce contexte, on pouvait persécuter les homosexuels sans que quiconque se hasarde à prendre leur défense.

Or, quand on se donne la peine de surmonter ses préjugés et de considérer honnêtement le point de vue des historiens révisionnistes ou celui des homosexuels, on constate qu’ils sont parfaitement légitimes. Les persécutions dont ces gens sont victimes n’ont aucune justification objective.

Quand on étudie l’Histoire, on constate que tout ce qui nous est présenté comme des comportements sexuels « anormaux » a été pratique courante, à une époque ou à une autre, dans une société ou dans une autre. Cela est vrai même pour la pédophilie. Encore de nos jours, alors que les pédophiles sont démonisés dans la plupart des pays, la pédophilie est une pratique courante et admise en Afghanistan. Il en a été de même quasiment partout au cours de l’Antiquité. Sous réserve du consentement des partenaires, on peut considérer que toutes les pratiques sexuelles sont légitimes. La perversité n’est pas dans le comportement de ceux -hétérosexuels ou homosexuels- qui font l’amour, mais dans l’esprit des persécuteurs.

Frank BRUNNER

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    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source