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mardi 21 février 2017
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Reuters, 11 juin 2011

Informations internationales : Plus de 115 millions d’enfants font un travail dangereux

par Robert EVANS et Nicole DUPONT


Un enfant récolte le café au Honduras, le 20 décembre 2010

GENEVE (Reuters) - Plus de 115 millions d’enfants et d’adolescents dans le monde, soit plus de 7 % de la population mondiale des moins de 18 ans, font un travail dangereux, estime le Bureau international du Travail (Bit).
L’agence de l’ONU précise, dans un rapport publié vendredi 10 juin 2011, que ces emplois dangereux vont de l’exploitation minière à la métallurgie en passant par l’agriculture, la fabrication de chaussures, l’horticulture et la production de bananes. Un enquêteur de l’ONU ajoute, dans un communiqué, que les enfants sont très demandés par les employeurs, parce qu’ils sont bon marché et "sont naturellement plus dociles et plus faciles à discipliner que les adultes". L’étude et le communiqué ont été publiés à l’occasion de la Journée mondiale des Nations Unies contre le travail des enfants, le 12 juin.


Une fille récolte le café au Honduras, le 20 décembre 2010

Selon le Bureau international du Travail, qui définit comme enfant toute personne de moins de 18 ans, la proportion de jeunes effectuant des travaux dangereux représente nettement plus que la moitié du nombre total de jeunes au travail, lesquels vivent en majorité en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Beaucoup d’enfants âgés de cinq ans seulement effectuent des travaux dangereux, mais leur nombre a néanmoins décliné ces dernières années sous la pression de l’opinion publique. En revanche, le nombre d’adolescents âgés de 15 à 17 ans occupés à des travaux dangereux a fortement augmenté. 60 % des travailleurs âgés de moins de 18 ans -âge en dessous duquel les conventions du Bureau international du Travail interdisent d’effectuer des travaux dangereux- sont des garçons. Les jeunes au travail sont particulièrement nombreux en Asie où plus de 48 millions d’enfants et d’adolescents, soit 5,6 % du total des jeunes de la région, effectuent des travaux dangereux. En Afrique sub-saharienne, ils sont près de 39 millions affectés à de telles tâches, soit plus de 15 % de la population totale de cette tranche d’âge. En Amérique latine, on compte 9,5 millions de jeunes effectuant des travaux dangereux, soit 6,7 % des moins de 18 ans.

Un enfant travaille dans un dépôt de charbon, près de Lad Rymba, en Inde, le 16 avril 2011

"Les travaux dangereux sont courants dans l’agriculture, la pêche, la sylviculture, l’élevage et l’aquaculture ainsi que dans l’agriculture de subsistance et industrielle", relève le Bureau international du Travail.
De nombreux enfants ont une longue journée de travail, ce qui accroît les risques d’accident. Gulnara Shahinian, enquêtrice de l’ONU spécialisée dans les formes modernes d’esclavage, relève que des "employeurs sans scrupules" profitent de petits enfants pour les faire travailler dans des mines d’or souvent clandestines. Des garçonnets sont descendus dans d’étroits boyaux où les risques d’accidents mortels sont élevés, filles et garçons manipulent du mercure, produit toxique, pour extraire l’or. Des enfants sont aussi exploités dans la production de fleurs, de bananes et d’huile de palme et ils travaillent comme manoeuvres ou comme chiffonniers dans les villes, où ils sont exposés à des violences physiques et sexuelles, conclut Gulnara Shahinian, une juriste arménienne.

Robert EVANS et Nicole DUPONT

Un jeune népalais employé dans une mine de charbon, près de Latyrke, en Inde, le 13 avril 2011

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