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ATS, 11 septembre 2011

Informations internationales : Joseph Deiss se confie


L’assemblée générale de l’ONU, à New York

A quelques jours de la fin de son mandat à la tête de l’Assemblée générale des Nations Unies, Joseph Deiss n’a pas perdu son enthousiasme. L’ONU est « l’autorité morale » du monde, affirme-t- il, se disant « impressionné » par sa diversité, sa grandeur et ses résultats.


Joseph Deiss

C’est certainement à regret que le président suisse de l’Assemblée générale de l’ONU, Joseph Deiss, passera le relais, dans deux jours, au Qatariote Nassir Abdulaziz Al-Nasser. Une chose est sûre : l’ancien chef de la diplomatie suisse est dans son élément à l’ONU. Ce mandat de président de l’Assemblée générale marque le point culminant d’une longue carrière politique. Motif de cet enthousiasme : à l’ONU, « 193 Etats sont représentés en permanence et sont responsables pour l’ensemble de l’humanité », affirme avec verve l’ancien ministre des Affaires étrangères et de l’Economie dans un entretien à l’ats. Cela ne se passe nulle part ailleurs. M. Deiss ne cache pas les faiblesses d’une organisation d’une telle taille et de sa bureaucratie. On a besoin de toutes les forces pour que l’ONU devienne « une puissance morale » encore meilleure, assure-t-il. Pour lui, l’un des principaux défis qui attend l’organisation, c’est de « s’adapter au 21e siècle ». Pour cela, il faut une réforme du Conseil de sécurité, dont la composition ne correspond depuis longtemps plus à la réalité géopolitique. Cette réforme n’a pas beaucoup avancé ces dernières années. Si l’Assemblée générale ne parvient pas à la mener à son terme, la crédibilité de l’ONU en aura pris un coup, avertit Joseph Deiss.

Un couple de Palestiniens confectionne des drapeaux, à Hebron, en Cisjordanie, le 8 septembre 2011

L’ancien chef de la diplomatie helvétique cite deux événements qui l’ont particulièrement touché durant son année présidentielle : la suspension de la Libye du Conseil des droits de l’Homme et l’adhésion du Soudan du Sud comme 193e Etat membre de l’ONU. En tant que président de l’Assemblée générale, M. Deiss s’est en principe efforcé de ne pas prendre parti sur les sujets discutés. Mais il s’est parfois écarté de cette position : il a ainsi salué la décision du plénum de suspendre Tripoli du Conseil des droits de l’homme. Avec cette décision, l’Assemblée générale a souligné que le régime de Mouammar Kadhafi avait franchi une ligne rouge en matière de respect des droits humains, souligne-t-il. Toujours en lien avec le dossier libyen, M. Deiss rappelle que, dans sa résolution 1973, le Conseil de sécurité mentionne pour la première fois explicitement le devoir de protection pour justifier son action. En d’autres termes : on devait intervenir pour protéger les populations civiles contre leur propre gouvernement.

Des Sud-Soudanais dansent pour fêter l’indépendance de leur pays, à Juba, le 9 septembre 2011

Plus généralement, l’ancien président de la Confédération souligne que son « bagage » helvétique lui a parfois été utile, notamment dans la conduite de difficiles négociations telles que celles sur le budget des opérations de maintien de la paix. La Suisse est considérée par beaucoup de pays de l’ONU comme un modèle, insiste-t-il. « Nous sommes considérés comme prévisibles, pragmatiques et orientés vers des solutions ». Et, contrairement à ce qu’affirmaient les opposants à une adhésion de la Suisse à l’ONU, la Confédération n’a pas perdu son statut d’Etat neutre et souverain, ajoute-t-il. Dès son entrée en fonction, le « président Deiss » avait mis l’accent sur une valeur « suisse » : la ponctualité. Toutes les séances devaient commencer à l’heure. Son insistance a payé. « Maintenant, tout le monde veut débuter les séances à l’heure », lance-t-il en riant. Au final, M. Deiss affirme avoir vécu une année « merveilleuse et riche ». L’ONU et New York lui manqueront. Pour l’avenir, il se sent toujours motivé et affirme qu’il ne s’ennuiera pas. Il ne prévoit pas de revenir en politique en Suisse. A ses yeux, il est surtout important d’avoir à nouveau plus de temps pour sa famille. Et de prendre la vie un peu plus calmement.

Agence télégraphique suisse

L’enterrement d’un enfant mort de faim, à Mogadiscio, en Somalie, le 10 septembre 2011

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