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vendredi 24 février 2017
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AFP, 8 juillet 2004

Irak : Affrontements meurtriers à Samarra, un Philippin enlevé


BAGDAD (AFP) - Une attaque et des heurts consécutifs ont coûté la vie à au moins dix personnes dont cinq soldats américains et fait une cinquantaine de blessés, jeudi 8 juillet 2004, en Irak, où un Philippin a été enlevé et où les Etats-Unis envisageraient de réduire leurs effectifs militaires en 2006.


Le procès de Saddam Hussein a par ailleurs été évoqué, au Koweït et au Liban : le président du Tribunal spécial irakien (TSI), Salem Chalabi, a eu des entretiens à ce sujet au Koweït, l’émirat comptant poursuivre en justice l’ex-président irakien pour avoir ordonné son invasion en 1990. A Beyrouth, la ministre irakienne de l’Agriculture, Sawsane al-Charifi, a assuré devant la presse que Saddam Hussein aurait "un procès équitable".

M. Chalabi a notamment rencontré à Koweït le procureur qui instruit le dossier des crimes perpétrés par l’armée irakienne dans l’émirat durant ses sept mois d’occupation (août 1990-février 1991).

Saddam Hussein et onze dirigeants de son régime ont comparu le 1er juillet devant un juge irakien, qui leur a signifié les chefs d’inculpation retenus contre eux. Saddam Hussein sera poursuivi pour crimes contre l’humanité et sera passible de la peine capitale qui a été rétablie par le gouvernement intérimaire.

A Samarra, à 125 km au nord de Bagdad, où des groupes de résistants font régner la terreur, cinq soldats américains et un Irakien membre de la Garde nationale ont été tués, jeudi 8 juillet 2004, dans une attaque au mortier qui a été suivie d’affrontements. L’attaque, qui visait un QG de la Garde nationale, est survenue au lendemain de la signature d’un décret dotant le Premier ministre irakien Iyad Allaoui de pouvoirs exceptionnels pour juguler la violence. Elle a fait plus de 20 blessés et les affrontements qui ont suivi entre groupes armés et forces de sécurité irakiennes, assistées de soldats américains, en ont fait une trentaine, selon des sources hospitalières.

Au total, près de 400 Irakiens ont été tués et plus de 1600 blessés dans les violences depuis la formation le 1er juin du gouvernement intérimaire irakien, selon un bilan officiel obtenu par l’AFP. Parmi eux, 120 ont été tués et plus de 350 blessés depuis le transfert du pouvoir aux Irakiens le 28 juin 2004, signe de la persistance de la violence malgré ce transfert.

Autres victimes des violences, un ancien responsable du parti Baas dissous de Saddam Hussein est mort, jeudi 8 juillet 2004, dans l’explosion de sa voiture, à Bagdad, et le fils d’un chef tribal pro-américain ainsi que deux policiers ont été abattus, mardi 6 juillet 2004, à Ramadi, au coeur de la province sunnite rebelle de l’ouest de Bagdad.

L’enlèvement d’un travailleur philippin par des islamistes, annoncé mercredi 8 juillet 2004 dans une vidéo diffusée par la télévision Al-Jazira, a été confirmé par les Philippines, qui ont indiqué avoir établi des "lignes de communication" avec les ravisseurs. Ces derniers, dans leur vidéo, menaçaient de tuer leur otage si Manille ne retirait pas sous 72 heures sa cinquantaine de soldats déployés en Irak. Les autorités philippines ont en conséquence interdit à leurs ressortissants de se rendre en Irak.

Quant au US Marine d’origine libanaise enlevé il y a dix huit jours en Irak et libéré par ses ravisseurs, Wassef Ali Hassoun, il est vraisemblablement au Liban mais le mystère persiste sur l’endroit où il se trouve et la manière dont il est arrivé dans le pays.

Selon le New York Times de jeudi 8 juillet 2004, citant des responsables du Pentagone, les Etats-Unis ont commencé à travailler sur une réduction de leurs effectifs en Irak en 2006, mais le niveau actuel des troupes américaines (135000 hommes) sera maintenu en 2005.

Les Etats-Unis attendaient la publication, prévue vendredi 9 juillet 2004, d’un rapport du Congrès sur le travail des services de renseignement sur l’Irak avant la guerre qui devrait mettre sur la sellette la CIA pour ses erreurs de jugement.

La ministre irakienne du Travail et des Affaires sociales, Leila Abdel Latif, a lancé un appel à la communauté internationale à "aider l’Irak à reconstruire ses institutions" et restaurer la démocratie, à travers l’organisation d’élections législatives début 2005.

Agence France Presse

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