retour article original

lundi 27 février 2017
Vous êtes ici Accueil Corruption Corruption en Suisse
ATS, 2 novembre 2011

Corruption : Les rois des conseils d’administration en Suisse

Suivi d’un commentaire


Vue du Palais fédéral, à Berne

Le Parti libéral-radical demeure le plus fortement représenté dans les conseils d’administration en Suisse. Les conseillers nationaux PLR comptent en moyenne chacun 6,6 mandats, contre 4 pour l’ensemble de la Chambre du peuple, qui rassemble 799 mandats au total.


Suisse

Les conseillers nationaux PDC arrivent assez loin derrière avec 4,6 mandats dans des fondations, associations ou entreprises. Suivent ceux de l’UDC (4,5), du PBD (3,8), du PS (2,4), des Verts (2,1) et des Vert’libéraux (2), selon une enquête du Service d’information économique Credita réalisée sur la base du registre suisse du commerce et publiée mercredi 2 novembre 2011. L’industriel libéral-radical lucernois Otto Ineichen est le conseiller national qui compte le plus de mandats dans des conseils d’administration, soit 27, avant tout dans des PME. Il est suivi de Kurt Fleury (PLR/SO), encore en lice au Conseil des Etats, avec 20 mandats. Il s’agit davantage de conseils de fondations ou d’entreprises d’intérêt public, en particulier de transports. L’industriel UDC Peter Spühler monte sur la troisième marche du podium, avec 19 mandats. Outre les conseils d’administration de divers groupes et entreprises, il siège dans des organisations patronales telles que Swissmem. En terme de nombre de mandats, il est à égalité avec son collègue de l’UDC, le président sortant du groupe Caspar Baader (BL), ainsi que la nouvelle venue Roberta Pantani (Lega/TI).

Otto Ineichen

Le premier Romand du classement est Olivier Français (PLR/VD), à la 10e place avec 13 mandats. Membre de l’exécutif de la ville de Lausanne, il la représente dans plusieurs conseils d’administration, qu’il s’agisse d’entreprises de transport ou d’élimination de déchets. L’étude menée par Credita ne précise pas en effet si le parlementaire siège pour ses propres intérêts ou s’il représente une collectivité publique ou autres groupements. Tel est ainsi le cas d’Alain Ribaux (PLR/NE), troisième Romand du classement avec 9 mandats, dont plusieurs en tant que directeur des finances de la ville de Neuchâtel. Ce qui n’est pas le cas de Pierre-François Veillon (UDC/VD), deuxième Romand avec 12 mandats, la plupart dans des PME. Le Vert vaudois Luc Recordon et la socialiste grisonne Silva Semadeni Bruderer sont les premiers du camp rose-vert dans ce classement, avec 8 mandats chacun. Seuls 38 conseillers nationaux se partagent la moitié des près de 800 mandats et ils ne sont que 17 à en détenir chacun plus de dix. A l’inverse, près des deux tiers de la Chambre du peuple, 141 exactement comptent quatre mandats ou moins. Et ils sont 30 à n’en détenir aucun.

Agence télégraphique suisse

Pierre-François Veillon

Commentaire

La Suisse est probablement le seul pays au monde où la corruption a été légalisée et institutionnalisée par les politiciens à leur profit personnel. Ainsi, en Suisse, les élus peuvent siéger, à titre privé, dans les conseils d’administration de toutes les sociétés disposées à leur verser un pot-de-vin. Bien entendu, il n’est pas politiquement correct de dire "un pot-de-vin". Il faut dire : "un jeton de présence". On comprend aisément que les pots-de-vin distribués au milieu politique ne le sont pas à titre altruiste. Les sociétés concernées attendent des élus qu’elles achètent que ceux-ci votent des lois conformes à leurs intérêts et qu’ils mènent une politique néolibérale.

On relèvera que les médias locaux, à l’instar de l’Agence télégraphique suisse, ne dénoncent jamais cette situation de corruption généralisée et institutionnalisée pour ce qu’elle est. Bien au contraire, elle s’efforce de persuader la population qu’il n’y a rien de plus normal. Mieux : les élus les plus corrompus sont loués pour "leur engagement au service de l’économie". Quiconque dénonce cette situation se fait traiter de "populiste qui alimente le tous pourris du Café du commerce". En Suisse, fermer les yeux sur le corruption du milieu politique est érigé en devoir civique.

Frank BRUNNER

Corruption : Les rois des conseils d’administration en Suisse

2 novembre 2011   [retour au début des forums]

Un cas très spécial est celui du zurichois conseiller aux Etats le radical Gutwiller. Figure de proue et lobbyiste de l’industrie pharmaceutique ce sioniste a déposé un postulat pour le prélèvement d’organe sur une personne décédée même si elle s’y était opposée de son vivant.
On se croirait en Albanie ou au Kosovo !
Consultez son cv et vous serez surpris des conseils d’administration où il siège.

Répondre à ce message

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source