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lundi 26 juin 2017
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La seconde guerre mondiale en photos 17

La guerre aérienne en Europe 1939-1942 (2ème partie)


Chargement des soutes d’un bombardier Stirling

Au fur et à mesure que l’imprécision des bombardements britanniques apparaissait, l’accent était mis par l’état-major, avec une insistance croissante, sur l’atteinte du moral de la population civile -autrement dit, sur des bombardements de terreur. Il devenait aussi important de détruire la volonté de combattre de la population ennemie que de détruire les moyens de combattre des forces ennemies. Un plan de l’état-major de la RAF, daté du 2 septembre 1941, prévoyait d’écraser l’Allemagne en six mois, au moyen d’un nombre de bombardiers porté à 4000. Churchill a fait remarquer qu’une amélioration de la précision quadruplerait les effets des bombardements d’une manière plus économique. Il estimait que les conséquences matérielles et morales des bombardements stratégiques étaient largement exagérées. Et il prévoyait une amélioration des défenses allemandes.

Winston Churchill


Les craintes de Churchill, au sujet d’une amélioration de la défense du ciel allemand, se sont bientôt vérifiées. En novembre 1941, le Bomber Command a subi de lourdes pertes, en particulier lors d’attaques multiples lancées le 7 novembre par 400 bombardiers. Sur les 169 bombardiers partis pour bombarder Berlin, 12,5 % ne sont pas rentrés à leur base.

Au cours de l’hiver 1941-1942, les opérations du Bomber Command se sont principalement centrées sur Brest, autour des cuirassés allemands Scharnhorst et Gneisenau, qui ont reçu quelques coups au but.

A la mi-février 1942, le Gee, un système radio de navigation et de repérage d’objectif, était en cours de montage sur un grand nombre de bombardiers.

Le 14 février 1942, l’état-major de la RAF, dans une nouvelle directive, a souligné que la campagne de bombardement devait maintenant « être centrée sur le moral de la population civile ennemie, et en particulier des ouvriers industriels. » Cette directive se trouvait sur le bureau du maréchal de l’Air Harris lorsqu’il a été placé à la tête de l’aviation de bombardement britannique, le 22 février.

Début mars 1942, un raid de bombardement a été lancé contre les usines Renault, à Billancourt. C’était la première fois que des fusées éclairantes étaient utilisées sur une grande échelle. Sur 235 appareils, un seul bombardier a été perdu.

Un Lancaster

Bombardement aveugle des villes allemandes

Dans le courant du mois de mars 1942, un raid de bombardement sur Lubeck a dévasté le centre de la ville à coup de bombes incendiaires. Les pertes en bombardiers ont été élevées. En avril, Rostock a subi quatre attaques du même genre. Ces villes étaient hors du rayon d’action du système Gee, mais elles étaient faciles à localiser. De mars à avril, la ville d’Essen a subi huit raids de bombardement, mais ces raids se sont avérés moins efficaces, les conditions atmosphériques étant moins favorables et la défense allemande étant plus forte.

Du côté allemand, on renforçait les défenses en toute hâte, avec des canons de DCA et des projecteurs guidés par radar, ainsi qu’avec un nombre croissant de chasseurs de nuit.

Bombardement de Lubeck, le 29 mars 1942

Les opérations Circus

Les opérations Circus, lancées au début de 1941 et poursuivies en 1942, visaient à bombarder, de jour, des objectifs sur la zone côtière continentale, afin de contraindre la chasse allemande d’attaquer les bombardiers et d’intercepter les chasseurs allemands avec une escorte de chasseurs britanniques. Ces opérations Circus inauguraient la lutte pour la supériorité aérienne des alliés au-dessus des côtes septentrionales de la France, en vue des projets ultérieurs de débarquements. Malgré certains succès, ces opérations étaient limitées par le relativement faible rayon d’action des chasseurs britanniques. Lorsque la zone des opérations de jour a été étendue, les pertes en bombardiers se sont avérées sévères chaque fois que l’opposition rencontrée était forte.

Des Bristol Beaufighters

Les raids de 1000 bombardiers

En 1942, la principale innovation a été le déclenchement très applaudi de raids de « 1000 bombardiers ». Au moyen d’une concentration des forces, le maréchal de l’Air Harris cherchait à réduire les pertes en bombardiers et accroître l’effet obtenu. En mai 1942, le Bomber Command ne comptait que 416 appareils de première ligne, mais en faisant appel aux escadrilles de seconde ligne et d’entraînement, dans la nuit du 30 mai, on est parvenu à envoyer 1046 bombardiers au-dessus de Cologne. Au cours de ce raid, 240 hectares de la ville ont été dévastés. C’était beaucoup plus que par les 1346 sorties effectuées sur Cologne au cours des neuf mois précédents. 40 bombardiers ont été abattus par la défense allemande.

Le 1er juin 1942, tous les effectifs de bombardiers disponibles -956 appareils- ont été envoyés sur Essen, mais les nuages et la brume ont préservé la ville de dommages importants. 31 avions britanniques ont été abattus par la défense allemande. Ensuite, la formation de « 1000 bombardiers » a été dissoute.

Mais le maréchal de l’Air Harris continuait de projeter d’autres raids du même genre. Le 26 juin 1942, 904 bombardiers, dont 102 appareils du Coastal Command, ont attaqué le grand port de Brême et les usines d’aviation Focke-Wulf. En raison du ciel très nuageux, les dégâts infligés ont été relativement minimes, alors que les pertes atteignirent près de 5 % des bombardiers engagés, en particulier au sein des escadrilles d’entraînement. Aucun autre raid de « 1000 bombardiers » n’a été déclenché avant 1944.

En raison de l’impression faite par ces raids sur le public des pays alliés, le maréchal de l’Air Harris a obtenu que les effectifs du Bomber Command soient portés à 50 escadrilles opérationnelles. En août 1942 étaient créées des unités d’éclaireurs -Pathfinder Force- et de nouveaux systèmes de navigation ont été adoptés pour les bombardiers : le système Oboe en décembre 1942, et le système H2S en janvier 1943.

Un Lancaster au-dessus de Hambourg

Bilan des bombardements britanniques

Cependant, les dégâts subis par l’industrie allemande restaient négligeables. La production d’armement allemande a augmenté d’environ 50 % en 1942. Le ravitaillement en pétrole, qui était le point faible de l’Allemagne, a été à peine affecté. La production aéronautique allemande a considérablement augmenté. Au cours de l’année 1942, le nombre de chasseurs de jour de la Luftwaffe, sur le front Ouest, est passé de 292 à 453 et celui des chasseurs de nuit de 162 à 349. Par contre, la Grande-Bretagne a perdu 1404 bombardiers au cours de la même année. Il a fallu supprimer le poste de copilote pour compenser les pertes d’effectifs.

Un Messerschmitt 109 prêt au décollage

Suite dans La guerre aérienne en Europe 1943-1945 (1ère partie)

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source