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AFP, 8 septembre 2011

Ethiopia : Deux journalistes suédois sont accusés de terrorisme


Des rebelles de l’ONLF

Deux journalistes suédois arrêtés début juillet 2011 en Éthiopie ont été inculpés d’« activité terroriste », a affirmé, mercredi 7 septembre 2011, le porte-parole du gouvernement éthiopien, Shimeles Kemal.


Ethiopia

Depuis sa création, en 1984, le Front national de libération de l’Ogaden (ONLF) lutte pour l’indépendance de l’Ogaden, une région du sud-est de l’Éthiopie à majorité somali. En août 2011, l’Éthiopie a arrêté 31 personnes, dont des figures de l’opposition, accusées de liens avec un autre groupe qualifié de terroriste par Addis Abeba, le Front de libération Oromo (OLF). Toute personne reconnue coupable d’avoir commandité ou prévu des activités terroristes peut être condamnée jusqu’à la prison à vie en Éthiopie.

Johan Persson

Les deux Suédois, Johan Persson et Martin Schibbye, sont en détention depuis qu’ils ont été arrêtés, le 1er juillet 2011, avec un groupe du Front national de libération de l’Ogaden. Un accrochage entre le groupe rebelle et l’armée éthiopienne avait alors fait quinze morts et six blessés, dont les journalistes. Les deux journalistes, interpellés près de la frontière somalienne, alors qu’ils se trouvaient avec un groupe rebelle, « sont accusés d’être impliqués dans une activité terroriste en violation de la nouvelle loi antiterroriste d’Éthiopie », a déclaré Shimeles Kemal. « Nous sommes inquiets que l’affaire ait débouché sur une inculpation des journalistes », a commenté par téléphone, depuis Stockholm, un porte-parole du ministère suédois des Affaires étrangères, Anders Jorle. Ils « effectuaient sur place une mission journalistique. Nous n’avons pas de raison de mettre en doute leurs affirmations », a-t-il ajouté. Les deux Suédois, des journalistes indépendants, sont aussi « accusés d’avoir soutenu et apporté une aide professionnelle à des terroristes » et d’être « entrés dans un État souverain sans visa valide ou d’autorisation légale », a ajouté Shimeles Kemal. Ils ont comparu, mardi 6 septembre, devant la justice, aux côtés de deux Éthiopiens accusés d’être membres du Front national de libération de l’Ogaden. Au cours de l’audience, le procureur a diffusé une vidéo montrant, selon lui, que les deux Suédois avaient reçu des cours de maniement d’armes de membres du Front national de libération de l’Ogaden. La justice a rendu sa décision mercredi 7 septembre.

Agence France Presse

Martin Schibbye

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