retour article original

mercredi 29 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Corruption Corruption en Italie
AFP, 21 juillet 2011

Corruption : La Chambre des députés italienne autorise l’arrestation d’un député proche de Silvio Berlusconi


Alfonso Papa

La Chambre des députés a autorisé, mercredi 20 juillet 2011, l’arrestation d’Alfonso Papa, un député du parti de Silvio Berlusconi impliqué dans une affaire de corruption, grâce aux voix de la Ligue du Nord, signe des fortes divisions au sein de la majorité.


Italia

M. Papa, ex-magistrat, est impliqué dans une vaste affaire de corruption et de conflits d’intérêt, baptisée P4, concernant des personnalités du monde politique et économique. Le parquet de Naples réclamait son incarcération depuis la mi-juin 2011, mais les députés devaient l’autoriser en levant l’immunité du député. La justice le soupçonne d’avoir fourni, grâce à ses réseaux, des informations à des entrepreneurs sur des procédures judiciaires les concernant en échange de cadeaux (bijoux, séjours dans des hôtels de luxe). Elu du PDL, il a toutefois quitté le groupe parlementaire du parti vendredi 15 juillet. Le député, qui clame son innocence et estime être un "prisonnier politique", s’est livré à la police qui le transférait dans la soirée vers une prison de Naples. Marco Milanese, l’ex-bras droit du ministre de l’Economie, Giulio Tremonti, à qui il payait le loyer d’un appartement luxueux à Rome, est également impliqué dans cette affaire. Dans le même temps, le Sénat a en revanche voté contre l’arrestation du sénateur Alberto Tedesco (sans étiquette, ancien membre du Parti Démocrate), impliqué dans une autre affaire de corruption.

Marco Milanese

Au cours d’un vote à bulletin secret, 319 députés ont voté en faveur de l’arrestation du député tandis que 293 ont voté contre. Cette majorité n’a été atteinte que grâce aux voix du parti populiste de la Ligue du Nord, allié clé du chef du gouvernement Silvio Berlusconi, qui a voté avec l’opposition de gauche, après une valse-hésitation de son leader, Umberto Bossi. Ce dernier avait changé plusieurs fois ses consignes de vote, pris en tenaille entre son alliance avec le Cavaliere et la volonté de sa base. La Ligue a voté "oui comme nous l’avions dit", a déclaré le ministre de l’Intérieur, Roberto Maroni, haut dirigeant de ce parti, alors que M. Berlusconi s’était prononcé contre l’arrestation de M. Papa. Ce vote est donc un nouveau revers pour le Cavaliere, déjà affaibli par les scandales et deux récents revers dans les urnes. A l’énoncé du résultat du vote concernant M. Papa, Silvio Berlusconi a frappé du poing sur la table avant de quitter l’hémicycle, furibond, en qualifiant ce vote de "honte", selon les medias italiens. Il aurait également indiqué à des cadres de son parti qu’il craignait une "escalade" des arrestations préventives et un retour au climat de 1992, époque de l’opération anti-corruption "Mains propres" qui a décimé la classe politique italienne. Fabrizio Cicchitto, le chef de file des députés du PDL, le parti de Silvio Berlusconi, a dénoncé de son côté un "vote liberticide". A gauche, le leader du Parti Démocrate, Pier Luigi Bersani a parlé de "revers politique". "Il est évident que quelque chose a été rompu" au sein de la majorité, a-t-il dit. Signe d’une montée des tensions avec la Ligue, le "léguiste" Roberto Castelli, vice-ministre des Infrastructures, a affirmé qu’il infligerait une "autre déception" à M. Berlusconi, jeudi 21 juillet 2011, en votant contre le refinancement de la mission militaire en Libye.

Agence France Presse

Silvio Berlusconi

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source