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vendredi 23 juin 2017
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La seconde guerre mondiale en photos 26

Opération Torch

Les alliés débarquent en Afrique du Nord


Un convoi américain en route pour Casablanca

Les débarquements alliés en Afrique du Nord française ont eu lieu le 8 novembre 1942. Le général américain Eisenhower a été désigné commandant en chef de ce qui a été baptisé l’opération Torch.


Les Britanniques voulaient que les débarquements aient lieu en Algérie, le plus près possible de la Tunisie, afin de pouvoir s’emparer de ce dernier pays avant que les Allemands aient pu y envoyer des renforts. Les Américains auraient voulu se limiter à un débarquement sur la côte Atlantique du Maroc, suivi d’une lente avance en direction de la Tunisie. Les Américains redoutaient qu’à la nouvelle du débarquement les Allemands envahissent l’Espagne -voire le Maroc espagnol- et bloquent le détroit de Gibraltar, ce qui aurait isolé les forces débarquées sur la côte algérienne de leurs voies de ravitaillement. A la suite d’un compromis, il a été décidé de débarquer simultanément sur trois points de la côte atlantique marocaine -Fedala, Mehdia et Safi-, ainsi qu’à Alger et Oran.

La plus grande partie du Maroc, l’Algérie et la Tunisie étaient des possessions française. A l’époque, l’Algérie était même partie intégrante de la France. Bien que largement dispersée, une armée française potentiellement redoutable était stationnée dans ces possessions d’Afrique du Nord. Cette armée française était aux ordres du gouvernement de Vichy, qui collaborait avec les Allemands. Elle comptait 120000 hommes. Par des tractations secrètes, les Américains se sont efforcés de gagner à leur cause les plus hauts gradés français, afin que leurs troupes ne s’opposent pas au débarquement. Pour la plupart, ces hauts gradés ont eu une attitude opportuniste, en commençant par faire tirer sur les alliés, puis en retournant leur veste après que les débarquements aient manifestement réussis. Bien que limités aux cinq premiers jours, de violents combats ont opposé les troupes françaises d’Afrique du Nord aux alliés, jusqu’à ce que l’amiral français Darlan, quasiment prisonnier des Américains, donne l’ordre de cesser le feu. Une bataille navale a même eu lieu, à Casablanca, entre Français et Américains.

Des F4F Wildcat sur le pont d’envol du porte-avions américain Ranger

La DCA du cuirassé américain USS Massachusetts tire contre des chasseurs français, au large de Casablanca, au Maroc, le 8 novembre 1942

Le cuirassé français Jean Bart pendant un échange de tir avec la flotte américaine, à Casablanca, au Maroc, le 8 novembre 1942

Le cuirassé français Jean Bart, gravement endommagé à la suite d’un échange de tir avec des navires américains, à Casablanca, le 8 novembre 1942

Des soldats américains à bord d’une barge de débarquement, au large d’Oran, en Algérie, le 8 novembre 1942

Des soldats américains débarquent sur la plage d’Azreu, en Algérie, le 8 novembre 1942

La population locale accueille les soldats américains sur la plage d’Azreu, en Algérie, le 8 novembre 1942

Des soldats alliés à Oran

Une Jeep américaine débarque dans le port de Fedala, au Maroc

François Darlan

Les Allemands s’emparent de la Tunisie

Le 9 novembre 1942, des troupes allemandes ont commencé à arriver en Tunisie par avion et ont pris le contrôle des aérodromes. Des renforts sont arrivés par un pont aérien et par mer.

Le 10 novembre 1942, à minuit, d’autres troupes allemandes traversaient la ligne de démarcation qui coupait la France en deux et envahissaient la zone française non-occupée jusqu’alors. Il en est résulté que les troupes françaises d’Afrique du Nord se sont rangées avec les alliés.

Le 12 novembre 1942, les alliés, sans rencontrer de résistance, s’emparaient de Bône, à l’Est de l’Algérie, par une opération maritime et aéroportée.

A ce moment-là, les Allemands n’avaient que 3000 hommes en Tunisie et les forces alliées auraient facilement pu s’emparer du pays. Elles y ont pénétré par détachements successifs. Les Allemands ont aussitôt lancé une attaque contre l’avant-garde française, pourtant numériquement supérieure. Les Français ont reculé, pour attendre l’arrivée des alliés. Ceux-ci ont décidé de grouper leurs forces avant de prendre l’offensive. Les Allemands ont mis ce délai à profit pour envoyer des renforts en Tunisie.

Des blindés allemands à Tunis, fin 1942

Lorsque les alliés ont voulu reprendre leur avance sur Tunis, ils se sont heurtés à des contre-attaques allemandes plus puissantes et ont subi de lourdes pertes. Leur avance est devenue très prudente, malgré une écrasante supériorité numérique. En comparaison des Allemands, la plupart des soldats et officiers américains débarqués en Afrique du Nord étaient des novices.

Des tankistes américains à Souk El-Arba, en Tunisie, le 23 novembre 1942

Un Tiger en Tunisie

Le 27 novembre 1942, les Allemands ont tenté de s’emparer de la flotte française basée à Toulon. Comme ils avaient bloqué la sortie du port avec des mines, les navires français ne pouvaient pas s’échapper. Ils se sont sabordés.

Le cuirassé Strasbourg et les croiseurs Colbert, Algérie et Marseillaise, après leur sabordage, à Toulon, en France

A la veille de Noël, l’amiral Darlan a été assassiné en Algérie. Le général français Giraud, soutenu par les Américains, a voulu prendre la tête d’un gouvernement français provisoire, mais la plupart des Français refusaient de le reconnaître pour chef. Il a dû s’intégrer au Comité français de libération nationale constitué par les Français libres du général de Gaulle, dont il devait finir par se retirer.

A la même époque, le général Eisenhower a décidé d’interrompre l’avance vers Tunis, en attendant la fin de l’hiver. Des pluies torrentielles transformaient le champ de bataille en marécage. Adolf Hitler et Benito Mussolini ont profité de ce répit pour déverser d’immenses renforts en Tunisie, portant la défense de la tête de pont à plus de 250000 hommes. Leur reddition finale allait laisser le Sud de l’Europe pratiquement dégarni de défenseurs, facilitant l’invasion de la Sicile.

La conférence de Casablanca

En janvier 1943 s’est tenue la conférence de Casablanca, entre le président américain Roosevelt et le premier ministre britannique Churchill. Ils ont adopté le projet d’invasion de la Sicile. Enfin, parmi d’autres décisions, le président Roosevelt a annoncé l’exigence d’une capitulation inconditionnelle des pays de l’Axe.

Franklin Delano Roosevelt et Winston Churchill à la conférence de Casablanca, au Maroc, en janvier 1943

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