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mercredi 22 février 2017
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Reuters, 12 septembre 2011

Corruption : Robert Bourgi accuse encore

par Marc ANGRAND et Patrick VIGNAL


Vue du Palais de l’Elysée, à Paris

L’avocat Robert Bourgi a de nouveau mis en cause, lundi 12 septembre 2011, plusieurs ex-présidents et ministres de la 5e République qui auraient, selon lui, reçu directement ou indirectement, pendant des décennies, des fonds occultes de chefs d’Etat africains. Ses déclarations, qui devraient lui valoir plusieurs plaintes en diffamation, ont déclenché un tollé dans la classe politique, à sept mois et demi du premier tour de l’élection présidentielle.


France

Après avoir accusé, dans le Journal du Dimanche, Jacques Chirac et Dominique de Villepin d’avoir reçu, pendant dix ans, par son intermédiaire, plusieurs dizaines de millions de dollars de fonds occultes, Robert Bourgi a affirmé, lundi 12 septembre 2011, sur Europe 1, que ces pratiques remontaient aux années 1960. "M. (Jacques) Foccart (longtemps conseiller aux Affaires africaines de l’Elysée aujourd’hui décédé) m’a dit, à moi, que ces pratiques existaient même du temps de M. Pompidou, même du temps de M. Giscard d’Estaing, et même du temps de M. Mitterrand", a-t-il déclaré. Robert Bourgi assure que les pratiques occultes auxquelles il a collaboré ont cessé après l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. "Je ne roule pour personne. J’entends dire que je suis conseiller officieux, officiel, du président Sarkozy, c’est faux. Je ne suis le conseiller de personne ", a répliqué Robert Bourgi avant d’ajouter : "Mes avis sont sollicités."

Robert Bourgi

Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont annoncé, dimanche 11 septembre 2011, à tour de rôle, qu’ils allaient déposer plainte en diffamation. L’ancien Premier ministre a qualifié de "fariboles" les allégations de l’avocat. Le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), a évoqué, dimanche 11 septembre, la possibilité de saisir une commission d’enquête parlementaire sur les "affirmations sans le moindre début de commencement de preuve", de Robert Bourgi. Ce dernier a reconnu qu’il n’avait aucun élément à fournir à l’appui de ses accusations. "Je n’ai aucune preuve. Dans ce domaine-là, il n’y a aucune preuve, aucune trace", a-t-il dit sur Europe 1. "Et tout le monde le sait, à commencer par ceux à la disposition desquels je vais me mettre, c’est-à-dire les magistrats".

Bernard Accoyer

L’ouverture d’une information judiciaire a de nouveau été réclamée, lundi 12 septembre 2011, par l’opposition. "Il n’y a qu’une manière de faire la lumière : la justice. La justice et rapidement", a dit l’ancien Premier ministre socialiste, Laurent Fabius, sur RTL. "Ce qui est sûr, c’est que si ces faits sont avérés, c’est le plus grand scandale de la droite depuis des décennies", a-t-il ajouté.

Laurent Fabius

A gauche comme au Front national, l’opposition croit voir derrière les révélations de Robert Bourgi la volonté de Nicolas Sarkozy de nuire à Dominique de Villepin, qui n’exclut pas une candidature à l’élection présidentielle. Pour Marine Le Pen, la présidente du Front national, l’affaire est pourtant bien liée aux dissensions au sein de l’UMP. "Je pense qu’au bénéfice de règlements de comptes entre M. de Villepin et M. Sarkozy, on finit par apprendre la vérité", a-t-elle dit sur France Info. "C’est ça qui me paraît très suspect, en l’occurrence : c’est que M. Bourgi est très, très proche de Nicolas Sarkozy. Il fait partie du premier cercle du PR, du cercle de la famille, des amis proches", a-t-elle ajouté. "Croyez-moi, je pense que les Français, d’ici quelques mois, en apprendront aussi sur la manière dont le président de la République est dans la continuité en la matière."

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Marine Le Pen

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