retour article original

jeudi 22 juin 2017
Vous êtes ici Accueil Corruption Corruption en Suisse L’affaire Banque cantonale de Genève (BCGe)
Tribune de Genève, 21 avril 2012

Corruption : Procès en appel dans l’affaire de la Banque cantonale de Genève

par Catherine FOCAS


Vue du siège de la Banque cantonale de Genève

Les trois ex-responsables de la Banque Cantonale de Genève seront-ils finalement acquittés en appel ? A l’issue des plaidoiries, le président de la Chambre pénale d’appel, Pierre Marquis, a proposé aux avocats de la défense de leur envoyer le verdict par courrier. Mes Robert Assaël et Jean-François Marti ont fait remarquer qu’il était peut-être préférable, dans une affaire de ce genre, de rendre un jugement public. Ce sera fait. « Dans le mois qui vient », a murmuré le magistrat, à peine audible et sans plus de précisions.


Suisse

Décidément, l’affaire qui a secoué la République n’en finit pas de se ratatiner et de rendre son dernier souffle. Jeudi 19 avril et vendredi 20 avril 2012, la défense a une nouvelle fois réclamé l’acquittement des trois ex-patrons de la banque. Elle a souligné le « malaise » provoqué par l’accord financier à 110 millions conclu entre l’Etat de Genève et la société de révision Ernst & Young. Accord qui, à la veille de l’ouverture des débats, a permis aux deux réviseurs d’échapper au procès en appel. De cinq, les prévenus sont ainsi passés au nombre de trois. « Ces messieurs représentent le reliquat de l’affaire de la Banque cantonale », clame Christian Lüscher, avocat de l’ancien directeur général de l’établissement, Marc Fues. « Juger ces trois personnes après l’arrangement entre l’Etat et l’organe de révision n’a aucun sens ! » soulignent Mes Robert Assaël et Jean-François Marti, conseils de l’ex-président, Dominique Ducret. A leurs yeux, même l’Etat souhaiterait secrètement l’acquittement des prévenus, parce « qu’il n’a aucun comportement criminel à mettre à leur charge ». Pourquoi n’arrête-t-il pas les poursuites, alors ? « Parce qu’il n’a pas le courage politique de le faire. C’est la République des pleutres. » Les avocats rappellent ce qu’avait dit l’ancien procureur général, Bernard Bertossa, qui a ouvert l’enquête il y a onze ans : toute faute de gestion n’entraîne pas de poursuites pénales. L’instruction, à l’époque, devait, selon eux, se limiter à comprendre si les patrons de la BCGe et les réviseurs s’étaient enrichis. La défense est unanime : il y a eu peut-être des maladresses, des erreurs, mais aucun des accusés ne s’est enrichi de manière illégitime. Finis la gestion déloyale et les comptes trafiqués. « Il y a longtemps que le Ministère public aurait dû tirer la prise et éteindre la lumière », avance Christian Reiser, avocat de l’ex-directeur adjoint, René Curti. Parce que l’instruction n’a démontré ni l’existence « d’un complot à cinq », ni celui d’un « pacte scélérat ». Il rappelle que la BCGe a eu des problèmes de trésorerie dès sa création, en 1994. Que la classe politique le savait. Mais quand Dominique Ducret lui a demandé de l’aide, elle lui a répondu : « Demerden sie sich ! »

Catherine FOCAS

Dominique Ducret

AUTEURS 

  • Catherine FOCAS

  • Accueil

    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source