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dimanche 26 février 2017
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La seconde guerre mondiale en photos 25

La guerre du désert en 1942 (2ème partie)

La seconde bataille d’El Alamein et la retraite de l’Afrika Korps


Une position italienne sur le front d’El Alamein

Comme le front Nord d’El Alamein s’était stabilisé, le reste de l’infanterie italienne y a pris la place des Allemands, les libérant ainsi pour la nouvelle offensive que le maréchal Rommel préparait dans le secteur Sud. Chaque camp a rameuté les renforts dont il pouvait disposer.

Une voiture blindée britannique Humber Mk 2 en patrouille au sud d’El Alamein, en juillet 1942


Des soldats britanniques creusent une tranchée, le 4 juillet 1942

Un canon allemand de 88 mm tracté vers la ligne de front, en juillet 1942

Le 8 juillet 1942, quand les Allemands ont lancé leur attaque dans le secteur Sud, l’Afrika Korps comptait 50 tanks et 2000 fantassins, tandis que les Italiens avaient 44 tanks et environ 4000 fantassins. Les Britanniques avaient plus de 200 tanks.

Les Néo-Zélandais qui occupaient la position de Bab el Kattara se sont repliés vers l’Est, de sorte que, le 9 juillet 1942, cette position était vide lorsque les Allemands l’ont occupée.

Le 10 juillet 1942, au début de la matinée, les Australiens, attaquant près de la côte méditerranéenne, ont rapidement bousculé les Italiens qui gardaient ce secteur. Des troupes allemandes ont dû y être envoyées de toute urgence, afin d’enrayer et repousser l’avance australienne, ce qui a contraint le maréchal Rommel de renoncer à son avance dans le Sud, où l’Afrika Korps avait atteint l’arête de Ruweisat. Le général Auchinleck a lancé une attaque blindée contre cette arête, dont la défense était affaiblie. Dans le Nord, l’apparition des tanks britanniques provoquait des capitulations massives dans les rangs de l’infanterie italienne.

Des artilleurs australiens, le 12 juillet 1942

Le 18 juillet 1942, les Britanniques avaient reçu des renforts supplémentaires et disposaient de presque 400 tanks, alors que le maréchal Rommel n’en avait pas 30.

Dans la nuit du 21 juillet 1942, le général Auchinleck a déclenché une nouvelle offensive. Mais l’exécution, comme d’habitude, a été mal coordonnée, de sorte que les tanks britanniques arrivaient à portée des Panzer et des canons antichars allemands par petits groupes, en situation d’infériorité numérique, se faisant détruire à mesure. Au cours de ce 21 juillet, les Allemands ont perdu 3 tanks, tandis que les Britanniques en ont perdu 118. Quatre jours plus tard, le général Auchinleck a voulu faire une nouvelle tentative. Ses tanks étaient toujours dix fois plus nombreux que ceux du maréchal Rommel. Là encore, toujours par manque de coordination dans l’exécution, le résultat a été un cuisant échec. Les Britanniques ont alors suspendu leur attaque.

Un Panzer 2 capturé par les alliés le 1er août 1942

Au début du mois d’août 1942, l’Afrika Korps, ayant reçu des renforts, comptait cinq fois plus de tanks que le 22 juillet.

Le général Auchinleck ne voulait pas reprendre l’offensive avant septembre, afin de donner le temps aux nouveaux renforts britanniques de s’entraîner. Winston Churchill s’est rendu en avion au Caire, où il est arrivé le 4 août. Il voulait que l’offensive reprenne sans attendre. Il a remplacé le général Auchinleck par le général Bernard Montgomery, rappelé de Grande-Bretagne. Mais le général Montgomery, qui était très méthodique, refusant lui aussi d’attaquer sans délai, a repoussé la date d’une offensive à octobre 1942, afin d’achever les préparatifs et l’entraînement. Il voulait renforcer le flanc Sud du dispositif défensif britannique.

Bernard Montgomery

Fin août 1942, grâce à l’arrivée de renforts supplémentaires, le maréchal Rommel disposait de 200 tanks allemands et 240 tanks italiens. Les Britanniques avaient 700 tanks.

Bataille d’Alam Halfa

Le Nord et le centre du front britannique étaient si solidement fortifiés que les 25 kilomètres séparant la position d’Alam Nayii de la dépression de Kattara représentaient la seule partie du front où une tentative de pénétration rapide avait des chances de réussir. Les Britanniques s’attendaient à ce que le maréchal Rommel attaque par là. Ce qu’il s’apprêtait effectivement à faire. Mais le maréchal Rommel espérait réussir malgré tout, en misant sur la rapidité de ses manœuvres et sur l’inertie habituelle de ses adversaires britanniques.

Le plan du maréchal Rommel visait à percer rapidement le secteur Sud, puis se placer en travers des lignes de communications de la 8ème armée britannique et disloquer son dispositif de défense. Pour commencer, il s’agissait de s’emparer de la ceinture de mines britanniques à la faveur d’une attaque nocturne, après quoi, avant le lever du jour, l’Afrika Korps et une partie du corps mobile italien progresseraient vers l’Est sur une cinquantaine de kilomètres, puis s’orienteraient vers le Nord-Est et la côte méditerranéenne, en direction de la zone de ravitaillement de la 8ème armée. Le maréchal Rommel espérait que cette menace attirerait les blindés britanniques à sa poursuite, lui donnant une chance de les encercler et de les détruire. En même temps, les forces mobiles italiennes devaient former, sur le flanc Nord de la percée allemande, un rideau de protection assez solide pour résister à une contre-attaque britannique venant du Nord et cherchant à couper les lignes de ravitaillement des Panzer. Il était prévu qu’après avoir gagné la bataille de tanks sur les arrières des Britanniques, les Panzer viennent à la rescousse des Italiens.

Dans la nuit du 30 août 1942, quand l’Afrika Korps a déclenché son attaque, les Allemands se sont aperçus que la ceinture de mines britannique était bien plus épaisse que prévu. Au lever du jour, l’avant-garde allemande n’avait dépassé cette ceinture que de 12 kilomètres. Le gros de l’Afrika Korps n’a pu commencer sa progression vers l’Est que vers 10h00. Pendant ce temps, la masse de ses véhicules subissait un intense bombardement aérien britannique. Les blindés britanniques avaient eu le temps de prendre leurs positions de bataille et pouvaient donc menacer le flanc d’une avance plus profonde vers l’Est. Le maréchal Rommel a alors donné l’ordre à ses blindés d’obliquer plus tôt que prévu et de se diriger vers la cote 132, le point culminant de l’arête d’Alam Halfa. Ce changement de plan a amené les Panzer dans un secteur de sable mou, gênant pour les manœuvres, où se trouvait la 8ème brigade blindée britannique, comptant à elle seule presque autant de tanks que tout l’Afrika Korps. Quant à la 22ème brigade blindée britannique, elle se trouvait à une quinzaine de kilomètres au Nord-Ouest de la 8ème. L’itinéraire initial aurait largement évité cette zone.

Les continuelles attaques aériennes britanniques et le retard des convois de carburant et de munitions ont tellement ralenti la progression de l’Afrika Korps qu’il n’a obliqué vers la cote 132 que dans l’après-midi. Au milieu de cet après-midi, en raison de la pénurie de carburant, le maréchal Rommel a dû annuler l’ordre de prendre la cote 132. Tard dans la journée, en arrivant à proximité d’Alam Halfa et des positions de la 22ème brigade blindée britannique, les colonnes de Panzer se sont trouvées prises sous un déluge de feu provenant des tanks et de l’artillerie d’appui britanniques.

Des tanks M3 Grant sur le front d’Alam Halfa

La tombée de la nuit a mis fin au combat sans que les Panzer aient pu passer. Les Allemands se retrouvaient dans une sorte d’arène, tandis que les Britanniques occupaient les gradins. Cette situation favorisait les attaques aériennes britanniques, car tout ce qui se trouvait dans l’arène était « bon à bombarder », sans risque d’erreur.

Le 1er septembre 1942, la pénurie de carburant était telle que l’Afrika Korps a dû renoncer à toute action d’envergure. Seule une tentative limitée fut faite, par l’une des deux divisions de Panzer, dans l’intention de s’emparer de la crête d’Alam Halfa. Le bombardement aérien et l’artillerie britannique causaient des pertes de plus en plus lourdes. Ce bombardement avait duré toute la nuit et a continué pendant toute la journée. La défense britannique se renforçait, car le général Montgomery a envoyé 2 autres brigades blindées contre les Panzer. Ces derniers n’avaient plus qu’une journée de carburant : de quoi parcourir une centaine de kilomètres. Après une seconde nuit de bombardements pratiquement continus, le maréchal Rommel a décidé d’organiser un repli progressif. Se méfiant d’un piège, le général Montgomery s’est opposé à une poursuite immédiate de l’Afrika Korps.

Le 3 septembre 1942, l’Afrika Korps amorça un repli général, poursuivi seulement par quelques patrouilles britanniques. Cette nuit-là, une tentative britannique visant à couper la ligne de retraite allemande a tourné à la confusion et a été suspendue après avoir subi de lourdes pertes. Le 6 septembre, les Allemands se sont arrêtés sur un haut plateau situé à 10 kilomètres de leur front initial, dans l’intention d’y organiser une forte résistance.

Le 7 septembre, le général Montgomery a décidé d’interrompre la bataille. L’Afrika Korps avait définitivement perdu l’initiative et les Britanniques recevaient un flot croissant de renforts en prévision de la prochaine bataille.

Au cours du mois de septembre 1942, près d’un tiers des navires de ravitaillement de l’Axe a été coulé en essayant de traverser la mer Méditerranée et de nombreux bâtiments ont dû faire demi-tour. En octobre, moins de la moitié du ravitaillement nécessaire est arrivée en Afrique. Aucun pétrolier n’a réussi à traverser au cours des dernières semaines précédant l’offensive britannique.

Disposition des forces sur le front d’El Alamein, le 23 octobre 1942

Seconde bataille d’El Alamein

Le débarquement allié en Afrique du Nord -opération Torch- étant prévu pour début novembre 1942, Winston Churchill tenait à ce que l’offensive britannique ait lieu avant cette date, car une victoire décisive à El Alamein encouragerait les forces françaises d’Afrique du Nord à faire bon accueil aux alliés. Cependant, afin que le général Montgomery puisse achever ses préparatifs, la date de l’offensive britannique a été repoussée au 23 octobre 1942.

Une mitrailleuse australienne

A cette date, la 8ème armée alignait 230000 combattants, face à 27000 Allemands et 53000 Italiens. La 8ème armée disposait de 1229 tanks prêts à entrer en action, et d’une réserve de plus de 1000 tanks supplémentaires entreposés en Egypte. Aux tanks Grant s’ajoutaient les récents Sherman américains, d’une qualité supérieure. Le maréchal Rommel n’avait que 260 tanks allemands et 280 tanks italiens. En réalité, seuls 210 tanks allemands étaient de taille à résister aux tanks britanniques. 1200 avions britanniques étaient prêts à appuyer l’offensive de la 8ème armée, tandis qu’Allemands et Italiens réunis n’avaient que 350 avions disponibles en Afrique. L’Afrika Korps n’avait plus que 3 rations de carburant en réserve, au lieu des 30 rations considérées comme un minimum. Les pertes de ravitaillement alimentaire avaient causé de nombreux cas de maladie dans les troupes. Le défaut d’hygiène a provoqué des épidémies de dysenterie et d’hépatite virale. Le maréchal Rommel était tombé malade en août. En septembre, il a dû rentrer en Europe pour se soigner. Ce n’est que le 25 octobre, deux jours après le début de l’offensive britannique, que le maréchal Rommel, revenant en avion, a repris la tête de l’Afrika Korps.

Un tank Sherman qui vient d’arriver sur le front d’El Alamein

Le 23 octobre 1942, à 22h30, le général Montgomery a déclenché l’offensive attendue -opération Lightfoot. L’attaque était concentrée au Nord du dispositif d’El Alamein, près de la côte, sur les 6,5 kilomètres séparant la crête de Tell El Eisa de celle de Miteiriya Dans ce secteur se tenait la 15ème division de Panzer. Une attaque secondaire était lancée dans le Sud, sans beaucoup d’insistance, contre la 21ème division de Panzer qui tenait ce secteur-là.

Des tanks Crusader britanniques en route vers la ligne de front, le 24 octobre 1942

Un artilleur allié secourt son camarade blessé

Au Nord, ce n’est que le 25 octobre 1942 que les blindés britanniques ont pu franchir les champs de mines allemands et se déployer de l’autre côté, après avoir subi de lourdes pertes en traversant d’étroits couloirs déminés. Face à cette menace, les Allemands ont dû, au cours de la journée, engager leurs Panzer les uns après les autres, afin de contenir les Britanniques. Il en est résulté de lourdes pertes parmi les Panzer. Le soir, la 15ème division blindée allemande n’avait plus qu’un quart de ses Panzer en état de combattre. La 21ème division était encore dans le secteur Sud.

Des soldats britanniques observent un bombardement d’artillerie sur les positions allemandes

Des fantassins avancent avec les blindés britanniques

Des soldats alliés s’abritent derrière un Panzer 3 hors de combat

Le 26 octobre 1942, au Nord, les blindés britanniques, entourés d’un anneau de canons antichars allemands, ont subi de lourdes pertes en essayant de repartir à l’attaque. Comprenant que sa tentative de percée avait échoué, le général Montgomery a adopté un nouveau plan -opération Supercharge. Le 28 octobre, à partir du saillant qu’ils avaient enfoncé dans les défenses ennemies, les Britanniques ont lancé une attaque en direction de la côte, dans l’intention d’avancer, ensuite, le long de la route côtière. Mais le maréchal Rommel avait rameuté sa 21ème division de Panzer et la division italienne Ariette du front Sud. L’attaque britannique s’est enlisée dans les champs de mines allemands. Quand l’attaque s’est arrêtée, l’Afrika Korps n’avait plus que 90 tanks, alors que la 8ème armée britannique avait encore plus de 800 tanks sur place.

Comme le maréchal Rommel avait rameuté ses maigres réserves au Nord du front, le général Montgomery a décidé de préparer une nouvelle attaque dans la zone de progression initiale. Cette attaque a débuté le 2 novembre 1942 et s’est traduite par un nouvel échec. Au cours de la journée, la brigade blindée de tête a perdu les trois quarts de ses tanks. A la tombée de la nuit, les Britanniques avaient perdu 200 tanks supplémentaires. Mais le maréchal Rommel était à bout de ressources. L’Afrika Korps n’avait plus qu’une trentaine de Panzer en état de marche, et les tanks italiens s’étaient fait pulvériser, tandis que les Britanniques avaient encore 600 tanks.

Un tankiste allemand se rend à un soldat britannique

Le 4 novembre 1942, le maréchal Rommel a donné, à ses troupes, l’ordre de se replier à toute vitesse. Les Britanniques ont été trop lents pour parvenir à intercepter les troupes allemandes en retraite et leur poursuite a été stoppée par des combats d’arrière-garde livrés par les 11 derniers Panzer de l’Afrika Korps. Néanmoins, la 8ème armée britannique a capturé 30000 prisonniers, 450 tanks et plus de 1000 canons.

Par étapes successives, le maréchal Rommel a poursuivi sa retraite jusqu’à la frontière tunisienne, où la 8ème armée a fini par le rejoindre.

Un Panzer 3 hors de combat

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source