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samedi 27 mai 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (7ème partie) : Du 16 juin 2004 au 30 juin 2004
AFP, 26 juin 2004

Irak : Le siège du parti du Premier ministre dynamité


BAAQOUBA (AFP) - Le siège du parti de l’Entente nationale du Premier ministre irakien Iyad Allaoui à Baaqouba a été dynamité, samedi 26 juin 2004, par des inconnus, après une attaque armée contre celui du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII-chiite).


"Le troisième étage d’un bâtiment où se trouve le siège de l’Entente nationale a été dévasté par une explosion", a indiqué un témoin. Un autre témoin a indiqué, après l’explosion, que les formations politiques de la ville, à majorité sunnite, avaient commencé à "prendre des dispositions pour faire face à toute attaque éventuelle".

Les forces de police et les soldats américains ont pris position autour des bâtiments publics, des postes de police et de la Garde nationale ainsi que du bureau des affaires civiles et militaires, dépendant de la coalition conduite par les Etats-Unis.

Vers 04h00 GMT, un groupe d’hommes armés et cagoulés, dont un kamikaze, a attaqué le siège du CSRII d’Abdel Aziz Hakim, représenté dans les instances politiques mises en place par la coalition. Outre le Kamikaze, quatre personnes ont été tuées et deux blessées, selon un responsable local du CSRII.

Ces attaques interviennent deux jours après une série d’attentats contre la police de la ville, à majorité sunnite, qui ont laissé de nombreuses victimes. Les attaques de jeudi 24 juin 2004 avaient été lancées en même temps qu’une série d’attentats dans les villes sunnites de Ramadi, Falloujah et Mossoul, qui ont fait au total près de 90 morts et environ 300 blessés.

Ces violences ont été revendiquées au nom du réseau du Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, accusé de liens avec Al-Qaïda, dans un communiqué qui lui est attribué. A Baaqouba même, un tract signé du groupe Tawhid wal jihad (Unification et guerre sainte), du même Jordanien, a été distribué jeudi 24 juin 2004, revendiquant les attentats dans la ville et affirmant que de nouvelles attaques y seraient lancées.

Vendredi 25 juin 2004, les forces de la coalition avaient mené un raid contre un repaire présumé du réseau de l’islamiste jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, à Falloujah, pour la troisième fois en une semaine, faisant une vingtaine de morts, selon l’armée américaine. Cette intervention intervient au lendemain d’une vague d’attaques sans précédent, revendiquées par ce groupe lié à Al-Qaïda, à trois jours d’un sommet de l’OTAN en Turquie, où les Etats-Unis souhaitent obtenir un accord sur une implication limitée de l’Alliance en Irak.

Le nouveau ministre de la Défense irakien a assuré, vendredi 25 juin 2004, avoir défini des mesures drastiques pour mater la rébellion à Bagdad, et a dit envisager d’imposer l’état d’urgence dans certaines régions du pays. "Nous avons un plan d’urgence pour Bagdad et aussi pour (mettre en place) un état d’urgence dans les autres provinces", a déclaré Hazem Chaalane lors d’une conférence de presse.

L’alerte maximale a été décrétée dans la ville pétrolière de Kirkouk, par crainte d’attentats semblables à ceux de jeudi 24 juin 2004.

Plusieurs dignitaires sunnites irakiens ont fustigé, vendredi 25 juin, la vague d’attentats de jeudi 24 juin 2004, et certains ont estimé que cela faisait le jeu des Américains.

Un représentant du grand ayatollah Ali Sistani a annoncé, vendredi 25 juin 2004, l’assassinat d’un religieux chiite à Bagdad, et lancé une violente diatribe contre la mouvance Al-Qaïda qu’il a accusée de haine antichiite.

Le groupe de l’islamiste jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, lié au réseau Al-Qaïda d’Oussama ben Laden, a revendiqué les attaques coordonnées menées contre cinq villes du pays et analysées par la coalition comme une tentative pour empêcher le transfert du pouvoir au gouvernement irakien, prévu le 30 juin 2004. Les troupes de la coalition ont tué 20 à 25 personnes dans une nouvelle frappe, la troisième en une semaine, contre un repaire présumé du réseau de l’islamiste jordanien d’Abou Moussab al-Zarqaoui, à Falloujah, a indiqué un haut responsable militaire.

Les forces américaines opérant en Irak ne pourront être poursuivies devant la justice irakienne durant le mandat du gouvernement intérimaire irakien qui débutera le 30 juin 2004 pour environ six mois, ont par ailleurs déclaré des officiels américains.

Dans ce contexte marqué par une montée de la violence, l’Armée du Mehdi, du chef chiite radical Moqtada al-Sadr, a créé la surprise en annonçant une trêve dans Sadr-City, l’immense banlieue pauvre de Bagdad, et en se disant prête à participer à la lutte contre les "terroristes". Le courant Sadr, après avoir affronté pendant deux mois les forces américaines, n’a cessé de multiplier les ouvertures en direction du nouveau régime même s’il lui reproche sa naissance à l’ombre de l’occupation.

Le président américain George W. Bush, qui s’apprêtait à partir pour la Turquie, où aura lieu, les 28 et 29 juin 2004, à Istanbul, le sommet de l’OTAN, a souhaité que l’Alliance atlantique accepte de participer à la formation de la nouvelle armée irakienne.

Dans une lettre envoyée à l’OTAN en début de semaine, le Premier ministre irakien désigné Iyad Allaoui avait demandé l’assistance de l’Alliance pour aider à entraîner les forces armées de son pays et fournir une assistance technique.

Agence France Presse

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