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vendredi 24 février 2017
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AP, 8 juillet 2004

Irak : Les prisons abritent très peu de combattants étrangers

Suivi d’un commentaire


BAGDAD (AP) - Le gouvernement irakien a annoncé, mercredi 7 juillet 2004, qu’il détenait 29 combattants étrangers dans le quartier de haute sécurité de la prison d’Abou Ghraib à Bagdad, et 60 autres seraient détenus soit à Abou Ghraib soit à Camp Bucca dans le sud du pays, pour des "activités anti-irakiennes qui menacent la sécurité des forces de la coalition", selon l’expression du lieutenant-colonel Barry Johnson, porte-parole américain pour les questions de détention.


Ces chiffres faibles contrastent avec le nombre d’Irakiens détenus dans le pays : environ 5500 actuellement. Mais, au total, ce sont environ 22000 Irakiens qui ont été à un moment ou un autre emprisonnés dans le pays depuis la fin officielle de la guerre en mai 2004.

La faiblesse des chiffres concernant les étrangers fait peser un doute sur le bien-fondé des accusations, répétées depuis des mois par les autorités irakiennes et les Américains, pour qui les étrangers auraient pris une part importante dans l’insurrection irakienne. En privé, les responsables américains du renseignement reconnaissent d’ailleurs que l’immense majorité des résistants sont des Irakiens, la plupart du temps des sunnites. Au mois de mai 2004, d’ailleurs, le général Dempsey, de la Première division blindée, avaient estimé à environ 1 % la part des étrangers dans la résistance à Bagdad.

Mais le ministre irakien des Droits de l’homme Bakhityar Amin a semble-t-il utilisé le thème de la présence des combattants étrangers pour aggraver les lois sur la sécurité annoncées mercredi 7 juillet 2004. Le Premier ministre Ilyad Allaoui a lui aussi accusé des infiltrations étrangères de déstabiliser le pays.

Associated Press

Commentaire

Les membres du gouvernement irakien prétendument "souverain" ne sont guère plus que des agents de la CIA qui trahissent le peuple irakien au profit des Etats-Unis. L’ambassade des Etats-Unis à Bagdad peut être elle-même considérée comme une annexe de la CIA.

Dans son écrasante majorité, le peuple irakien méprise, à juste titre, les potiches que l’occupant a désignées pour gouverner l’Irak. Ces potiches s’efforcent de sauver les apparences en affectant un discours nationaliste, en prétendant s’exprimer au nom de l’Irak et du peuple irakien. D’où la thèse selon laquelle il n’y aurait pas de résistance irakienne, les résistants étant censés être "des terroristes étrangers" ; tandis que l’écrasante majorité des Irakiens -toujours selon cette thèse- approuveraient l’occupation étrangère et reconnaîtraient pour leur le gouvernement potiche...

En réalité, le gouvernement potiche mène une véritable guerre civile contre le peuple irakien. Il s’efforce de contraindre les Irakiens à une soumission absolue à l’occupant. Dans ce but, il recourt à l’intimidation, en rétablissant la peine de mort et en ordonnant à la police, tout comme à l’armée irakienne, de se mettre au service de l’occupant.

Dans ces circonstances, il est normal que la résistance multiplie les attaques contre les policiers et les soldats irakiens, au lieu de se contenter d’attaquer les troupes d’occupation. Le gouvernement potiche est directement responsable des morts subies, par la police et l’armée irakiennes, parce que ces morts sont victimes d’un choix politique délibéré. Ils sont sacrifiés comme des pions, au profit de l’occupant.

La prétention du gouvernement des potiche d’inarner "l’Etat de droit" n’est pas moins hypocrite. En réalité, l’occupant et son gouvernement potiche ont instauré une situation de non-droit au préjudice des Irakiens. L’occupant et ses mercenaires ont obtenu, du gouvernement potiche, une immunité judiciaire qui les autorise à tuer des Irakiens en toute impunité. Le Temps a publié un article -repris sur interet-general.info- dans lequel un garde de sécurité se vante de tuer "au moins" un Irakien par jour...

On rappellera que le gouvernement potiche a adopté une attitude de complicité avec l’occupant en approuvant jusqu’au bombardement de la ville de Fallujah. Quel autre gouvernement, au cours de l’Histoire moderne, a autorisé une armée d’occupation étrangère à bombarder ses propres villes ?

Il ne fait aucun doute que les membres du gouvernement potiche irakien, s’ils n’ont pas été abattus d’ici là, quitteront l’Irak en même temps que les troupes d’occupation, ou qu’ils seront alors fusillés en raison de leurs actes de trahison au préjudice du peuple irakien.

On souhaite tout le succès possible à la résistance irakienne.

Frank BRUNNER

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