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lundi 22 mai 2017
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GHI, 23 juin 2004

Corruption : Le Conseil administratif de la ville de Genève a offert 133325.- CHF aux prétendus "altermondialistes" genevois

par François BAERTSCHI


Le canton de Genève n’a pas été le seul à financer l’accueil des anti-G8, à l’époque du sommet d’Evian. Le Conseil administratif de la Ville a versé 133325.- CHF aux altermondialistes.

Mais où a fini l’argent des contribuables ? Mystère.


Le 19 février 2004, le président du Conseil d’Etat [l’exécutif du canton de Genève] Robert Cramer révélait des chiffres étonnants à GHI. Pas moins de 170000.- CHF ont été payés par le canton de Genève pour accueillir les militants altermondialistes en juin

2003.

En fait, c’est l’association « Genève Ville de Paix », qui a reçu cette jolie somme. Mais, pour l’instant, on ne sait pas précisément où est allé chaque franc.

Robert Cramer

Christian Ferrazino est bref...

Un citoyen genevois, Frank Brunner, a déposé plainte. Il demande des comptes détaillés qu’on s’est bien gardé de lui donner [lire les articles de cette même rubrique].

A notre connaissance, l’argent public a servi à

subventionner des T-shirts, mégaphones et d’autres supports d’une manifestation qui a tourné à l’émeute, mais aussi des associations.

Après le canton, la Ville de Genève vient, à son tour, de révéler le montant de sa contribution aux militants anti-G8. Une année après les faits ! Répondant à une question du jeune conseiller municipal Pierre Maudet

(radical), le conseiller administratif Christian Ferrazino (Alliance de gauche) a reconnu que 133325.- CHF ont été accordés à l’association « Genève Ville de Paix ». Cette dernière -comme son nom ne l’indique pas- a servi de holding associatif. C’est-à-dire que des groupements, pour l’heure inconnus du contribuable, ont été indirectement financés.

Christian Ferrazino

Deux poids, deux mesures

Cette somme considérable a été dépensée sans la plus élémentaire des transparence. Est-on sûr que chaque franc a été correctement dépensé ? Christian Ferrazino reste, pour une fois, très discret et n’entre pas dans les détails.

Au même moment, le Conseil administratif [l’exécutif de la ville de Genève] sème le doute sur la probité d’un de ses hauts fonctionnaires, Roger Beer [deux articles lui sont consacrés dans la rubrique corruption], par ailleurs ennemi politique puisqu’il est membre du parti radical. Il le suspend de façon expéditive, sans traitement, avant enquête. Les preuves : des documents douteux et des ragots.

Roger Beer

Mais la majorité de gauche reste beaucoup plus discrète sur la destination des 130000.- CHF destinés aux

manifestants anti-G8. Quelles associations, quels groupements, quels éventuels particuliers ont reçu cette jolie somme ? Pour l’heure, le Conseil administratif se montre sélectif : sévère avec ses ennemis du centre et de la droite ; complaisant avec ses alliés d’extrême-gauche.

Ville de guerre civile...

Il faudra bien rendre des comptes et détailler l’usage du moindre centime ! Nous dire si aucun franc n’est allé financer, même indirectement, des actes violents.

Au même moment, des habitants du canton, victimes de l’émeute, n’ont pas été indemnisés par l’Etat de Genève.

Dans cette affaire, la majorité de gauche

du Conseil administratif qui s’est fortement impliqué dans cette affaire, mais également le gouvernement cantonal, ont joué aux pompiers pyromanes. Il ne faut pas un centime pour les casseurs, mais une indemnisation pour toutes les victimes de la violence. C’est cela aussi une vraie Genève ville de paix !

Olivier de Marcellus : demi-victoire ou... demi-défaite ?

Nouveau rebondissement dans la procédure judiciaire qui vise Olivier de Marcellus. Ce fonctionnaire, co-organisateur des manifs anti-G8, est inculpé

d’instigation à la désobéissance. Neuf commerçants, victimes de ces manifestations, s’étaient constitués parties civiles. La Chambre d’accusation vient d’en rejeter sept, mais garde H&M ainsi que la société

Ambio Music d’Alain Gross.

Olivier de Marcellus

Ce dernier, petit commerçant de Saint-Gervais,

avait témoigné de sa situation dramatique dans le GHI (4 mars 2004) : après les manifs anti-OMC en 1988, le cauchemar continuait en 2003. Et dans tous les

cas, les soi-disant progressistes l’ont traité avec mépris, lui, le petit commerçant, travailleur et issu d’un milieu modeste.

En 2003, le psychologue-fonctionnaire Olivier de Marcellus en appelait à la désobéissance contre le fantôme de la mondialisation et des maîtres du monde

bien protégés. Ce sont des gens comme Alain Gross qui ont payé les pots cassés de ce délire collectif.

Suite à cette décision de la Chambre d’accusation, chaque partie crie victoire. L’avocat d’Alain Gross, Me Alexandre de Gorsky, explique ainsi sa position sur le fond : « Cela ne change strictement rien. Deux commerçants auront accès au dossier et sont reconnus comme partie civile. » Maintenant, les critères sont clarifiés et il est possible que d’autres commerces se

joignent.

La Chambre d’accusation rappelle les déclarations imprudentes d’Olivier de Marcellus, qui en appelait à la désobéissance civile, son ambiguïté en tant que fonctionnaire. Mais elle met le doigt sur un point capital. Si la liberté d’expression ou de réunion sont reconnues par le droit fédéral, il n’en va pas de même de celle de manifester. En particulier, les manifestations sont soumises à autorisation et ne doivent pas troubler l’ordre public. Ceci, tout le monde l’a oublié à Genève. Même au Conseil d’Etat.

Manifester violemment -c’est-à-dire user de la force contre les plus faibles- nous fait sortir du champ de la démocratie.

François BAERTSCHI

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