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lundi 24 avril 2017
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Le Monde diplomatique, 15 mars 2012

Informations internationales : Que cache l’engouement pour les relocalisations ?

par Gérard DUMENIL et Dominique LEVY


Une aciérie à Detroit, aux Etats-Unis

L’automobile américaine qui se redresse ; l’industrie allemande qui s’exporte ; la relocalisation d’unités de production qui pointe... Mais derrière les déclarations se cachent des réalités moins reluisantes.


Une usine abandonnée, à Detroit, aux Etats-Unis

La prolongation de la crise ouverte en 2008 a hissé une thématique au premier plan des débats : la désindustrialisation des pays du
« centre » du système-monde (Etats-Unis et Europe). Le président
américain, Barack Obama, qui entame une année électorale, a choisi
cette question comme l’une des lignes directrices de sa campagne (avec la lutte contre l’industrie financière, responsable du premier épisode de la crise, et la question des inégalités [1]). Un mot a fait son apparition : l’insourcing (2), symétrique de l’outsourcing, c’est-à-dire la sous-traitance. L’idée générale est de ramener la production industrielle sur le territoire national ; ce qu’on appelle en France la « relocalisation ».

Barack Obama

Difficile de mettre en doute l’urgente nécessité d’un retour de
l’industrie, après un mouvement massif de la production vers les périphéries. On peut y voir un moyen de faire baisser le chômage et de ralentir le déclin –relatif– des économies du centre, mais aussi d’éviter les déséquilibres du commerce extérieur. Et ceux-ci revêtent une
importance particulière dans le contexte actuel de la crise des dettes souveraines, car les institutions financières internationales (lesdits « marchés ») sanctionnent avant tout le cumul des deux déficits : celui
du budget et celui du commerce extérieur.

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  • Gérard DUMENIL et Dominique LEVY

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