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lundi 24 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Irak (7ème partie) : Du 16 juin 2004 au 30 juin 2004
AFP, 28 juin 2004

Irak : Transfert des pouvoirs à Bagdad, nouveaux otages menacés de décapitation


La coalition conduite par les Etats-Unis a remis le pouvoir aux Irakiens, lundi 28 juin 2004 au matin, une annonce surprise avec deux jours d’avance sur la date prévue, tandis que des groupes islamistes menacent de décapiter un US Marine et un Pakistanais si les détenus irakiens ne sont pas libérés.


La passation de pouvoir a été formalisée par un échange de documents entre l’administrateur américain Paul Bremer et le chef du gouvernement intérimaire irakien, Iyad Allaoui lors d’une cérémonie dans la Zone verte, qui abrite le QG de la coalition, après quatorze mois d’occupation de l’Irak. Le président intérimaire, Ghazi al-Yaouar, a pris part à cette courte cérémonie qui s’est tenue vers 10h30 locale (06H30 GMT). Conséquence logique du transfert de pouvoir, la dissolution de l’Autorité provisoire de la coalition (CPA) a été annoncée officiellement peu après. M. Bremer, lui, a quitté l’Irak en mi-journée, après y être resté 13 mois.

Les dernières semaines ont été marquées par un climat de violence qui n’a cessé de s’amplifier à l’approche de la date du 30 juin 2004, initialement prévue pour le transfert définitif de l’autorité aux Irakiens.

Ce climat de violence a sans doute pesé sur la décision d’avancer le transfert de deux jours, afin de couper court à d’éventuelles actions de la résistance le 30 juin. Peu de temps avant la cérémonie, M. Allaoui avait ainsi déclaré à l’AFP : "Nous avons été informés que les pouvoirs seront transmis aux Irakiens aujourd’hui pour des raisons de sécurité". "C’est un grand plaisir d’être ici, au nom de la coalition, pour ce transfert de souveraineté", a affirmé M. Bremer pendant la cérémonie proprement dite, qui s’est déroulée devant une trentaine de politiciens, diplomates et journalistes réunis dans le bureau de M. Allaoui. "Ce transfert de souveraineté à un gouvernement et au peuple irakiens est une journée historique. Nous avons travaillé dur avec l’ambassadeur Bremer pour y arriver", a affirmé M. Allaoui à un petit groupe de journalistes. M. Bremer a remis à MM. Allaoui et Yaouar une lettre du président américain George Bush, demandant la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays qui avait été rompues en 1990 après l’invasion du Koweït par Saddam Hussein.

Après la cérémonie, le général Mark Kimmitt, chef adjoint des opérations militaires de la coalition, a indiqué qu’aucun accord formel n’avait été signé entre la coalition et l’exécutif irakien sur le statut des forces étrangères qui resteront dans le pays. "Nous opérions auparavant selon la résolution 1511 (du 16 octobre 2003) du Conseil de Sécurité de l’ONU et désormais nous opérons sous la résolution 1546", du 8 juin 2004, a-t-il dit.

Selon un haut responsable américain parlant en marge du sommet de l’OTAN, à Istanbul, le président américain George W. Bush a salué le transfert de pouvoir en Irak, en soulignant le "sérieux" dont font preuve les nouveaux dirigeants du pays dans la lutte anti-terroriste. Ce sommet des 26 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Alliance atlantique, qui s’est ouvert, lundi 28 juin 2004, doit approuver une offre d’assistance à la formation des forces de sécurité irakiennes. La France a indiqué "prendre acte" du transfert de pouvoir, salué par les autorités jordaniennes.

A Londres, le ministère de la Défense britannique a annoncé qu’un soldat britannique avait été tué et que deux autre avaient été blessés par une explosion à Bassorah, apparemment au passage de leur convoi.

Une explosion semblable, au passage d’un convoi militaire américain, a coûté la vie à deux paysans irakiens dans la région de Baaqouba, selon une source hospitalière.

De son côté, l’armée américaine a annoncé lundi qu’un Marine avait été tué au combat, samedi 26 juin 2004, en Irak, et a confirmé qu’un caporal des Marines, Wassef Ali Hassoun, était porté disparu depuis le 21 juin. La télévision satellitaire Al-Jazira du Qatar a diffusé dimanche soir un message vidéo d’un groupe armé montrant cet homme d’origine pakistanaise retenu en otage.

Ce groupe, qui s’est présenté comme le "Mouvement de la riposte islamique -branche armée de la résistance"-, a menacé de décapiter le soldat américain si "tous les détenus irakiens dans les prisons des forces occupantes ne sont pas libérés", sans toutefois fixer de date d’expiration à cet ultimatum.

La télévision satellitaire arabe Al-Arabiya a quant à elle diffusé un message vidéo d’un autre groupe armé, qui menace de décapiter un otage pakistanais si "des prisonniers originaires des régions proches de la base à Balad et de Samarra, Abou Ghraib, Yathrib et Djil, ne sont pas libérés" d’ici trois jours. L’otage est apparu à l’écran portant un badge de la compagnie américaine Kellogg, Brown and Root (KBR), filiale du groupe Halliburton chargé d’un grand nombre de projets de reconstruction en Irak.

Samedi 26 juin 2004, Al-Jazira avait diffusé un message vidéo attribué au groupe du Jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, lié à Al-Qaïda, montrant trois otages turcs et menaçant de les décapiter si Ankara ne retire pas ses entreprises d’Irak dans les 72 heures.

Agence France Presse

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