retour article original

samedi 25 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Informations internationales Afrique Burundi
AFP, 22 novembre 2011

Burundi : Plus de 300 ex-rebelles et militants exécutés en cinq mois


Les cadavres des victimes d’un massacre perpétré dans un bar, à Bujumbura, le 19 septembre 2011

Plus de 300 militants et anciens combattants de l’ex-rébellion des Forces nationales de libération ont été assassinés au cours des cinq derniers mois, a affirmé, mardi 22 novembre 2011, l’Observatoire de l’action gouvernementale (OAG), un collectif de la société civile au Burundi.


Burundi

Le gouvernement burundais avait créé, en novembre 2010, une commission d’enquête sur plusieurs cas d’exécutions extra-judiciaires rapportés par le Bureau des Nations Unies au Burundi (BNUB). Celle-ci n’a pas encore rendu son rapport, malgré les nombreuses pressions de la communauté internationale sur le pouvoir. Les exécutions extra-judiciaires se sont multipliées, au Burundi, depuis les dernières élections générales (juin et juillet 2010), boycottées par l’opposition et remportées par le parti du président, Pierre Nkurunziza. Le gouvernement burundais est confronté depuis bientôt un an à une vague d’attaques attribuées officiellement à des "bandits armés". Pour la population, ces attaques sont le fait d’une rébellion naissante en train de se constituer. Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2011, des inconnus lourdement armés et en uniformes avaient attaqué un bar d’une localité proche de Bujumbura et tué au moins 36 personnes. Lundi 21 novembre, 18 rebelles présumés -des "bandits armés" selon les autorités locales- ont été tués lors d’affrontements avec les forces de l’ordre dans la province de Cankuzo, selon le gouverneur de cette province. La multiplication de ces violences, attaques meurtrières et autres exécutions sommaires, fait craindre à de nombreux observateurs une reprise des hostilités à plus grande échelle dans ce pays marqué par une longue guerre civile qui a fait près de 300000 morts entre 1993 et 2006.

Pierre Nkurunziza

"Nous constatons avec consternation que dans tous les coins du pays, une machine à tuer diabolique cible constamment les militants des partis d’opposition", a déclaré à l’AFP Onesphore Nduwayo, président de l’Observatoire de l’action gouvernementale, qui regroupe plusieurs associations de la société civile au Burundi. "Ainsi, depuis plus de cinq mois, plus de 300 militants ou anciens combattants démobilisés du parti FNL d’Agathon Rwasa ont été tués", a-t-il ajouté. Dans la majeure partie des cas, selon M. Nduwayo, "ces gens sont arrêtés par les Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir) ou par des éléments de la police ou des services secrets, sont conduits dans un endroit inconnu puis on les retrouve morts, exécutés". Le parti d’opposition Mouvement pour la solidarité nationale (MSD) de l’ancien journaliste Alexis Sinduhije "semble aujourd’hui dans l’oeil du cyclone", selon M. Nduwayo, qui affirme que trois militants de ce parti ont été tués dans les mêmes circonstances en moins de deux semaines. Contacté par l’AFP, le secrétaire général et porte-parole du gouvernement Philippe Nzobonariba a promis de réagir à ces accusations plus tard dans la journée. "Il n’y a rien qui puisse expliquer un tel déchaînement de violences, car le pouvoir assure que la paix et la sécurité règnent dans le pays", a souligné Onesphore Nduwayo, appelant le "pouvoir à mettre fin à cette barbarie sans nom" et "la communauté internationale à sortir de son silence".

Agence France Presse

Une flaque de sang sur le lieu d’un massacre perpétré dans un bar, à Bujumbura, le 19 septembre 2011

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source