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dimanche 25 juin 2017
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AFP, 16 juin 2011

Informations internationales : L’OTAN craint un décrochage technologique des partenaires européens

Suivi d’un commentaire


Un Rafale au-dessus du porte-avions français Charles-de-Gaulle

Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, reprend à son compte des déclarations du secrétaire à la Défense américain, Robert Gates, affirmant que la baisse des dépenses consacrées à la défense dans les pays de l’OTAN risquait d’affaiblir l’Alliance atlantique.


Un F-22 Raptor

Le secrétaire d’Etat américain à la Défense a estimé, mercredi 15 juin 2011, que la différence de dépenses consacrées à la défense entre les Etats-Unis et l’Europe constitue un "grave problème" qui risque à terme de détourner les Etats-Unis de l’Alliance. M. Rasmussen a approuvé l’idée selon laquelle les différences de financement pourraient créer un gouffre entre les capacités technologiques des Etats-Unis et celles des autres membres de l’Alliance, faisant planer le doute sur leur coopération future. A moins que les Européens ne "mettent la main à la poche", la disparité des dépenses consacrées à la défense risque d’"affaiblir notre alliance" et de créér "une alliance à deux niveaux", estime M. Rasmussen dans un entretien au journal britannique The Guardian, jeudi 16 juin 2011. Le secrétaire général de l’OTAN a précisé, dans ce contexte, qu’il y a dix ans les dépenses des Etats-Unis au sein de l’Alliance représentaient la moitié du total contre 75 % actuellement. "L’élargissement de ce fossé économique peut conduire également à un agrandissement du fossé technologique risquant d’entraver les capacités opérationelles de nos forces entre elles", a-t-il dit. Selon M. Rasmussen, "les Américains continuent de fournir des équipements militaires plus perfectionnés tandis que les Européens sont loin derrière". "Il pourrait devenir éventuellement difficile de coopérer même en ayant la volonté politique de le faire", a-t-il ajouté. Malgré ce problème sur le financement des dépenses, M. Rasmussen a affirmé que l’OTAN "était prête à continuer aussi longtemps qu’il le faudra pour accomplir sa mission" en Libye affirmant que Moummar Kadhafi pouvait tomber à tout moment. Dans ce contexte le secrétaire général de l’OTAN a déclaré s’attendre à ce que l’ONU joue un rôle moteur lors de la transition post-Kadhafi et qu’il "n’envisageait pas que l’OTAN joue un rôle majeur dans cette affaire".

Agence France Presse

Un Eurofighter

Commentaire

Le problème fondamental auquel sont confrontés tous les Etats est le financement de leur défense nationale. Plus la technologie militaire se perfectionne et plus elle devient exorbitante. Le B-29 américain, plus grand bombardier en service au cours de la Seconde guerre mondiale, coûtait 8,62 millions de dollars pièce en valeur actuelle (639188 dollars à l’époque). Le Rafale français coûte plus de 140 millions d’euros l’unité. Le F-22 Raptor américain coûte au moins 150 millions de dollars l’unité. L’Eurofighter coûte plus de 270 millions d’euros l’unité.

La logique interne du phénomène veut que les Etats peuvent s’offrir de moins en moins d’avions, de tanks, etc., à moins d’augmenter massivement les impôts. Ainsi, par exemple, chaque fois que la Suisse modernise sa force aérienne, elle est contrainte de diminuer le nombre d’avions commandés. Il en résulte que le nombre d’avions ou de tanks qu’on peut se payer devient de plus en plus insuffisant pour couvrir les besoins opérationnels en temps de guerre.

Le gouvernement des Etats-Unis finance sa défense à crédit, en accumulant une dette monstrueuse. Les pays européens n’ont pas envie de se ruiner en suivant cet exemple. La seule solution raisonnable est que les principales puissances militaires s’accordent pour éviter toute course aux armements et réduire la taille de leurs armées au minimum indispensable.

Frank BRUNNER

Informations internationales : L’OTAN craint un décrochage technologique des partenaires européens

17 juin 2011   [retour au début des forums]

A en lire votre article, on peut croire que seul l’aspect financier est pris en compte pour l’achat d’avions militaires...

Comment expliquer que le rafale bien moins chère que l’Eurofighter n’a pas réussi à décrocher un contrat hors de ses frontières ?

Même d’un point de vue techniques l’eurofighter est bien moins coté que le rafale : http://www.myzone59.com/aviation/avions-de-chasse/eurofighter-typhoon.html

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Informations internationales : L’OTAN craint un décrochage technologique des partenaires européens

17 juin 2011, par Frank Brunner   [retour au début des forums]

Il semble que le problème du Rafale soit sa fabrication française. Les pays qui ont participé au programme de l’Eurofighter se sont partagés la production, ce qui se traduisait par des commandes à leurs industries aéronautiques respectives, tandis que le Rafale est l’avion d’une firme : Dassault. Les commandes de Rafale n’auraient fait que le beurre de Dassault.

Les entreprises aéronautiques européennes doivent bénéficier de commandes en permanence, ne serait-ce que pour demeurer rentables. Une entreprise privée de commandes se trouve contrainte de licencier un personnel très spécialisé qu’il est difficile de récupérer ultérieurement s’il part se faire embaucher ailleurs.

Ceci dit, le coût de l’avion demeure un problème essentiel. En cas de guerre, une force aérienne trop réduite peut être balayée du ciel en quelques jours. L’adversaire bénéficie alors d’une totale maîtrise du ciel qui lui permet de se livrer à un massacre de blindés et de paralyser tous les transports de ravitaillement des armées.

Il faut également voir que, de nos jours, le chasseur-bombardier est surtout une plateforme de tir de missiles. Un avion relativement rustique, mais équipé d’un bon radar et de bons missiles, peut être très efficace, même si les performances de l’avion proprement dit (vitesse, manoeuvrabilité, etc...) sont surclassées par tel concurrent. Si on dispose d’un budget donné, il peut être préférable d’acheter un plus grand nombre d’avions relativement rustiques, plutôt que quelques trop rares exemplaires d’un avion plus performant mais dont le coût est exorbitant.

Au bout du compte, les gouvernements disposent d’un budget militaire limité et, au sein des forces armées, chacun voudrait toujours davantage et le meilleur. Tout choix implique des renoncements. En France, pour le prix d’un porte-avions, on pourrait se payer tant de destroyers, ou tant de sous-marins, par exemple.

Frank BRUNNER

Répondre à ce message,SVP

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11 janvier 2014   [retour au début des forums]

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