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dimanche 23 avril 2017
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AFP, 17 juillet 2011

Corruption : Arrestation de Rebekah Brooks en Grande-Bretagne


Un stand de journaux, à Londres, le 17 juillet 2011

La série noire s’est poursuivie, dimanche 17 juillet 2011, pour le magnat de la presse, Rupert Murdoch, avec l’arrestation, dans l’affaire des écoutes au sein de son tabloïde News of the World (NotW), de Rebekah Brooks, l’une de ses plus proches collaboratrices, contrainte à la démission deux jours plus tôt.


Grande-Bretagne

Malgré le soutien longtemps indéfectible de son mentor, Rebekah Brooks avait dû démissionner, vendredi 15 juillet 2011, de ses fonctions à News International, emportée à son tour par le scandale qui ébranle l’empire Murdoch. Toute la classe politique réclamait depuis des jours la tête de cette flamboyante rousse, fidèle lieutenant du magnat, qui était rédactrice en chef du News of the World au moment où une partie des écoutes ont été réalisées. L’ex-directrice de News International, la division britannique du groupe de Rupert Murdoch News Corp., a été arrêtée, vers midi, peu après s’être présentée à un commissariat de Londres à la demande de la police. Elle est soupçonnée « de participation à l’interception de communications » et de « corruption », a précisé Scotland Yard dans un communiqué. Considérée il y a peu comme l’une des femmes les plus puissantes du Royaume-Uni, l’ex-reine des tabloïdes, connue pour ses connexions politiques et réputée proche un temps du premier ministre, David Cameron, doit aussi répondre, mardi 19 juillet, aux questions des députés. Elle est convoquée devant la commission des médias avec Rupert Murdoch et son fils James, numéro trois de News Corp., le groupe familial.

Rebekah Brooks

Cette arrestation est la dixième dans le cadre de l’enquête rouverte, en janvier 2011, sur le scandale des écoutes téléphoniques pratiquées à grande échelle depuis le début des années 2000 par le tabloïde. Le journal dominical a dû fermer récemment à cause du scandale. La police a notamment arrêté Neil Wallis, l’ex-adjoint du rédacteur en chef entre 2003 et 2007, et son supérieur de l’époque, Andy Coulson, qui affirme n’avoir rien su de ces pratiques illégales et a été relâché sous conditions. Andy Coulson avait démissionné, début 2007, du tabloïde, avant d’être nommé, quatre mois plus tard, directeur de la communication du premier ministre, David Cameron, un poste dont il a dû démissionner à nouveau en janvier 2011, en raison de cette affaire.

Neil Wallis

Cette nouvelle interpellation est un nouveau coup dur pour Rupert Murdoch qui tente depuis deux semaines de calmer la tempête politico-judiciaire déclenchée par de nouvelles découvertes sur les pratiques de News of the World. Le détonateur a été la révélation, le 4 juillet 2011, du piratage du téléphone d’une écolière disparue et retrouvée assassinée. L’octogénaire a eu beau publier des excuses dans la presse, sacrifier également Les Hinton, directeur général de la société Dow Jones et prédécesseur de Rebekah Brooks à News International de 1995 à 2007, fermer le tabloïde et renoncer à ses projets de rachat de la totalité du bouquet satellitaire BSkyB, l’onde de choc continue de se propager. Le chef de l’opposition britannique est ainsi reparti à l’offensive ce week-end, pour exiger le démantèlement de son groupe britannique et l’édification de limites à sa toute-puissance.

Andy Coulson

La polémique sur les liens étroits que News International entretenait avec la police a aussi rebondi, avec la révélation que le patron de Scotland Yard, Paul Stephenson, avait rencontré à dix-huit reprises ses dirigeants, entre 2006 et 2010. D’après le Sunday Telegraph, des membres du conseil d’administration de BSkyB, dont Rupert Murdoch détient 39 %, auraient en outre décidé de se réunir, le 28 juillet 2011, pour discuter de l’avenir de James à la tête du groupe. Pendant ce temps, la concurrence avance ses pions. Dans l’espoir d’attirer les 7,5 millions de lecteurs de feu le NotW, le Mail of Sunday a baissé son prix dimanche à 1 livre (1,14 euros). Par ailleurs aux États-Unis, la police fédérale a annoncé, jeudi 14 juillet, avoir lancé une enquête sur des écoutes téléphoniques présumées menées par News Corp. sur le sol américain.

Agence France Presse

Paul Stephenson

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