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AP, 30 juillet 2011

Algérie : La torture est toujours pratiquée, accuse le président de LADDH


Evacuation d’un manifestant blessé par des policiers, à Alger, le 12 avril 2011

ALGER (AP) — "La torture est toujours pratiquée" en Algérie, a affirmé, samedi 30 juillet 2011, le président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH), Me Mustapha Bouchachi, proche de l’opposition.


Algérie

En février 2011, le président, Abdelaziz Bouteflika, sous la pression conjuguée de l’opposition et de l’opinion internationale, a levé l’état d’urgence proclamé en 1992. "On ne sait pas si [la torture] est le fait d’un commissaire, d’un officier des services, mais elle n’est pas limitée à une région, elle s’est propagée", a déclaré Mustapha Bouchachi, lors d’un point de presse, accusant le parquet de ne pas vouloir "ouvrir une enquête sur la torture". Lors d’un point de presse, il a évoqué des cadres ayant reconnu devant un tribunal avoir été torturés par les services de sécurité. Me Bouchachi, surnommé "le Vergès algérien", une référence à l’avocat français Jacques Vergès, pour avoir assuré la défense de militants islamistes, déplore également "les atteintes répétées" aux droits de l’Homme en Algérie, citant entre autre l’interdiction faite à son organisation de tenir le mois de juin dernier une conférence sur "le rôle de la société civile dans la lutte contre la corruption dans les pays arabes". Toujours selon l’avocat, des citoyens se sont aussi vus refuser la délivrance d’un passeport en raison d’un avis défavorable des services de sécurité. C’est une "disposition anticonstitutionnelle et contraire aux conventions", s’insurge le président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme, pour qui "rien n’a changé depuis la levée de l’état d’urgence". Me Bouchachi a aussi évoqué les récentes consultations politiques menées par une commission mise en place par le président Bouteflika, dans le prolongement des réformes promises en avril. "Pour nous", a-t-il dit, "cette commission c’est de la poudre aux yeux. Le peuple n’y a pas été associé. Il n’y a pas de volonté d’ouverture chez le régime".

Associated Press

Mustapha Bouchachi

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