Les propos de l’écrivain allemand sur la politique israélienne vis-à-vis de l’Iran suscitent une vague d’indignation parmi les écrivains israéliens. Plusieurs députés de l’opposition allemande refusent quant à eux sa présence à leurs meetings.
Les Occidentaux et Israël accusent Téhéran de vouloir se doter de l’arme atomique sous couvert d’un programme civil, ce que l’Iran dément en dépit de six résolutions de l’ONU condamnant son programme nucléaire. Les dirigeants iraniens appellent régulièrement à « rayer de la carte » l’Etat d’Israël, qu’ils qualifient de « tumeur cancéreuse » au Moyen-Orient. Dans un poème écrit en prose et intitulé Ce qui doit être dit, paru dans le journal allemand Süddeutsche Zeitung, Günter Grass, âgé de 84 ans, a accusé Israël, avec son arsenal atomique, de menacer la paix mondiale en faisant planer la possibilité de frappes préventives contre les sites nucléaires iraniens. En 2006, le Prix Nobel de littérature 1999, connu pour ses positions de gauche, avait tardivement reconnu avoir fait partie dans sa jeunesse des Waffen SS, unité d’élite du régime d’Adolf Hitler, lui qui avait pourtant souvent renvoyé l’Allemagne à son passé nazi.
Israël a décidé de considérer Günter Grass comme persona non grata, après le tollé provoqué par la publication de son poème controversé. Le président de l’association israélienne des écrivains de langue hébraïque a appelé, mardi 10 avril 2012, ses confrères à travers le monde à dénoncer les prises de position « immorales » du Prix Nobel de littérature allemand Günter Grass, qui a critiqué la politique d’Israël concernant l’Iran. « Nous sommes heurtés par les prises de position honteuses et immorales de Günter Grass qui visent à délégitimer Israël et le peuple juif, et appelons les écrivains à travers le monde à les dénoncer », a affirmé Herzl Hakak. « Nous allons nous adresser au Pen Club ainsi qu’au comité Nobel. Ils doivent s’exprimer : il ne s’agit pas de politique, mais de morale, car Grass est complice d’une opération de blanchiment des déclarations génocidaires des dirigeants iraniens », a-t-il ajouté. L’écrivain le plus connu qui a signé cet appel est le romancier A.B. Yehoshua. Les auteurs israéliens les plus célèbres, comme Amoz Oz, David Grossman ou Sayed Kashua, classés à gauche, ne se sont pas joints à cette initiative. La presse non plus n’est pas unanime sur le sujet. Le plus engagé des éditorialistes israéliens, Gideon Levy, marqué à gauche, a écrit, dimanche 8 avril, dans le quotidien Haaretz : « Les Israéliens ont des raisons d’être en colère contre Günter Grass, mais ils doivent l’écouter. » « De la même façon que les neuf strophes du poème ont perdu le sens de la proportion quant au jugement sur Israël, de même les réactions furieuses souffrent d’exagération », poursuit-il. « Le poème contient des choses qui doivent être dites. On peut, et d’ailleurs on devrait dire, que la politique d’Israël menace la paix mondiale. Sa position contre le nucléaire israélien est également légitime. Il a le droit de s’opposer à la livraison de sous-marins à Israël sans que son passé ne lui revienne immédiatement à la figure ».
L’Académie suédoise, qui décerne chaque année le prix Nobel de littérature, ne voit pour sa part aucune raison de retirer celui attribué à l’Allemand Günter Grass, a annoncé, mardi 10 avril 2012, son Secrétaire permanent, Peter Englund. « Il n’y a pas, et il n’y aura pas, de discussions à l’Académie suédoise pour lui retirer son prix », a-t-il dit. « En ce qui concerne le débat provoqué par le poème de Günter Grass Was gesagt werden muss (Ce qui doit être dit, ndlr), je voudrais souligner que Günter Grass a reçu le prix Nobel en 1999 pour son mérite littéraire et son mérite littéraire uniquement, ce qui est le cas de tous les lauréats », explique Peter Englund.
Plusieurs cadres du principal parti d’opposition allemand, le SPD, ont déclaré, jeudi 5 avril 2012, refuser la présence de l’écrivain à des meetings de campagne. Günter Grass, qui depuis les années 1960, avait coutume de participer à des réunions politiques des sociaux-démocrates, n’est plus le bienvenu, selon Christian Lange, un responsable du groupe parlementaire SPD au Bundestag (chambre basse du Parlement) cité par le journal Die Welt. « Je ne veux plus voir Grass dans une campagne du SPD », a renchéri auprès du journal un autre cadre du parti, Reinhold Robbe, alors que deux élections se tiennent le 6 mai dans les Etats régionaux de Schleswig-Holstein et le 13 mai en Rhénanie du Nord-Westphalie. « Beaucoup de sociaux-démocrates verraient dans la présence de Grass une provocation », a-t-il expliqué, assurant que « son heure est terminée ». Un porte-parole du SPD, Gernot Erler, a également indiqué ne pas s’attendre à revoir l’auteur du poème controversé à un nouveau meeting, affirmant que l’écrivain a perdu « prise avec la réalité ». Dans un entretien à la radio publique NDR, Wolfgang Thierse, un ancien porte-parole des députés sociaux-démocrates, juge toutefois que si le parti est en droit de critiquer les opinions de l’écrivain, il « n’a pas à discréditer [Grass] en tant que personne ».
Agence France Presse
Commentaire
Ce qu’on nous présente comme des réactions spontanées au poème de Günter Grass est en réalité une campagne de calomnies et de persécutions comme le lobby juif a l’habitude d’en orchestrer contre quiconque contrarie le régime raciste israélien. Il s’agit de démoniser Günter Grass et d’en faire un paria. Dans ce but, le lobby juif international mobilise tous ses agents, ses laquais et ses idiots utiles. Ainsi, par exemple, Reinhold Robbe est président de la Deutsch-Israelischen Gesellschaft.
Il est particulièrement risible de voir ces partisans inconditionnels d’un régime raciste auquel le terrorisme d’Etat tient lieu de politique et qui mène ouvertement des campagnes d’assassinats et d’attentats se donner des airs de références morales. Toujours la même arrogance et la même hypocrisie.
Frank BRUNNER
Mon ami Julius Streicher doit rager dans sa tombe...
Le lobby juif s’est trouvé une nouvelle tête de turc en la personne de Günther Grass après s’en être pris à Benoit XVI en le traitant de Panzer pape après son élection et en répétant à l’envie le fait qu’il a également appartenu à la jeunesse dans sa tendre jeunesse.
N’oublions que jusqu’à ce jour le lobby juif utilise toujours la pièce de Rolf Hochhuth "Le Vicaire" pour cracher son venin sur le Vatican et l’Eglise catholique romaine.
Le secrétaire permanent de l’Académie suédoise Peter Englund dit trés intelligemment et à juste titre « je voudrais souligner que Günter Grass a reçu le prix Nobel en 1999 pour son mérite littéraire et son mérite littéraire uniquement, ce qui est le cas de tous les lauréats »
Ceci me rappelle la polémique qui a eu en 2003 pour retirer, et à justre titre son prix Nobel à Elie Wiesel qui lui par contre ne le méritait pas tout...
c’était une situation totalement absurde où un prix Nobel de la Paix "Elie Wiesel" réclamait la Guerre contre l’Irak
..........prix Nobel de la Plaie plutôt
julien.
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