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AFP, 22 juin 2011

Côte d’Ivoire : Des détentions arbitraires, sous les yeux de l’ONU


Des soldats contrôlent un véhicule, à Abidjan, le 14 mai 2011

Amnesty International dénonce, mercredi 22 juin 2011, la détention sans aucune charge de dizaines de partisans de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo.


Côte d’Ivoire

Deux mois après l’arrestation de Laurent Gbagbo par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) de M. Ouattara à l’issue d’affrontements sanglants, "les autorités ivoiriennes détiennent au moins cinquante personnes sans charge, parmi lesquelles figurent des hommes politiques de haut rang", précise l’organisation de défense des droits de l’homme. Au moins "vingt et une" sont retenues à l’hôtel La Pergola d’Abidjan, selon l’ONG. "C’est loin d’être un début encourageant pour la présidence d’Alassane Ouattara", pointe Véronique Aubert, directrice adjointe de l’ONG pour l’Afrique, citée dans un communiqué. Et, ajoute Véronique Aubert, "la présence de soldats de l’ONU devant l’hôtel où des partisans supposés de Laurent Gbagbo sont détenus arbitrairement soulève de troublantes questions." Plusieurs des personnes détenues à l’hôtel "ont été battues par les FRCI (...) au moment de leur arrestation, dont l’une assez violemment pour avoir perdu connaissance", poursuit le texte. Et l’ONG de déplorer : "Des soldats français [de la force Licorne déployée sans la bannière de l’ONU] et de l’ONUCI [mission de l’ONU en Côte d’Ivoire] étaient présents au moment de ces arrestations et du transfert des détenus à l’hôtel, mais n’ont rien fait pour empêcher ces mauvais traitements." Car, si les FRCI sont en charge de la sécurité à l’intérieur du complexe hôtelier de La Pergola, relève Amnesty, des casques bleus de l’ONUCI sont postés devant l’hôtel pour la sécurisation à l’extérieur du bâtiment. "Cela signifie qu’ils [les casques bleus] exercent un degré de supervision concernant les personnes autorisées à y entrer." Amnesty appelle les autorités ivoiriennes à inculper les personnes détenues ou à les "libérer immédiatement", et appelle l’ONUCI à s’assurer que ses soldats ne sont pas impliqués "dans la sécurisation de centres où des personnes sont détenues illégalement".

Agence France Presse

Un soldat, à Abidjan, le 14 mai 2011

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