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Le Figaro, 21 juin 2011

Corruption : Les Ben Ali condamnés à 35 ans de prison par contumace en Tunisie


Un manifestant devant le Palais de Justice de Tunis, le20 juin 2011

C’est un procès qui était encore inimaginable il y a quelques mois. Lundi 20 juin 2011, le tribunal de première instance de Tunis a condamné l’ex-président, Zine El Abidine Ben Ali, et son épouse, Leïla Trabelsi, à 35 ans d’emprisonnement chacun. Le couple, réfugié en Arabie saoudite depuis le 14 janvier et jugé par contumace, était poursuivi pour détournement de fonds publics et malversations. La Cour a également condamné l’ancien chef de l’Etat à une amende de 50 millions de dinars (environ 25 millions d’euros) et son épouse à 41 millions de dinars (environ 20 millions d’euros).


Tunisie

Une instruction judiciaire avait été ouverte contre les époux Ben Ali après la découverte dans un palais de Sidi Bou Saïd, une banlieue chic au nord de Tunis, de quantités faramineuses d’argent et de bijoux de prix. La télévision publique avait diffusé des images de liasses de dinars tunisiens et de devises étrangères empilées dans un énorme coffre, évoquant une « caverne d’Ali Baba ». Il est aussi reproché à l’ancien président d’avoir fait augmenter son salaire mensuel, passant de 2000 dinars (environ 1000 euros) en 1987 à 21000 dinars (plus de 10000 euros) en 1998. En plus de ces indemnités dont il bénéficiait « sans aucun contrôle » fiscal, il avait à sa disposition une « caisse noire » de près de 16,5 millions de dinars (plus de huit millions d’euros) alimentée sur le budget de l’Etat. En revanche, le procès relatif à une autre affaire -la découverte de drogue et d’armes dans un palais de Carthage- a été reporté au 30 juin 2011 pour permettre aux avocats commis d’office de préparer la défense de Zine El Abidine Ben Ali, seul poursuivi dans ce volet. L’ex-président avait rejeté en bloc par avance toutes ces accusations par le truchement de son avocat. Au total, 93 actions judiciaires sont intentées en Tunisie contre le couple présidentiel et leur entourage. Le procès s’est tenu dans une atmosphère en rupture totale avec le verrouillage du passé. Outre les journalistes et photographes des médias tunisiens et étrangers, des chaînes de télévision ont été autorisées pour la première fois à installer leurs caméras dans la salle d’audience bondée. Plus de soixante avocats, dont cinq commis d’office, y ont également pris place.

Le Figaro avec agences

Le président du tribunal, Touhami Hafi

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