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jeudi 27 avril 2017
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Reuters, 2 octobre 2011

Corruption : Deux nouveaux policiers lyonnais en garde à vue

par Thierry LEVEQUE et Patrick VIGNAL


Vue de l’Hôtel-de-Police de Lyon

Deux autres policiers de la brigade des stupéfiants de Lyon ont été placés en garde à vue, samedi 1er octobre 2011, à la "police des polices" dans une affaire de corruption qui suscite une vive émotion, a-t-on appris, dimanche 2 octobre, de source judiciaire.


France

Ils sont désormais six à être interrogés par l’Inspection générale des services (IGS). Michel Neyret, numéro deux de la police judiciaire de Lyon arrêté jeudi 29 septembre 2011, le chef de la brigade de recherche et d’intervention (BRI, "anti-gang") de Lyon et deux dirigeants de l’antenne de police de Grenoble ont vu en effet leur garde à vue prolongée dimanche 2 octobre. Michel Neyret doit être présenté, lundi 3 octobre, à un juge d’instruction parisien, en vue d’une probable mise en examen pour "corruption, trafic d’influence, association de malfaiteurs et trafic de stupéfiants". L’épouse de Michel Neyret, arrêtée en sa compagnie, et un membre présumé du grand banditisme ayant un lien avec le chef adjoint de la PJ, ont été présentés au juge dès samedi 1er octobre et mis en examen. Le parquet a requis leur placement en détention. Un juge des libertés a laissé libre sous contrôle judiciaire Mme Neyret, mais a placé en détention provisoire l’autre suspect. Directrice d’un hôtel, l’épouse de Michel Neyret est poursuivie pour "recel de corruption, de trafic d’influence et de vol et association de malfaiteurs". Michel Neyret serait confondu, selon l’accusation, par des écoutes téléphoniques menée initialement dans l’enquête sur un trafic international de stupéfiants, où il est apparu, fin 2010 et début 2011, dans des conversations avec des truands. La nouvelle information judiciaire confiée, en mai, sur cet aspect spécifique du dossier, a permis de nouvelles écoutes téléphoniques qui seraient encore plus accablantes pour le policier lyonnais. Elles laissent penser qu’il a utilisé des stocks de cannabis saisis durant des enquêtes pour dédommager un indicateur dont la voiture était accidentée, dit-on de source judiciaire. Le fait de puiser dans les scellés de drogue pour faire du commerce ou rémunérer des informateurs est présenté comme une "pratique régulière" de Michel Neyret. On ignore à ce stade de la procédure si sont en cause un profit personnel, une technique professionnelle ou les deux. Selon le journal Le Monde, l’Inspection générale des services s’est rendue en Suisse pour examiner des comptes bancaires qui seraient liés à l’affaire. Il est question aussi de sommes offertes par des membres de la pègre, notamment un montant de 30000 euros pour des séjours à Marrakech, au Maroc. L’avocat de Michel Neyret a fait savoir qu’il niait les faits. Ce dossier de corruption présumée dans la police est de loin le plus grave depuis au moins une quinzaine d’années en France et il touche de plus une figure respectée de la hiérarchie policière, souvent en vue dans les médias.

Thierry LEVEQUE et Patrick VIGNAL

Michel Neyret

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