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mercredi 22 février 2017
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ATS, 22 juin 2011

Corruption : Les administrateurs de la Banque cantonale de Genève faisaient confiance aux dirigeants


Vue du siège de la Banque cantonale de Genève

La direction de la Banque cantonale de Genève (BCGE) semblait bénéficier de l’entière confiance du conseil d’administration et du comité de banque de l’établissement. Les membres de ces organes se fiaient généralement à l’expertise des dirigeants.


Suisse

« Mon rôle était essentiellement politique », a déclaré, mardi 21 juin 2011, lors du procès des responsables présumés de la débâcle de la Banque cantonale de Genève, Daniel Pilly, ancien membre du Comité de banque. « Je ne connais pas l’orthodoxie comptable », a encore avoué celui qui avait été nommé à ce poste par le Conseil municipal de la Ville de Genève. Le réviseur externe jouissait aussi d’une belle considération. « Nous étions chaque année rassurés par les rapports de la fiduciaire », a ajouté le témoin devant le Tribunal correctionnel de Genève. La Commission fédérale des banques avait également donné son accord à la stratégie de la Banque cantonale de Genève, a rappelé M. Pilly. Trois niveaux de contrôle. Entre la direction générale, la société ATAG et la Commission fédérale des banques, « nous avions trois contrôles et c’était rassurant », a de son côté indiqué Gabriel Barrillier, administrateur de la Banque cantonale de Genève de 1994 à 2004. Lui et ses collègues n’avaient pas de raisons de s’alarmer, du moins pas avant 1998, année où « les coups de semonce se sont succédés ». La lettre de la Commission fédérale des banques de 1996, qui émet des doutes sur la méthode de provisionnement des risques utilisée par la Banque cantonale de Genève, n’a pas été transmise aux membres du conseil d’administration, a regretté M. Barrillier. « Le ton était pourtant assez sérieux et je peux imaginer qu’il y aurait eu des demandes d’explication ».

Daniel Pilly

Le procès se poursuit mercredi 22 juin 2011. Le tribunal correctionnel pourrait devoir se prononcer sur une demande de certains avocats de la défense. Ceux-ci entendent à nouveau contester, comme au début des débats, la qualité de partie plaignante de l’Etat de Genève, en s’appuyant sur une décision du Département fédéral des finances. Le Département fédéral des finances s’est positionné par rapport à une plainte du canton de Genève contre la Commission fédérale des banques dans le cadre de la débâcle de la Banque cantonale de Genève. Dans sa prise de position, il estime que l’Etat de Genève est un organe de la banque et n’a donc pas qualité pour porter plainte, a relevé Christian Lüscher, l’avocat d’un des prévenus. L’Etat de Genève a recouru contre cette approche auprès du Tribunal administratif fédéral (TAF). Au début du procès, le Tribunal correctionnel de Genève s’était déjà déterminé sur la qualité de partie plaignante de l’Etat. Il l’avait accordée pour l’accusation de faux dans les titres, mais refusée pour la gestion déloyale.

Agence télégraphique suisse

Vue du Palais de Justice de Genève

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source