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jeudi 17 août 2017
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AP, 20 juin 2011

Informations internationales : Les pays pauvres accueillent 80 % des réfugiés dans le monde


Des requérants d’asile afghans en grève de la faim sur une route, après leur expulsion d’une maison, à Bruxelles, en Belgique, le 16 juin 2011

GENEVE (AP) — Les quatre cinquièmes des 15,4 millions de réfugiés dans le monde vivent dans des pays pauvres où leurs chances d’être naturalisés et leurs perspectives économiques sont limitées, selon un rapport des Nations Unies publié lundi 20 juin 2011.


Une fillette dans un camp de réfugiés à Mihatovici, en Bosnie-Herzégovine, le 18 juin 2011

Plus d’un quart des réfugiés se trouvent dans trois pays : le Pakistan, l’Iran et la Syrie. Ces chiffres ne prennent pas en compte la dernière vague de migrants déclenchée par les troubles en Côte d’Ivoire ou en Tunisie, dont la plupart ont gagné les pays voisins puisque l’Union européenne s’efforce de les empêcher d’atteindre ses rives. "Les craintes d’afflux supposé de réfugiés dans les pays industrialisés sont très exagérées ou associées à tort avec des problèmes relatifs à la migration. En attendant, ce sont les pays les plus pauvres qui doivent supporter le plus lourd fardeau", résume António Guterres, Haut commissaire des Nations Unies pour les réfugiés. Il a rendu visite aux réfugiés de Tunisie et de Libye dans l’île sicilienne de Lampedusa dimanche, en compagnie de l’actrice américaine Angelina Jolie, ambassadrice de bonne volonté du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, à la veille de la Journée mondiale du réfugié. Selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, la situation a radicalement changé depuis la création de cette agence, en 1950, quand l’ONU se préoccupait surtout des 2,1 millions d’Européens déracinés par la Deuxième guerre mondiale. Outre les 15,4 millions de réfugiés -seulement 153000 de plus qu’en 2009-, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés a recensé 27,5 millions de personnes déplacées dans leur propre pays et 850000 demandeurs d’asile en 2009, dont près de 20 % en Afrique du Sud. Il évalue le nombre de personnes déplacées malgré elles à 43,7 millions dans le monde. Les Palestiniens représentent un tiers des réfugiés, soit presque cinq millions de personnes au total, dont beaucoup ont toujours vécu dans les pays voisins. Les Afghans, qui ont fui les guerres successives depuis l’invasion soviétique, en 1979, représentent un cinquième des réfugiés. Beaucoup vivent dans des conditions difficiles au Pakistan et en Iran voisins. Les autres grandes sources de réfugiés sont l’Irak (près de 1,7 millions de réfugiés), la Somalie (770000) et la République démocratique du Congo (477000).

Des réfugiés afghans dans un bidonville de la périphérie d’Islamabad, au Pakistan, le 19 juin 2011

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés souligne que les réfugiés risquent de connaître des difficultés toute leur vie, si les pays d’accueil ne les intègrent pas ou ne leur proposent pas de s’installer ailleurs. "Bien souvent, les pays voisins ne veulent pas leur accorder la naturalisation pour des raisons politiques", explique le porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, Adrian Edwards. L’agence onusienne insiste toutefois sur la générosité des pays d’accueils, dont beaucoup ont déjà du mal à s’occuper de leur propre population. Le Pakistan supporte les plus lourdes répercussions économiques, avec 710 réfugiés pour un dollar de son produit intérieur brut (PIB) par habitant (en parité de pouvoir d’achat), suivi de la République démocratique du Congo et du Kenya avec respectivement 475 et 247 réfugiés. En comparaison, l’Allemagne, le pays industrialisé qui accueille la plus importante population réfugiée (594000 personnes), héberge 17 réfugiés pour 1 dollar de son PIB par habitant, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés. Cependant, il est plus facile d’être naturalisé dans des pays riches comme l’Allemagne, ce qui ouvre aux nouveaux arrivants des perspectives pour eux et leurs descendants. Les Etats-Unis sont de loin le pays le plus généreux en ce qui concerne la réinstallation, ce qui explique le nombre faible de réfugiés dans ce pays : 3025. Ils ont réinstallé 71362 réfugiés chez eux en 2010, suivis par le Canada (12000) et l’Australie (8500). Le Japon est quant à lui devenu, en 2009, le premier pays asiatique à proposer la réinstallation : il a accueilli, en septembre 2010, les premiers membres d’un groupe de 90 Karens birmans, dont certains avaient toujours vécu dans un camp de réfugiés thaïlandais avant d’arriver à Tokyo.

Associated Press

Un camp de réfugiés syriens à Yayladagi, en Turquie, le 19 juin 2011

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