retour article original

vendredi 23 juin 2017
Vous êtes ici Accueil Informations internationales
AP, 28 novembre 2011

Informations internationales : Un quart des terres arables sont très dégradées


Un quart des terres arables dans le monde sont "très dégradées", ce qui pourrait menacer à terme la capacité de la planète à nourrir une population croissante, avertit l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans un rapport publié lundi 28 novembre 2011.


La FAO estime que la production agricole devra augmenter de 70 % d’ici 2050 pour nourrir une population mondiale qui devrait atteindre à cette date neuf milliards d’habitants. Il faudra ainsi produire un milliard de tonnes supplémentaires de blé, de riz et d’autres céréales et 200 millions de tonnes de plus d’animaux d’élevage. L’essentiel des terres disponibles sont déjà exploitées avec des méthodes qui font souvent baisser leur rendement et conduisent à l’érosion des sols et au gaspillage de l’eau. Pour répondre aux besoins futurs, une "intensification soutenable" de la productivité agricole sur les terres déjà exploitées sera donc nécessaire, précise la FAO dans son rapport intitulé "L’état des ressources en terres et en eaux pour l’alimentation et l’agriculture dans le monde". Selon le rapport, le changement climatique et de mauvaises pratiques agricoles ont contribué à une baisse de la productivité des terres agricoles. La FAO estime que 25 % des terres sont désormais "très dégradées" du fait de l’érosion des sols, de la dégradation de l’eau et de la perte de biodiversité, alors que 8% sont modérément dégradées, 36% stables ou légèrement dégradées. L’état de seulement 10 % des terres est en "amélioration". Parmi les régions où la situation s’est détériorée, figure l’Europe de l’ouest, où une agriculture très intensive a conduit à la pollution des sols et des aquifères, et à une perte de biodiversité. Dans l’Himalaya, les Andes, en Ethiopie et en Afrique australe, l’érosion des sols est associée à des inondations accrues. Le rapport souligne également que l’eau tend à se raréfier dans le monde et son taux de salinité à augmenter, tandis que les nappes phréatiques sont de plus en plus polluées par les rejets de l’agriculture et d’autres polluants. Des systèmes d’irrigation plus efficaces seront nécessaires pour répondre aux besoins en eau de la planète en 2050, selon la FAO.
L’agence onusienne estime que les investissements nécessaires jusqu’en 2050 s’élèvent à 1000 milliards de dollars (748 milliards d’euros) pour les systèmes d’irrigation dans les pays en développement, et à 160 milliards de dollars (119 milliards d’euros) pour la préservation des sols et le contrôle des inondations.

Selon le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, la pression accrue sur les terres liée à l’essor des agrocarburants, combinée au changement climatique et à de mauvaise pratiques agricoles, font courir le risque d’une production insuffisante en 2050. "Les conséquences en termes de faim et de pauvreté sont inacceptables", a-t-il déclaré à la presse au siège de la FAO à Rome. "Des mesures correctives doivent être prises maintenant."

Associated Press

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source