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samedi 27 mai 2017
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La campagne de Tunisie


Des bombardiers Boston au-dessus de la Tunisie

A la suite de la bataille d’El Alamein, les forces italo-allemandes du maréchal Erwin Rommel ont effectué une retraite, par étapes, qui les a amenées à la frontière tunisienne, où elles se sont retranchées derrière la ligne Mareth début février 1943. Il y avait là 30000 soldats allemands, environ 48000 Italiens, et 130 Panzer, dont moins de la moitié étaient en état de marche. La 8ème armée britannique, commandée par le général Bernard Montgomery, s’est rangée devant cette ligne de défense, en se préparant à l’attaquer.

En Tunisie, les Allemands devaient désormais défendre deux fronts. Le front Ouest, par où arrivaient les alliés débarqués en Afrique du Nord, et le front Sud, où la 8ème armée britannique, commandée par le général Montgomery, en provenance d’El Alamein, s’apprêtait à attaquer les lignes défensives italo-allemandes de la ligne Mareth.

La campagne de Tunisie


L’offensive de Rommel

Le maréchal Rommel a imaginé un plan visant à contourner le front Ouest par le Sud, et attaquer les lignes de ravitaillement des alliés loin en arrière -à Bône, en Algérie-, afin de les contraindre d’évacuer la Tunisie. Après quoi, on se serait occupé de la 8ème armée britannique, sur le front Sud.

Mais le maréchal Rommel se trouvait alors sous les ordres du général Jurgen von Arnim, qui ne croyait pas au succès du plan de Rommel. Le mouvement de contournement prévu a été réduit de telle sorte qu’au lieu d’éviter largement la masse des armées alliées, Rommel était censé attaquer leur zone de concentration, juste à l’arrière du front, où ils massaient leurs renforts. De plus, le général Arnim a retiré au maréchal Rommel une partie de ses Panzer, afin de renforcer une offensive qu’il voulait lui-même diriger dans le Nord du front Ouest.

Cette contre-attaque du maréchal Rommel a débuté le 14 février 1943. Elle a déclenché une sorte de panique chez les alliés, qui ont réagi par un mouvement de repli général sur la dorsale occidentale tunisienne, en abandonnant une énorme quantité de matériel militaire dont les Allemands ont pu s’emparer. Le 20 février, le maréchal Rommel a lancé ses troupes à l’attaque du col de Kasserine, mais elles se sont heurtées à la résistance acharnée d’un tout petit détachement britannique qui a détruit 11 Panzer avant de céder le terrain. Le maréchal Rommel a alors poursuivi son attaque, avec seulement 30 Panzer, 20 canons automoteurs et 2 bataillons d’infanterie motorisée. Après de nouveaux succès initiaux, cette attaque a été stoppée par un grand rassemblement de forces alliées. Les pertes allemandes devenaient trop lourdes pour le peu de terrain qui était gagné. Le maréchal Rommel a donc replié ses troupes. Au Nord, le général Arnim a lancé deux autres contre-attaques, qui ont également échoué après des succès initiaux.

Un tank américain Grant pendant la bataille du col de Kasserine, en 1943

Des soldats américains au col de Kasserine

Fin février 1943, les généraux allemands estimaient que 140000 tonnes de ravitaillement par mois étaient nécessaires pour maintenir la capacité combative des forces de l’Axe en Tunisie. Elles ne devaient recevoir que 29000 tonnes au cours du mois de mars, dont un quart par avion. En avril, ces livraisons allaient baisser à 23000 tonnes. C’est cette pénurie -due à l’interception des navires de l’Axe par l’aviation et la flotte alliées- qui allait finalement provoquer l’effondrement brutal des forces de l’Axe en Tunisie.

Début mars 1943, les alliés disposaient de plus de 250000 combattants, 1800 tanks, 1200 canons et 1500 pièces antichars. Les forces de l’Axe comptaient 120000 combattants et à peine 200 Panzer.

Un chasseur allemand détruit sur un aérodrome

Le 6 mars 1943, le maréchal Rommel a lancé une attaque préventive sur le front Sud, contre la 8ème armée du général Montgomery. La défense britannique s’est avérée très puissante. L’attaque allemande a dû être interrompue dans la soirée, après la perte de plus de 40 Panzer.

Le 9 mars, le maréchal Rommel a pris un congé de maladie, dans l’espoir de persuader Adolf Hitler d’abandonner la Tunisie. Il a été reçu par le dictateur, qui lui a interdit de retourner en Afrique.

Un blindé italien

Peu après la mi-mars 1943, les alliés ont lancé des offensives dans la partie Sud du front Ouest tunisien, mais ces attaques se sont brisées sur la défense allemande. Néanmoins, les Allemands ont perdu plusieurs dizaines de Panzer en lançant des contre-attaques.

Un Panzer 3 détruit

L’offensive de Montgomery

Le 20 mars 1943, la 8ème armée britannique s’est lancée à l’attaque de la ligne Mareth.

Une attaque frontale, près de la mer Méditerranée, a échoué. Un mouvement de contournement, par le désert, a également été stoppé. Le général Montgomery a décidé d’abandonner l’attaque frontale et de renforcer le mouvement de contournement.

Une tempête de sable a dissimulé les tanks britanniques pendant qu’ils traversaient un col hérissé des deux côtés de canons antichars ennemis, avant de se déployer de l’autre côté. Face à cette menace de contournement, les Allemands ont décidé d’évacuer la ligne Mareth et de se replier sur la ligne de l’oued Akarit.

Cette position n’a pas non plus pu être tenue, car, sur le front Ouest, les Américains avaient lancé une nouvelle offensive, qui a contraint les Allemands d’y envoyer la plupart de leurs Panzer.

Un blindé allemand

Le 6 avril 1943, peu avant la nuit, les troupes de l’Axe se sont repliées de l’oued Akarit, pour occuper une nouvelle position défensive à Enfidaville, qu’elles ont atteint le 11 avril. Au Nord, après des combats défensifs, les forces de l’Axe se sont également repliées, en sorte d’effectuer leur jonction avec celles du front Sud et tenir un arc de cercle de 150 kilomètres de long, entre la côte Nord et Enfidaville. En raison des pertes subies, cette ligne de défense était trop longue pour être tenue face à la supériorité numérique des alliés. Les Allemands n’avaient plus que 45 Panzer en état de marche et 60000 hommes. Les alliés disposaient de 300000 combattants et 1400 tanks.

L’équipage d’un blindé allemand

Dans la nuit du 19 avril 1943, les alliés ont lancé une offensive générale presque simultanée, dans tous les secteurs. Le 25 avril, la défense allemande avait réussi a arrêter partout cette offensive, au prix de mineures pertes de terrain. Mais les forces de l’Axe avaient épuisé leurs dernières ressources pour repousser cette offensive. Elles n’avaient plus que le quart de la quantité de carburant nécessaire pour refaire le plein de leurs véhicules. Il ne leur restait que de quoi parcourir 25 kilomètres. Les stocks de munition étaient à peine suffisants pour trois jours de combats. La nourriture commençait à manquer. Les aérodromes de Tunisie étaient devenus intenables pour les avions de l’Axe, qui avaient dû se replier en Sicile.

Le 6 mai 1943, les alliés ont lancé une nouvelle offensive massive. Le 8 mai, la défense allemande a commencé à s’effondrer. Les Allemands se sont mis à capituler en masse. Le 13 mai, tous les chefs et les troupes de l’Axe en Tunisie s’étaient rendus.

Des soldats britanniques à Tunis, le 7 mai 1943

Un camp de prisonniers de guerre allemands près de Mateur, le 9 mai 1943

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source